Bécaud et la tristesse d'Orly
       
       
         
         

michel.letarte@mrn.gouv.qc.ca

      Monsieur Brel,

Parmi toutes vos chansons, celle que je préfère est «Orly». Quelle sensibilité! Quelle description! À chaque fois que je l'écoute, bien que je la connaisse par coeur, j'ai des frissons. L'interprète doit y être pour quelque chose...

Malgré la beauté du texte, je ne comprends toujours pas quel lien il peut y avoir entre Bécaud et le fait que Orly soit triste le dimanche avec ou sans lui.

Michel Letarte

 

       
         

Jacques Brel

      Monsieur.

Votre sensibilité et votre commentaire me sont d'une douloureuse pertinence.

Il y a toujours un morceau de soi dans une chanson.

De ces morceaux de moi, j'en ai laissé de larges pans à Orly.

Il m'a fallu longtemps pour l'écrire parce je ne voulais pas revivre ce démantèlement de ma vie amoureuse et de ma vie tout court.

Cette scène n'est pas inventée. Elle a vraiment eu lieu.

Une des journées les plus désespérantes de mes échecs amoureux ou des infidélités de ces dames. C'est selon.

Un Dimanche où je perdais ma vraie Mathilde, une autre fois, une fois pour toutes. Ne me quitte pas est aussi née dans le déchirement de ce dimanche maudit.

Brel

P.S. Je référais à la chanson interprétée par Bécaud: Un Dimanche à Orly.