Le charme, la beauté, la mort et le reste...
       
       
         
         

eirka@wanadoo.fr

      Monsieur!

Je vous ai toujours voué une grande admiration! Que ce soit pour votre úuvre musicale, cinématographique ou bien tout simplement pour l'esprit que vous êtes. Vous avez déclaré à maintes reprises que vous ne vous trouviez pas beau, non pas par complexe, mais par constat. Ne voyez ici aucune tendance homosexuelle, mais moi, je vous trouve beau! Votre gueule (car vous en avez une!) n'est pas exempte de charme! Mais ce charme ne découle-t-il pas de ce que vous avez déclaré à Jacques Chancel le 21 Mai 1973 lors d'une radioscopie? À savoir que l'on s'aperçoit très vite lorsque l'on n'est pas «beau» que l'intérêt que l'on peut avoir n'est pas en soi, mais dans le mouvement que l'on peut éventuellement avoir ou dans l'apport que l'on peut faire aux autres. La beauté intérieure en somme!

Maintenant, il m'a semblé relever quelques paradoxes dans votre philosophie, aussi, me permettrai-je de vous les soumettre afin que vous puissiez nourrir ma curiosité. En 1971, lors d'une interview que vous avez donnée à Henry Lemaire au Gallery de Knokke, vous avez déclaré que pour vous, il n'y avait absolument rien derrière la vie! Honnêtement, j'ai du mal à vous croire! Cela me semble réducteur venant de l'homme que vous êtes! L'ouverture d'esprit qui est la vôtre ne me semble pas en accord avec cette vision des choses! Qui plus est, certains de vos textes me paraissent (et je dis bien «me paraissent») prouver le contraire! Lorsque dans votre chanson «J'arrive», vous dites justement «J'arrive!», vous arrivez bien quelque part, non? Je vais peut-être tomber dans la philosophie à 3 frs 6 sous, mais il me semble que même si vous arrivez dans le néant ou bien le rien, ces notions sont déjà de l'ordre du quelque chose! Par ailleurs, vous avez déclaré que dans vos chansons, vous racontiez ce que vous aviez raté, ce que vous n'arriviez pas à faire! Bien sûr, ceci peut se décliner à toutes formes d'art (même si je sais que vous n'aimez pas cette notion!), mais en regard de ceci, peut-on émettre l'hypothèse que «J'arrive» est un phénomène de compensation? Entendons en ce sens, qu'ici, vous mentionnez un désir (inconscient) d'un «après»? Attention, je ne parle pas d'une vie au paradis avec ses petits anges et autres clichés du même type, mais d'une situation voulant qu'un «quelque chose» perdure? Le paradoxe que j'émets est davantage perceptible lorsque vous parlez à Jojo! «6 pieds sous terre, Jojo, tu chantes encore! 6 pieds sous terre, tu n'es pas mort! (...) Tu me donnes en riant des nouvelles d'en-bas». Ces quelques vers me semblent parler d'eux-mêmes... non?

Maintenant, quelques petites questions d'ordres divers:

En juillet 1963, au Casino de Knokke, vous avez interprété «Mathilde» pour la première fois. Ici, le tempo est beaucoup plus lent que celui de la version que vous nous avez offerte ensuite. Qu'est-ce qui a motivé cette variation du tempo? Personnellement, je trouve ces 2 versions très intéressantes. La première semblant posséder une naïveté faisant défaut à la seconde. La seconde étant plus aboutie que la première.

Vous citez souvent Brassens! Quels sont vos rapports avec cet artiste? Est-ce un ami? Un simple collègue de«travail»?

Quelles sont vos influences musicales?

En vous remerciant!

Rodolph Kriennevalt