Patrice
écrit à

   


Georges Brassens

     
   

Antoine Pol

   

Bonjour Monsieur Brassens,

Je sais qu'en 1942, vous avez mis la main sur les poèmes d'Antoine Pol avec le recueil Émotions poétiques publié en 1919 à 100 exemplaires seulement. Il semble même que c'était par hasard. Je pourrais peut-être attendre que la Providence me le fasse trouver aussi par accident, mais au Canada, mes chances sont très petites.

Il semble que le petit-fils de Pol, Bruno-Antoine, a réédité ce recueil ou devait le faire. Est-ce que vous savez si c'est bien le cas? Et où est-ce que je pourrais espérer l'obtenir?

Merci,

Patrice

(Oui, Oui, je sais, je suis militaire, mais mon amour pour vous fait en sorte de me faire rire lorsque j'entends de la musique qui marche aux pas.)


M. Germain, bonjour,

Nous avons bien de la chance que, grâce à mon ami Sinclair Dumontais qui a découvert la machine à chevaucher les époques et à plusieurs de vos contemporains qui m'informent du cours des choses depuis ma retraite, je suis bien renseigné sur la suite des évènements.

Ainsi, j'ai même pu suivre les péripéties qui ont entouré l'investiture de votre nouvelle patronne. Mais j'ignorais que la gouverneure générale du Canada avait besoin d'un aide de camp. On dit que cette Québécoise, désormais représentante de la reine d'Angleterre au Canada, s'est autrefois identifiée comme séparatiste. S'il s'agit d'une infiltration en vue d'un coup d'État vers l'indépendance du Québec, de quel camp serez-vous alors l'aide?

Plus sérieusement, j'ai effectivement été informé que M. Bruno Antoine Pol, petit-fils du poète, s'était fait l'initiateur d'une réédition en fac-similé du florilège de son aïeul. Cette plaquette n'est pas disponible en librairie, mais vous pouvez la commander directement en postant 24 € à M. Bruno Antoine Pol, 88 rue Ménard, 3000, Nîmes.

Si vous ne l'avez pas repéré, je vous signale qu'avec un récent interlocuteur, je parle longuement de ce recueil et de la chanson que j'en ai tirée, dans une correspondance intitulée «Ma chanson préférée».

Enfin, votre titre un tant soit peu belliciste, me ramène à des souvenirs mitigés. Suite à une tournée au Québec, en 1961, j'avais fait un saut à Ottawa pour un spectacle. Un peu pour combattre ma réputation d'ours mal léché, et l'éloignement m'ayant incité à baisser un peu la garde, j'avais accepté une invitation de l'ambassadeur de France pour un dîner intime. Mais, à la fin du repas, le salon de l'ambassade fut envahi par tout ce que la capitale comptait de ministres, consuls, prélats et hauts gradés militaires. À mon grand désarroi, ce sont les va-t-en-guerre qui se montrèrent les plus empressés à me complimenter et à me réclamer des autographes. Encore heureux que l'ambassadeur n'ait pas convoqué la presse. Des photos compromettantes au milieu des médaillés en uniforme auraient pu me faire perdre une large part de mes supporteurs.

Un combattant du chant d'honneur,

Brassens


Cher monsieur Brassens,

Avant toute chose, permettez-moi de vous exprimer mon profond respect. Il est évidemment bien facile d'affirmer aimer un auteur qui a autant de succès que vous, mais veuillez croire à ma sincérité.

Je vous écris concernant la lettre «Antoine Pol». Suivant vos indications, je me suis procuré un des recueils du poète; son petit-fils me charge de vous dire qu'il a changé d'adresse, on peut à présent le joindre à celle-ci:

Bruno Antoine Pol
260 rue de Legrin
30132 CAISSARGUES

Bien à vous, n'arrêtez surtout pas d'écrire et de composer,

Fabien

Bonjour Fabien.

Je vous remercie pour votre récent courrier et pour les informations que vous me transmettez. Je vous souhaite bonne lecture et toujours bonne écoute de mes chansonnettes. Bientôt le vingt-cinquième anniversaire de mon départ pour la grande tournée !
J’entends qu’il se prépare divers évènements et publications pour l’occasion. Je vous souhaite d’y trouver matière à maintenir votre intérêt pour mon travail et d’y faire possiblement quelques découvertes.


Amitiés,

Brassens