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Cher monsieur Brassens,
Vos œuvres sont géniales ! Je
m’appelle Cyril Pradal, et je suis fan de vos chansons. J’ai douze ans,
neuf mois, sept jours, j’ai une sœur de deux ans, une mère de quarante
ans, pas de père (mais un beau-père, euh!), c’est tout. Ah non,
j’aimerais vous demander quelque chose (si je ne vous dérange pas):
est-ce que vous pensez faire une autre chanson alors que vous êtes
mort? il y en a qui y parviennent. Parce que je ne me passerai jamais
du calme de vos chansons si douces.
Bonjour jeune homme,
Ça me fait bien plaisir, Cyril, que tu
aimes mes chansonnettes et que tu prennes la peine de m'écrire pour me
le dire. D'autant que plusieurs croient que mes musiques, mes petites
poésies, ne peuvent plaire qu'à des gens de ma génération, et aussi
qu'elles vont très vite se démoder. Surtout quand on voit comment
évolue la chanson populaire, principalement celle qui s'adresse aux
jeunes, si nouvelle, si différente.
Au moment où tu m'écris, il
est probable que je serai déjà mort. Mais vois-tu Cyril, alors que tu
m'écris en 2009, moi je reçois ta lettre en 1979, au moment où je suis
bien vivant. C'est là tout le mystère et la magie de Dialogus.
Aussi
je continue toujours à bricoler de nouvelles chansons. Si tu en connais
déjà plusieurs, il y a de bonnes chances pour qu'il en existe que tu
n'as pas encore entendues. Plusieurs de mes chansonnettes ne sont pas
très connues, d'abord parce qu'elles ne passent jamais à la radio
(encore moins à la télé!); aussi, pour certaines, parce que je ne les
ai jamais chantées moi-même. Elles ont été interprétées par d'autres
artistes.
Je te souhaite donc de découvrir d'autres chansons de moi qui, je l'espère, te feront aussi plaisir.
Ton ami,
Georges Brassens. |