Le rap
       
       
         
         

Églantine Roger

      Aimes-tu le rap?
         
         

Georges Brassens

      Bonjour,

Vous allez rire, mais pour moi le rap c'est comme l'opéra: je suis très heureux que ça existe, c'est une forme très forte de l'expression humaine, et de toute évidence nombreux sont ceux qui y trouvent une correspondance, qui, précisément n'en trouvaient pas ailleurs. Et l'erreur, avec le rap, tout comme pour l'opéra, ce serait de penser que c'est une forme de chanson et de le comparer à Moustaki ou à Barbara. C'est totalement autre chose, c'est différent.

Je me sens une affinité avec les rapeurs. J'ai toujours cherché à faire des mélodies et surtout des arrangements très discrets, pour que la musique ne vienne pas distraire du texte, un peu comme une musique de film qui doit rehausser, mais sans distraire du scénario. Les rapeurs ont poussé à l'extrême cette approche, désireux que l'attention soit centrée sur le message.

Par contre, je dois bien admettre et vous comprendrez sans peine que les affinités profondes et instinctives de tout individu sont liées à son cheminement personnel. Jamais rien dans ce que j'ai vécu ne m'a prédisposé à apprécier l'opéra. Et j'ai bien peur que peu d'amateurs de rap n'aient placé mon intégrale bien en évidence sur leur table de chevet. Quoique, à mon grand étonnement, quelques grands noms du rap se sont enhardi à adapter plusieurs de mes titres. Vous les retrouverez parmi d'autres de mes chansons, transformées dans divers styles actuels, principalement sur deux CD, «Les oiseaux de passage» et «My Own Road, a Tribute to G. Brassens».


Tonton Georges,
troubadour passéiste