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Pourquoi le vingt-deux septembre? Merci.
Monsieur Contestin, bonjour.
Si certaines amourettes de jeunesse m’ont quelque peu
désabusé, ces avatars m’ont au moins inspiré et
permis l’exutoire de quelques chansons, à peine vengeresses:
«Putain de toi», «Une jolie fleur»,
«Misogynie à part». En revanche, je peux
affirmer, sans vergogne, que jamais je n’ai été, comme on
dit aujourd’hui, largué. Ce qui pour un auteur de petites
poésies chantonnées peut être un handicap, une
lacune dans la panoplie des inspirations galantes. Aussi cette
complainte est-elle purement imaginaire et en conséquence la
date du vingt-deux septembre tout à fait aléatoire,
retenue principalement pour sa sonorité dans le vers. (Et
même si j’ai dû prononcer «vingt-e-deux» pour
avoir les pieds requis.) Mais c’est aussi un peu bien sûr pour
renforcer le lyrisme du récit, en le situant au début de
l’automne, et ainsi justifier le décor esquissé, le sol
jonché de feuilles mortes, le ciel traversé par
l’hirondelle qui déserte son nid. Certains érudits ont
voulu déceler dans ce choix de date un parallèle
nostalgique avec un autre abandon marquant, puisque la
République est née un 22 septembre, en 1792. Diantre!
Ne prenez donc pas ma complainte au tragique. Je n’aurais sans doute
pas inventé cette histoire si, pour renouveler un peu mon
répertoire, je n’avais besoin de chansons. Ne vous
désolez pas davantage si je semble bouleversé et que je
bas la breloque au point où j’arrose mes immortelles:
métaphore poétique, dirons nous!
Enfin, j’ai bien aimé que mon texte et ma musique inspirent
à Barthélémi Rosso, lors de l’enregistrement, un
accompagnement aux influences gitanes qui ajoute au climat de la
chanson.
L’amant comblé d’une éternelle fiancée,
Brassens |