L'amour
       
       
         
         

mhc

      Bonjour,

J'ai appris récemment que vous aimiez beaucoup votre femme et passiez le plus clair de votre temps avec elle. J'en fus émue mais aussi perplexe: la misogynie n'est-elle pas l'une de vos couleurs préférées?

 

       

 

       

Georges Brassens

      Mademoiselle, Bonjour

Quand j'ai tort, moi, qu'on me maltraite, d'accord, admis. Mais quand j'ai rien fait, je regrette, c'est pas permis. Et je m'étonne à quel point des préjugés, il faut bien que je le dise: superficiels, sont tenaces, récurrents. Pour deux ou trois chansons, lesquelles je le confesse, sont discutables sous le rapport du bon goût, j'ai la réputation d'un sacré misogyne Mais c'est une légende et j'en souffre beaucoup.

Je ne voudrais surtout pas ternir ma mauvaise réputation, qui m'a parfois, je dois l'admettre, si bien servi. Mais sur ce sujet, lassé de servir de tête de massacre, des contes à dormir debout qu'on me consacre, je m'avance et je crie toute la vérité.

La femme est le sujet premier de mon oeuvre et la très grande majorité des chansons que je lui aie consacrées glorifient l'une ou l'autre de ces représentantes de cette moitié de l'humanité que je préfère. Bien sûr j'ai dénigré quelques mégères, mais précisément parce qu'elles gâchaient le métier de belle, et c'est du sabotage. Vous pouvez vérifier que les bonshommes que j'ai vilipendés sont largement plus nombreux. Toutes les chansons que j'ai risquées pour dénoncer la guerre ne visaient que la bêtise des hommes. (Je ne connais pas bien madame Thatcher, mais Renaud a tout à fait raison).

Comme plusieurs l'ont démontré, jusque dans des thèses universitaires, je me permets de répéter que, longtemps avant les mouvements de libération de la femme, j'ai revendiqué pour chacune, plein droit et liberté, autonomie égalitaire. Je vous réfère à une correspondance récente que j'échangeais avec mademoiselle Isabelle Cohen et que vous retrouverez plus haut.

Au plaisir

Georges Brassens