Amsterdam |
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| Bonjour M. Brel, Je suis présentement en processus de création d'une oeuvre chorégraphique pour un projet dans mon cours de concentration danse à l'école et j'hésite beaucoup quant à mon choix musical. J'adore votre musique, vos paroles, votre voix... Vous êtes un artiste qui me touche énormément et qui sait me donner la chair de poule. Félicitations pour les extraordinaires chefs-d’œuvre que vous avez «écrits/chantés» tout au long de votre carrière. Vous m'inspirez. Voici ma question: Je voudrais savoir quel sens vous donnez à la chanson Amsterdam. J'aimerais beaucoup faire danser mes danseuses sur cette oeuvre, mais j'ai de la difficulté à y donner sens. Voyez-vous le port comme étant un endroit très sombre et violent ou est-ce un endroit plein de vie? Je sais que les femmes sont plutôt exploitées («Enfin ils boivent aux dames, Qui leur donnent leur joli corps, Qui leur donne leur vertu, Pour une pièce en or, Et quand ils ont bien bu, Se plantent le nez au ciel, Se mouchent dans les étoiles, Et ils pissent comme je pleure, Sur les femmes infidèles»), mais c'est un des seuls couplets de la chanson qui est clair pour moi... Pourriez-vous me guider un peu dans l'interprétation de cette chanson? Merci beaucoup... Chorégraphe débutante, Alana P.S.: Aussi, je voulais savoir ce que vous pensez de la version d'«Amsterdam» interprétée par Isabelle Boulay? |
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| Amsterdam,
Alana, c'est le carrefour en eau trouble de nos miasmes biologiques qui viennent souvent
pervertir nos nobles élans, nos espérances d'élégance. Quand on voudrait s'élancer vers le haut, notre animalité nous fait choir dans le glauque du port. Nous restons tiraillés entre la pureté des départs et les appétits exacerbés des escales. L'éternel blessure du tiraillement entre le partir et le revenir. Quand les marins ont mal aux femmes, ils ont en fait mal à leur animalité. Brel. |