Amitié avec Pierre Perret
       
       
         
         

Daniel Foz

      Cher Georges Brassens,

Dans une réponse à une question d'un de vos admirateurs qui vous demandait «Comment allez vous?», vous parliez de votre ami Pierre Perret justement dans une citation faisant référence à l'amitié.

Mais au fait mon cher Georges comment se fait- il qu'en 2003 vous citiez votre ami Pierre Perret alors que me semble-t-il vous avez eu à une certaine époque quelques soucis avec cette amitié. Il me serait agréable d'en savoir un peu plus sur cette période de votre vie.

Avec tout le respect que l'on vous doit...

Sincères salutations

Daniel

 

       

 

       

Georges Brassens

      Bonjour Daniel,

C’est un des privilèges et un volet précieux de la rétribution d’un artiste devenu vedette que de pouvoir rencontrer, fréquenter des êtres d’exception, de partager l’amitié de personnages remarquables, hors normes.

Lorsque cela me convient que l’amitié s’installe, c’est un engagement global. Le sentiment ne peut pas être compartimenté et j’accepte non seulement les qualités mais aussi les défauts, et c’est d’autant plus compliqué que certaines qualités sont souvent désagréables alors que bien des défauts ne manquent pas de charme. Tout comme dans l'amour d’ailleurs. Aussi, quand j’aime une fois, j’aime pour toujours. (Tiens, cet oxo pourrait très bien charpenter une chanson !).

L’ami Pierrot est un personnage fabuleux et chaque repas, chaque soirée partagés avec lui, m’ont été précieux, et mon amitié pour lui est inaltérable. S’il y a un reproche qui peut s’infiltrer dans notre parcours, il est mutuel et ce serait d’avoir oublié que tout ce qui est vivant doit être nourri.

Pour ce qui est du petit cumulus auquel vous faites allusion, je me suis permis, dans une correspondance antérieure, que vous retrouverez plus haut sous le titre «Pierre Perret et Claudel», de livrer quelques réflexions en forme de reproches à mon très accaparé collègue. L’amitié est le seul jeu où, en ne jouant pas, on risque de tout perdre. Aussi, je vous offre… mes amitiés.

Brassens