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Andréa et Maria
écrivent à

Emma Bovary


Mélancolie
(Projet scolaire 4e)


   

Bonjour Madame Bovary,

Nous nous appelons Maria et Andréa, nous sommes deux adolescentes. Nous sommes très heureuses de communiquer avec vous car nous sommes passionnées par les histoires d'amour et sommes très touchées par votre histoire. Nous avons beaucoup entendu parler de vous; nous avons appris que vous étiez malheureuse dans votre vie. Qu'est-ce qui vous rend triste? La rumeur dit également que vous n'avez pas toujours respecté vos liens de mariage. Avez-vous eu beaucoup d'amants? Est-ce que vous pensez que c'est un remède à votre tristesse?

Nous espérons avoir bientôt de vos nouvelles,

Andréa, Maria


Mes chères petites amies,

Que vous êtes donc bonnes de venir ainsi me tirer de ma solitude désespérante, et de vous préoccuper ainsi de mon sort dans une tendre sollicitude que je pense devoir attribuer à votre jeunesse, hélas, puisqu'il faut bien croire que les adultes ont oublié l'intérêt qu'il leur arrivait, enfants, de s'attendrir sur leur prochain! Mes peut-être est-ce mieux ainsi, au fond: les vicissitudes de l'existence, les déceptions, les choix contraints, l'avancée en âge sans progrès, sont bien assez pour une seule personne, et vous n'aurez sans doute pas besoin de vous pencher sur mes misères. Vous aurez sans nul doute bien assez des vôtres, mes pauvres enfants, toutes joyeuses que vous êtes! L'amour! l'amour! N'avez-vous donc, jeunes filles, que ce mot à la bouche! Hélas! je l'ai eu moi aussi, dans l'âme et dans le cœur; et, il faut le croire aussi, dans la prunelle, puisque c'est ainsi qu'on a pu trouver que je devais en être un réceptacle.

Ce sont là, mes chères petites, des choses au-dessus de votre âge, et vous me posez des questions qui, si je vous répondais de toute mon âme, vous effraieraient tant que vous supplieriez votre père de vous faire entrer dans quelque couvent d'où vous ne sortiriez que pour mieux vous rendre à Dieu.

Eh! pourquoi être triste? Parce que je suis une femme, mes enfants; parce que je suis vivante. L'amour est-il un remède à la tristesse? Peut-être, si l'on croit qu'il existe.

Soyez bien bonnes, mes petites: aimez bien vos parents, aimez bien vos frères et vos sœurs; soyez bonnes avec vos amies: vous ne saurez que trop tard que ce que vous vivez là est une parenthèse enchantée, et que, lorsque vous quitterez la maison de votre père pour n'y plus revenir, vous serez à jamais une femme déçue.

Je prie pour que la vie vous soit douce!

E. B.

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