Colette
écrit à

   


Georges Brassens

   


C'est plus ce que c'était...
 

   

Cher Georges,

Aujourd'hui je regarde la jeunesse, et puis je me dis: «Quelle décadence!» Si tu pouvais les voir! Ils gueulent pour un oui ou pour un non, ne méritent rien mais se moquent de tout, sautent sur tout ce qui bouge, sont plus souvent en grève qu'en cours... Quelle décadence! Un peu plus et ils seraient aussi graves que nous!

Colette



Bonjour Colette,

Pour un instant vous m'avez troublé. Heureusement que vous concluez en constatant qu'il en va pour la jeunesse comme pour leurs aînés.

On a souvent tendance à généraliser et bien sûr, en toutes choses, les éléments les plus négatifs sont toujours ceux que l'on remarque d'abord. C'est la roue du moulin qui grince le plus qui se fait le plus remarquer.

Mais en y regardant de plus près, on peut en effet constater qu'il en va de la jeunesse comme de tout le reste: on y trouve du pire, mais aussi du meilleur. Et si la jeunesse actuelle nous semble décadente, on doit bien admettre que c'est nous, les générations précédentes, qui avons produit l'état actuel de la société, qui avons (ou n'avons pas) élevé, éduqué cette jeunesse d'aujourd'hui, et cette décadence, si beaucoup de jeunes y participent, ce n'est pas eux qui l'ont générée. Ce serait miracle si, dans l'état actuel de la société en général, les jeunes gens étaient tous exemplaires.

Lorsqu'on constate les comportements des dirigeants, des prétendues élites, on peut même s'étonner que les jeunes gens ne soient pas plus révoltés. Comme vous le savez, la troupe fraîche des cadets peut être à son tour aussi critique envers les «ancêtres» et très souvent à juste titre.

Attardons-nous donc observer et apprécier une jeunesse positive, saine et constructive. Elle existe.

Un passéiste optimiste,

Brassens.