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Floriane, Théo et Mariloue
écrivent à

Emma Bovary


Malade d'amour
(Projet scolaire 4eC)


   

Chère Emma,

Bonjour, nous sommes trois jeunes de treize et quatorze ans; nous nous appelons Floriane, Théo et Mariloue. Nous vous écrivons car nous avons appris que vous avez un amant qui vous a quittée et que vous êtes tombée malade de tristesse. Nous comprenons à quel point vous devez être malheureuse. Nous savons à quel point cela est difficile de ne plus se sentir aimée. Plus rien d’autre n’a d’importance que ce chagrin, qui semble infini.
 
Mais nous ne comprenons pas non plus pourquoi vous avez fait cela. Vous avez tout pour être heureuse! Votre mari vous aime et vous offre tout ce que vous voulez! Que vous apportait votre amant, que votre mari ne vous offre pas? Malgré notre incompréhension, nous espérons que vous irez mieux, que vous tournerez la page, et que vous trouverez l’amour auprès de votre mari.

Nous vous souhaitons un bon rétablissement, avec joie et bonheur,

Floriane, Théo et Mariloue


Mais enfin, jeunes gens, je ne laisse pas d'être fort surprise par les préoccupations que vous me soumettez, et il me semble que, si elles sont propres à être ignorées par la décence et la courtoisie, pour autant que vous puissiez croire qu'elles soient véritables, elles devraient moins encore se montrer l'objet de l'attention de jeunes gens tels que vous, qui ne connaissent rien aux liens sacrés du mariage, et qui, j'espère, se font encore une haute idée de l'amour! J'ai pu voir déjà que votre étrange époque se mêlait beaucoup des amours des autres; cela ne me semble pas déparer avec les habitudes bizarres que vous semblez avoir, comme celles de fréquenter une école où sont mêlés garçons et filles, et je ne m'étonne plus, en y pensant tout juste, que vous soyez inquiétés du genre de questions que vous me posez. Que font donc ceux qui vous éduquent, et prêtres et bonnes sœurs? Sont-ils donc bien dévoyés pour vous parler de passion? Comment vous laisse-t-on vous adresser ainsi à une femme dont j'aurais espéré que la postérité gardât la réputation d'honnête?

Je vois pourtant bien, en lisant vos bons vœux, que vous n'êtes pas enfants à vouloir insulter, et que votre naïveté ou votre incurie seules sont responsables de votre détestable lettre. Eh quoi! dois-je vous remercier de vos souhaits? Dois-je vous saluer pour les espérances que vous me souhaitez auprès d'un mari que vous ne connaissez guère sans doute, et surtout dont vous n'imaginez pas encore, les devoirs, ou tout au moins combien sont insuffisants ces devoirs pour mener une vie pleine et douce? Pensez-vous, jeunes gens, pensez-vous bien qu'il suffit d'être aimée pour être heureuse?

Mesdemoiselles Floriane et Mariloue, j'ai bien peur, hélas! que vous vous exposiez à de graves désillusions; quant à vous, Monsieur Théo, j'ose croire que d'ici à être en âge de prendre épouse, vous réfléchirez un peu à ce que vous apporterez à votre épouse.

Hélas! mes pauvres enfants! N'écrivez donc plus de telles sottises, qui laissent croire que votre interlocuteur est à blâmer; et nous vous mêlez donc point de ce qu'il vous tarde de découvrir, mais qui vous décevra bien assez tôt.

E. B.

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