Mimies
écrit à

   


Georges Brassens

   


Vache
 

    J'aimerais que vous répondiez à une de mes grandes interrogations: comment peut-on déguiser une vache en fleur et où trouve-t-on une jolie fleur dans une peau d'vache?

Je vous remercie d'avance pour votre réponse éclairée.

Mimies

Chère amie bonjour.

Je suis plutôt heureux de cette double métaphore pastorale qui propose une symbiose entre deux composantes d'un même tout, l'une bien concrète, l'autre immatérielle, entre des appas on ne peut plus tangibles et un trait de caractère que cette enveloppe anatomique déguisait trop bien.

Le rapprochement vache-fleur m'est venu spontanément puisque le diable était aux vaches dans nos amours, que tout juste sorti de mes années de vache maigre j'avais négligé de bien garder les pieds sur le plancher des vaches, et principalement que la belle venait de prendre la clé des champs.

D'autant que dans la fleur de l'âge, j'étais un peu fleur bleue, avec une sensibilité à fleur de peau, je n'avais pas prévu qu'après m'avoir fait une fleur elle partirait la fleur au fusil.

Normal que dans ces circonstances, pour demeurer dans le bucolique, j'aie pensé me guérir en ayant recours aux herbes de la Saint-Jean.

Fi des peaux de vache! Je croyais avoir la peau dure mais je l'avais tellement dans la peau et son image me collait tellement à la peau, que lorsque mon bonheur s'est rétréci comme peau de chagrin, si pour ne pas risquer ma peau je n'ai pas songé à lui faire la peau, à lui mettre du plomb dans la peau, j'ai plutôt choisi de faire peau neuve avant qu'il ne me restât que la peau et les os. On ne m'y reprendra plus à vendre la peau de l'ours et en amour je compte bien dorénavant sauver ma peau en évitant les peaux de banane, même si ça doit me coûter la peau des fesses. Ce serait tout de même un peu vache! Je préfère être bien dans ma peau.

Vachement vôtre,

Brassens