Lewo
écrit à

   


Georges Brassens

   


Où trouver Toussenot?
 

    Salut l'ami,

Eh bien, eh bien! Voilà que depuis quelques années on trouve tes fameuses «Lettres à Toussenot» dans les kiosques. Saurais-tu me dire, toi, où et à qui s'adresser pour trouver ou faire éditer le fameux journal intime de monsieur Toussenot, «Fragments»?

Bien à toi, mon vieux.

Lewo

Bonjour,

Comme vous le savez sans doute, l’œuvre de Roger Toussenot est célèbre principalement pour n’avoir jamais été publiée. Malgré de nombreuses tentatives de la part de plusieurs de ses proches, aucun éditeur n’a risqué l’aventure de diffuser ses œuvres.

Le manuscrit des «Fragments» a suivi un périple bien chaotique dont l’origine remonte au 25 août 1944, jour de la Libération. C’est ce jour-là que j’ai rencontré Jacques Kryn, dans des circonstances bien dramatiques. Alors qu’à Paris il se mêlait à la foule célébrant ce grand événement, un ami qui l’accompagnait fut blessé mortellement par une balle perdue. C’est dans ce contexte que nous avons fait connaissance.

Nous nous sommes plus tard retrouvés et j’ai vite fraternisé avec ce passionné de poésie et de littérature en général. À quelque temps de là, je l’ai invité à rencontrer les collaborateurs du journal «Le libertaire», où il a lié connaissance avec Toussenot, dont il a apprécié les écrits. En collaboration avec mon ami Émile Miramont, le fidèle «Corne d’Auroch», il a fondé une association dans le but de lancer une souscription qui pourrait financer une éventuelle publication des «Fragments», mais sans succès.

Grâce à mes correspondants de Dialogus, j’ai su que Jacques Kryn, qui fut maire de Cadenet, en Provence, où il habite toujours, est maintenant le dépositaire des manuscrits des «Fragments». Si les éditeurs sont, à votre époque, de moins en moins intéressés par une publication, ces mêmes correspondants me disent que ce serait facile et heureux que quelqu’un se charge de retranscrire ce journal de Toussenot sur un site internet. Il faut espérer que cela se produise bientôt.

Enfin je vous invite à lire plus haut une correspondance précédente, intitulée «Et ce cher Toussenot?»

Au plaisir,

Brassens.