Parle-moi de Puppchen

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Muguet

 

 

 

Il me fait grand plaisir de te parler Georges. Je voulais le faire depuis longtemps. Je suis une fan inconditionnelle de ton oeuvre... C'est émouvant.

J'aimerais que tu me parles un peu de Puppchen... Bon d'accord elle était ta discrète compagne... mais, à part de vivre chacun de votre côté, que faisait-elle dans la vie ou de sa vie... à part de t'aimer? Je suis une curieuse et je pense que beaucoup de gens se posent aussi cette question...

Merci! Tout mon respect,

Muguet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Georges Brassens

 

 

 

Muguet, Bonjour,

Je l'ai souvent répété, Püppchen ce n'était pas ma femme, c'était ma déesse.

Un peu avant la guerre, j'avais remarqué une douce jeune fille (j'ai mis longtemps à réaliser qu'elle avait dix ans de plus que moi) que je croisais occasionnellement lors de flâneries dans mon quartier. Aux sourires complices que nous échangions, j'ai deviné qu'elle avait compris que j'avais noté son trajet quotidien et ses horaires et que ce n'était plus par hasard que je ralentissais le pas en la croisant.

Puis ce fut le gouffre de la guerre. Les privations étaient multiples. La mienne fut de ne plus pouvoir marcher librement dans la rue. Pendant quatre ans. (Et on s'étonne que je n'aime pas la guerre!). Puis, la vie ayant repris son cours, c'est, cette fois-ci, par le jeu du hasard que nos routes se croisèrent à nouveau. Le charme opérait toujours. Et ce n'est que beaucoup plus tard que j'ai su qu'elle m'avait parfaitement reconnu. Il a fallu que nous nous retrouvions face à face dans le métro pour que j'ose enfin lui parler. Spontanément, je me retrouvais à la raccompagner chez elle et je crois bien que c'est par complicité mutuelle que le trajet du point A au point B ne fut pas du tout la ligne droite. Comme je l'avais quelques fois aperçue avec un jeune enfant, je me doutais qu'elle devait être mariée. Mais son attitude me permettait d'espérer des circonstances particulières. Aussi, je parvins à surmonter ma timidité de jouvenceau soupirant et lui proposai un rendez-vous. Nous ne nous sommes plus jamais quittés.

Joha Heiman était originaire d'Estonie. Elle avait connu une enfance peu attrayante. Sa mère est morte alors qu'elle n'avait que deux ans et son père s'est alors remarié avec la soeur de sa première femme. Mais ce couple n'était que conflits et tensions. Aussi, Joha profita de la première occasion pour s'en libérer. Et c'est en prenant un poste de jeune fille au pair dans une famille bourgeoise qu'elle vint s'installer à Paris où vivait déjà une soeur de son père. C'était en 1930, elle avait 19 ans. Mais, espérant fuir un climat de confrontation, elle connut à nouveau adversité et tensions dans cette famille où elle devait enseigner l'allemand aux enfants. Aussi, pour s'en sortir, elle choisit d'apprendre le métier de couturière, une valeur sûre pour les jeunes filles à l'époque.

Puis, beaucoup à cause de ces circonstances, elle s'engagea sans grand enthousiasme dans un mariage terne dont la seule dimension réjouissante fut la venue d'un enfant. Si elle s'émerveillait de cette valorisation marquante de sa vie, du bonheur d'être mère, l'événement ne revalorisera pas son mariage. Bien au contraire. Un mari jaloux et possessif n'acceptait pas l'attention et l'amour qu'elle portait à leur fils. C'est bien à cette époque que je croisais cette belle passante.

Je veux dédier ce poème ...

À celles qui sont déjà prises,
Et qui vivant des heures grises,
Près d'un être trop différent,
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D'un avenir désespérant.

Puis, le grand dérangement. Le mari fut dès le début de la guerre fait prisonnier et y restera pendant quatre ans. À son retour, il n'y avait plus aucun attachement et les procédures de divorce furent entamées.

Il est bien difficile de définir la part exacte de ma production que je dois à Püppchen. Bien sûr elle m'a directement inspiré plusieurs chansons qui ont jalonné notre vie.

Depuis «j'ai rendez-vous avec vous»
La lumière que je préfère,
C'est celle de vos yeux jaloux.
«Je me suis fait tout petit»
J'étais dur à cuire ... ell' m'a converti,
La fine mouche
Et je suis tombé, tout chaud, tout routi,
Contre sa bouche.
«Rien à jeter»
Elle est quelque peu fière
Et chatouilleuse assez
Et l'on doit tout entière
La prendre ou la laisser.

Jusqu'à «la non demande en mariage»
Qu'en éternelle fiancée
À la dame de mes pensées
Toujours je pense.
et «Saturne»
Je sais par coeur toutes tes grâces
Et pour me les faire oublier
Il faudra que Saturne en fasse
Des tours d'horloge, de sablier.

Mais plus important, il m'apparaît évident que je n'aurais pas pu travailler autant et si bien sans la sérénité, la plénitude, l'épanouissement que procurent amour, tendresse et complicité profonde.

Pendant six longues années de vaches maigres, elle était ma compagne attentionnée, ma confidente, ma muse et un précieux support moral et affectif. Elle conserva ce rôle, devenu encore plus précieux, lorsque je fus subitement entraîné dans le tourbillon de la notoriété. Elle a bien sûr toujours été la première, avant même les meilleurs copains, à qui je soumettais un vers nouveau, une chanson en chantier, une tentative de musique. Et même si elle s'est toujours défendue de ce rôle de conseillère et avait toujours tôt fait de me suggérer de consulter un tel ou un tel, son avis ou sa réaction m'ont toujours été précieux. On a souvent dit qu'elle vivait dans l'ombre de Brassens. J'étais heureux qu'elle s'empresse toujours de rectifier en affirmant qu'elle vivait dans la lumière de Brassens.

Enfin, plus terre-à-terre, l'équipe opérationnelle que nous avons formée m'a été infiniment précieuse pour mon travail, m'épargnant certains soucis du «métier» et du quotidien, tels le choix d'un costume de scène, le choix d'une photo de promotion, l'aménagement de ma résidence, la préparation des réceptions, etc. (À ce titre, il faudra que je dise un jour tout ce que ceux qui aiment mes chansons doivent également à mon ami et secrétaire Pierre Onterniente dit Gilbraltar. En me protégeant de tous les f'cheux qui se sont trouvés sur mon chemin et en me libérant de toutes les tracasseries administratives, contractuelles et autres qu'imposent ce métier, et qui auraient pu m'en dégoûter, il m'a permis de conserver l'enthousiasme et de travailler dans la sérénité.)

La non-cohabitation! sujet incontournable et formule dont plusieurs s'étonnent encore aujourd'hui. En effet, pendant 35 ans de sereine complicité, nous n'avons jamais habité ensemble. À l'occasion de mes rares déménagements, Püppchen m'a toujours suivi, mais en prenant son propre appartement dans le voisinage. Même si au début c'était son idée et que j'en prenais ombrage, la formule nous convenait tellement que même dans les résidences secondaires que nous avons eues en Bretagne pendant quelques années, nous avions chacun notre chambre.

Quel bonheur que de se fixer rendez-vous, presque à chaque jour, de s'inviter l'un chez l'autre, de se retrouver comme si rien n'était acquis. Laissons le champ libre à l'oiseau, nous serons tous les deux prisonniers sur parole. C'est en pensant à Püppchen que j'ai dit un jour qu'une femme c'était comme un cadeau qui nous aurait choisi. Quelle plénitude lorsque le bonheur t'apporte celle derrière qui tu peux condamner ta porte en marquant dessus, et pour toujours, «Fermé jusqu'à la fin des jours pour cause d'amour».

L'amant de Püppchen

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Muguet

 

 

 

Bonjour Georges et merci...

En effet, merci d'avoir si bien accepté de répondre à mon courriel... ce sont de bonnes explications et cela me renseigne quelque peu sur ta vie antérieure... à celle de ta présente vie de retraité... car tu es quand même difficile à cerner... ta vie est assez secrète et cela nous pousse à nous poser des tas de questions. Je tente de me faire une opinion sincère en ce qui te concerne et cela, en connaissance de cause j'apprends petit peu... par petit peu... et un jour cela fera un tout (je suppose) hahaha... je saurai qui tu es (ou qui a été) et ce qui t'animait. Tu m'en as livré un peu par la réponse à mon courriel et je t'en remercie beaucoup. Tu as tout mon respect.

À force de me documenter j'apprends à mieux te connaître... J'écoute aussi davantage tes chansons et plus attentivement qu'auparavant les paroles et là, maintenant... je découvre le poète Brassens que je ne connaissais pas... Tout ce que je savais de toi était que tu avais composé de très belles chansons telles: L'Auvergnat, Les sabots d'Hélène, et quelques autres... mais, je ne connaissais rien de plus. J'avais aussi vu quelques photos de toi dans les années '60, mais à cette époque j'étais moi-même très occupée et à part de fredonner quelques-unes de tes chansons ci-avant mentionnées... je n'ai pas suivi de près ta carrière. Dès lors, lorsqu'il y a plus d'un mois un ami Belge m'a parlé de toi... nous nous sommes intéressés très profondément à tes chansons (dont je ne connaissais pas pour la plupart, les textes) et c'est là que j'ai découvert le poète que tu es et que j'apprécie énormément... Souvent il m'émeut ce poète... il me fait aussi sourire... ou il m'attriste quelquefois. Je passe par plusieurs émotions en connaissant mieux ton répertoire... J'ai un petit site web et je t'ai ouvert des pages sur ce site... je fais partie maintenant de l'Anneau de Brassens... c'est tout un honneur n'est-ce pas?

Dans quelques mois tu auras 80 ans... et moi je suis ta cadette de 14 années, soit 66 ans... hihihi... Je suis une dame âgée et demeurerai une fanatique de ton répertoire. J'ai raconté ton histoire du mieux que j'ai pu sur tes pages de mon site web et mon site est visité par des gens qui s'intéressent à mieux te connaître... en plus, je parlerai de toi à mon entourage. Tu sais que les gens t'apprécient énormément, la plupart ont gardé un très bon souvenir de toi, à l'exception de ceux qui ne te connaissent pas et qui ne se donnent pas la peine de te connaître. Mais c'est la vie humaine ça... et tu en sais long en ce domaine.

Selon ta réponse à mon courriel, tout s'est bien passé entre vous deux... mais l'enfant dont tu fais mention, elle l'a donc élevé seule? Était-ce une fille ou un petit garçon? (c'est la grand-maman en moi qui se pose ces questions)... hihihi... Tu peux ne pas me répondre Georges... tu n'y es pas obligé... je n'en prendrai pas ombrage.

Tu as fait mention de «Les Passantes»... ah, comme j'aime entendre cette chanson, tu la rends tellement bien... c'est très doux... j'apprécie énormément.

Quant à la non-cohabitation, je comprends très bien cela... tu connaissais tes besoins, tu as agi pour le mieux être et c'est bien ainsi.

Quant à ton grand ami Pierre Onterniente dit: Gibraltar, oui... tu devrais nous en parler un peu plus car toi qui étais déjà malade à cette époque, il t'a beaucoup aidé et il a su planifier toute l'administration opérationnelle du côté «affaires». Il a donc été très important pour l'administration de ta vie publique, et tu le sais... j'en suis certaine. Tu as même été très chanceux qu'il croise ton chemin... Lorsque tu le désireras Georges, parle-nous de ce grand ami... j'avais compris cela en étudiant ta vie et ta carrière... mais qu'il soit connu davantage du grand public...

À «L'amant de Püppchen», j'offre toute ma gratitude pour le beau travail accompli... Bon repos en cette retraite.

Reçois mes salutations distinguées,

Muguet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Georges Brassens

 

 

 

MUGUET, Bonjour,

Je suis très heureux de l'occasion que vous m'offrez d'exprimer, avec d'affectueuses révérences, mon estime et ma gratitude pour mon ami Pierre Onteniente. Je ne dirai jamais assez à quel point ses admirables qualités d'homme et ses inépuisables capacités d'action, le dévouement cordial qu'indéfectiblement il m'a témoigné, m'ont été précieux, ont constitué une ressource essentielle à mon travail. Je peux affirmer, sans vergogne, que si Gibraltar n'avait pas, avec autant d'efficacité, joué les divers rôles que spontanément il a assumés, ma production en aurait souffert, mon catalogue compterait possiblement quelques titres en moins.

Résidant à Paris tous les deux, c'est pourtant à Basdorf, en Allemagne, que nous avons fait connaissance en 1943. Nous avions tous deux 22 ans. L'occasion? Un genre de colonie de vacances, d'expédition culturelle, mais pour laquelle on ne nous avait pas demandé notre avis. Ce n'était pas le club Med, mais le S.T.O.: le Service du travail obligatoire, ni plus ni moins que les travaux forcés, corollaire de l'occupation nazie.

Dans l'usine B.M.W., où je devais vérifier la rectitude de pistons de moteurs d'avions, nous étions voisins d'établi. Mais dans ce contexte peu propice et compte tenu de nos tempéraments réservés à tous les deux, nous avons mis un long moment à fraterniser et ce, même si une autre dimension de ce séjour était de nature à nous rapprocher. Dans le camp où nous logions, il y avait une petite bibliothèque. Par tempérament toujours, Pierre s'était porté volontaire pour gérer cette accumulation disparate, et je dois admettre que j'étais son client le plus assidu.

Mais le rapprochement se produisit à l'occasion d'un banal incident: les timides ont souvent besoin d'un prétexte pour briser la glace. Pierre arrivait souvent en retard à l'usine. Pour lui éviter les sanctions et les foudres du «meister», par le phénomène, il n'eut pas à enquêter bien longtemps pour repérer le coupable. Ce fut le début d'une amitié exceptionnelle et qui dure encore.

À la fin de la guerre, j'ai pu vérifier que Pierre avait réintégré son travail ainsi que sa chambre de bonne à Pigalle, dont il m'avait donné l'adresse pendant notre détention. Un soir, il fut surpris qu'un ancien camarade de chambrée du S.T.O. se pointe chez lui à l'improviste. Mais 15 minutes plus tard, hasard étonnant, il fut encore plus étonné de voir arriver un deuxième copain de la bande. Sa perplexité fut à son comble lorsque, dix minutes plus tard, un troisième larron se pointa. Ce n'est que lorsqu'il m'aperçut, quelques instants après, avec quelques autres compagnons d'infortunes, qu'il comprit l'origine de ces hasards peu probables. J'ai toujours aimé faire des blagues aux copains, surtout si j'y trouve une possibilité de faire plaisir.

Puis ce fut pour moi la reprise de mes années de vaches maigres. Et Pierre était en tête de liste de ceux qui croyaient à mon talent et qui, bons princes, semblaient trouver tout à fait normal que je surgisse, sans tambour ni trompette, juste un peu avant l'heure des repas.

Sept années s'écoulèrent avant que je ne connaisse un premier engagement rémunéré. Et c'est à nouveau un banal incident qui aiguillera le cours des événements. Pierre était présent lorsque je reçus un chèque comme premier cachet formel pour mes débuts chez Patachou. Moi qui n'étais jamais entré dans une banque, je me trouvais un peu encombré par ce bout de papier. «Bon, qu'est-ce que je fais avec ça maintenant?»

Instinctivement, lui qui travaillait à la perception du Trésor public, mu par sa serviabilité déjà légendaire, m'offrit de me le changer. Puis lorsqu'on osa croire que les chèques risquaient d'arriver régulièrement, il m'ouvrit un compte de banque et se chargea des opérations. Invraisemblable, j'eus bientôt à produire une déclaration d'impôts. Puis ce fut mille formulaires divers, contrats d'engagement, d'enregistrement, de tournée, droits d'auteur, Sacem, etc.

Pierre comprit très vite que si je me laissais envahir par toutes ces formalités, toutes ces procédures, ça en serait assez pour me dégoûter du métier. Aussi, avec un tact admirable, il s'acharnait à m'éviter toutes les contrariétés opérationnelles, à me libérer de toutes les contraintes inhérentes à mes activités nouvelles.

L'accélération de la carrière fut foudroyante et après quelque temps il fallut se rendre à l'évidence: j'avais besoin d'un collaborateur à temps plein. Oserai-je proposer à mon ami de partager les fluctuations et les risques de la vie de saltimbanque, lui qui avait accès à la sérénité d'un emploi stable et à la perspective d'une retraite paisible.

J'ai été très heureux qu'il choisisse l'aventure, sans même que d'aucune façon nous ayons négocié les modalités d'un quelconque engagement. C'est sur de telles bases que, tout au long de ces années, jamais mon ami ne s'est ni considéré ni comporté comme un employé, que jamais je ne me suis considéré ni comme son employeur ni comme son patron: nous étions compagnons d'armes. Et c'est ainsi que Pierre est devenu Gilbraltar, quelques années avant qu'il n'hérite du surnom.

Son rôle, ou plutôt ses rôles? C'est très simple: j'écrivais des chansons et je les chantais, lui faisait tout le reste. Il assumait donc des tâches que chez mes collègues du métier on se partage à trois ou à quatre: secrétaire bien sûr, négociateur, coordonnateur de tournée, attaché de presse, comptable, etc. Étonnamment, malgré ces responsabilités déjà exigeantes, l'idée ne lui serait pas venue de confier à quelqu'un d'autre les corvées «fonctionnelles»; voir à l'entretien de la voiture, rechercher pour moi un livre ou un disque afin de m'éviter les bains de foule, etc. On a beaucoup insisté sur l'inflexibilité qui le caractérisait lorsque venait le temps (pratiquement à chaque jour) de faire obstacles aux fâcheux de tous crins qui auraient bien voulu envahir ma nécessaire quiétude. En effet, et même si ce n'est pas là son plus grand titre de gloire, il a toujours accompli cette tâche essentielle avec un tact et une efficacité qui m'ont été très précieux.

Et le bonhomme est infatigable. Alors que moi j'ai résolument pris ma retraite, il y a plus de 20 ans, lui à l'âge respectable de 80 ans ne passe pas une semaine, encore aujourd'hui, sans assumer un mandat, coordonner un dossier, sans parrainer un événement en rapport avec mon úuvre, et toujours avec enthousiasme.

Vous qui aimez mes chansonnettes, je vous le répète: chapeau bas à l'ami Gibraltar. Je ne crois pas que tout ça aurait été possible, que ça aurait été pareil, s'il n'avait pas été là.

Le fils de Püppchen? Effectivement je n'ai jamais fait figure de père pour cet enfant. D'abord, parce qu'un père il en avait déjà un. Et puis, il est vrai que notre formule opérationnelle et mes activités professionnelles ont fait en sorte que j'ai été très peu disponible pour ce jeune homme. Étrangement j'ai été plus présent pour son fils à lui, le petit-fils de Püppchen, que nous avons souvent emmené en vacances en Bretagne.

Au plaisir,
Brassens

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Muguet

 

 

 

Bonsoir Georges,

Quelle belle surprise que de recevoir dans mon courrier réponse de votre part concernant votre grand et sincère ami Pierre Onteniente... c'est un très bel hommage et il le mérite grandement.

J'ai beaucoup apprécié la justesse avec laquelle vous m'avez décrit cette indéfectible amitié... vous avez été très chanceux qu'il ait passé dans votre vie et vous ait aidé à ce point, et comme vous dites:

« ..... ce fut mille formulaires divers, contrats d'engagement, d'enregistrement, de tournée, droits d'auteur, Sacem, etc. Pierre comprit très vite que si je me laissais envahir par toutes ces formalités, toutes ces procédures, ça en serait assez pour me dégoûter du métier. Aussi, avec un tact admirable, il s'acharnait à m'éviter toutes les contrariétés opérationnelles, à me libérer de toutes les contraintes inhérentes à mes activités nouvelles.»

En y pensant bien, j'avoue que j'avais capté assez correctement le rôle qu'il avait eu dans votre vie... en vous libérant de tout cela afin que vous puissiez vous consacrer à la création... donc, sa bonne collaboration vous a laissé le loisir nécessaire et la tranquillité pour la composition et l'interprétation de si belles chansons... lesquelles demeurent encore de nos jours et vivront encore longtemps, car... indestructibles... Georges Brassens est encore avec nous et le demeurera... Merci...

Quant à l'enfant de Püppchen, votre description des faits m'est très satisfaisante et je comprends bien la situation ...

Merci encore pour tout...

Recevez mes amicales salutations...

Muguette (muguet)