Retour en page d'accueil de Dialogus

Constance
écrit à

Emma Bovary


Lettre d'une ancienne lectrice


   

Bonjour Madame, 

Je suis contente de pouvoir vous écrire. Une présentation s'impose, je pense. Je m'appelle Constance et j'ai dix-sept ans. En cours de français, j'ai le le roman de votre vie écrit par Gustave Flaubert. Son style était assez lourd, ce qui fait que je me suis ennuyée autant que vous. Vous savez, je me sens assez proche de vous. Je vais vous expliquer pourquoi. Il y a une compagnie de films, sortes de pièces de théâtre, qui a bercé une bonne partie de mon enfance, qui berce toujours mon adolescence. Il s'agit de la Walt Disney Company. Les films de cette compagnie sont géniaux. Ils inculquent de saines valeurs telles que la tolérance envers autrui, l'émerveillement devant l'inconnu, la générosité, et autres. Les héros de ces films finissent très souvent en couple, généralement, dans un film sur deux. Ces films sont assez irréalistes. Beaucoup d'entre eux sont des adaptations de contes de fées. Ces films ont en partie forgé la jeune fille niaiso-romantique que je suis et j'ai du mal à me détacher d'eux. Un peu comme vous avec vos lectures. Mais moi, j'ai su les détacher de la réalité et ils me plaisent plus. Je dirais même plus: c'est parce que je sais que ce n'est pas la réalité que je les aime autant. Je ne peux pas résister à l'envie de vous envoyer les paroles d'une chanson qui apparait dans l'un des films. Mais avant, je vais vous envoyer le résumé de ce film, qui s'appelle «La reine des neiges».

Elsa et Anna sont les deux princesses du royaume d'Arendelle. Elsa d'Arendelle, la grande sœur d'Anna d'Arendelle, possède un puissant pouvoir: celui de contrôler la neige et la glace, en enlever, en ajouter, etc. Toutefois, son don n'est connu que de ses parents et de sa sœur, car elle serait considérée comme une sorcière aux yeux des habitants du royaume. Ce n'est que la nuit que la princesse peut laisser ses pouvoirs s'exprimer dans le château, en transformant la salle du trône en pièce enneigée. Plusieurs fois, Elsa s'amuse de cette magie avec sa sœur; jusqu'à ce qu'elle blesse accidentellement Anna à la tête. Le roi et la reine partent immédiatement voir les trolls dont le roi est capable de guérir Anna. Par sécurité, il décide de retirer plusieurs de ses souvenirs afin qu'elle oublie les pouvoirs de sa sœur. Il met ensuite en garde Elsa sur ses pouvoirs et lui conseille d'apprendre à les contrôler, car la peur, l'émotion et l'angoisse risquent de les lui faire utiliser inconsciemment.

Quand ils rentrent au château, le nombre de domestiques est réduit au strict minimum et les portes fermées afin d'isoler les princesses le plus possible. Ne se souvenant que des moments de joie passés avec son aînée, Anna est surprise d'être ignorée d'elle. Elsa reste en permanence dans sa chambre pour contrôler ses pouvoirs. Une fois les petites princesses devenues adolescentes, le roi et la reine partent pour un voyage mais font naufrage au milieu de l'océan. Cette nouvelle fait resurgir inconsciemment les pouvoirs d'Elsa, forçant les princesses à faire leur deuil chacune de leur côté.

Trois ans plus tard, Elsa doit être couronnée pour succéder à son père. Heureuse de pouvoir sortir du château pour la première fois depuis longtemps, Anna rencontre le prince Hans des Îles du Sud à la suite d'un léger choc avec le cheval de celui-ci. Elsa réussit tant bien que mal à gérer la pression de la cérémonie du couronnement et à contenir ses pouvoirs. Durant le bal qui suit, les deux sœurs font la connaissance du Duc de Weselton, un puissant partenaire commercial du royaume. Elles commencent à retrouver leur complicité d'autrefois, mais Elsa se renferme subitement sans donner d'explication. Anna, effondrée, retrouve Hans et chacun semble éprouver des sentiments pour l'autre. Finalement, le prince des îles du Sud demande Anna en mariage qui accepte, mais elle veut malgré tout avoir la bénédiction d'Elsa. Celle-ci refuse, disant qu'on n'épouse pas un homme que l'on vient de rencontrer. Anna ne comprend pas cette réaction et tente de savoir pourquoi sa sœur se comporte avec elle de cette manière depuis tant d'années. Dépassée par la tournure que prennent les événements, Elsa tente de mettre fin au bal mais finit par perdre le contrôle de ses pouvoirs. Elle est aussitôt accusée d'être une sorcière par le duc de Weselton et, paniquée, fuit vers les montagnes du Nord. Arrivée au sommet, heureuse de ne plus avoir à contenir ses pouvoirs, elle laisse exploser sa joie en construisant un palais de glace; elle devient la Reine des neiges. Elle crée aussi le personnage d'Olaf, mais ignore qu'elle a malencontreusement plongé le royaume dans un hiver glacial. Se sentant responsable de son départ et de la situation, Anna décide de la retrouver et de la ramener. Elle part à sa recherche après avoir désigné Hans comme régent pendant son absence.

Elle parcourt quelques kilomètres à cheval avant que celui-ci ne s'enfuie. Elle finit par trouver un magasin dans les bois où elle achète des bottes et rencontre Kristoff, un montagnard livreur de glace, qui lui apprend qu'une gigantesque tempête s'est déclenchée dans les montagnes du nord. Anna le convainc de l'y emmener en achetant les carottes et les cordes qu'il ne pouvait payer. Avec son renne Sven et son traîneau, ils partent dans la nuit et Anna lui raconte ce qu'il s'est passé au royaume. Ils échappent ensuite à une meute de loups et doivent continuer à pied. Dans une clairière, ils trouvent un bonhomme de neige, Olaf, qui rêve par dessus tout de voir un jour l'été et qu'Anna reconnaît comme celui qu'Elsa et elle faisaient autrefois. Elle comprend qu'Olaf a été créé par Elsa et ses pouvoirs, et lui demande de les mener jusqu'à elle. Pendant ce temps, le cheval d'Anna est revenu au château, ce qui pousse Hans à mener une expédition pour retrouver la reine et la princesse. Le duc de Weselton charge discrètement ses deux hommes de partir avec Hans et de tuer Elsa une fois qu'elle sera retrouvée.

Anna retrouve Elsa dans son palais et essaie de la raisonner en expliquant ce qu'elle a provoqué mais cela ne fait que réveiller les peurs d'Elsa qui, prise de panique, blesse une nouvelle fois sa sœur sans le vouloir, mais au cœur. Convaincue qu'elle est un danger pour tout le monde, elle invoque un bonhomme de neige géant pour chasser Anna, Kristoff, Sven et Olaf de son palais. Toutefois, Kristoff remarque que les cheveux d'Anna blanchissent et qu'elle devient glacée. Il décide alors de l'emmener dans sa famille pour la guérir. De son côté, Hans arrive lui aussi au palais de glace et son équipe est stoppée par le bonhomme de neige géant. Les hommes de Weselton profitent de la confusion pour fausser compagnie au groupe et entrer dans le palais où ils engagent un combat avec Elsa. Hans parvient finalement à faire chuter le monstre de neige et arrive dans la chambre d'Elsa au moment où cette dernière s'apprête à tuer ses agresseurs après les avoir mis à terre. Hans la convainc de ne pas leur dévoiler le monstre qu'elle n'est pas. L'un d'entre eux parvient malgré tout à mettre en joue Elsa avec son arbalète mais son tir est dévié de justesse par Hans. La flèche fait tomber le lustre de glace qui manque d'écraser Elsa, qui tombe inconsciente.

Kristoff emmène Anna jusqu'à sa famille adoptive qui sont en fait les trolls du début de l'histoire. Ils pensent au début qu'il leur présente sa future femme, ce qui semble gêner le montagnard et Anna. Le sérieux revient lorsque le roi ausculte la princesse et lui explique qu'il ne peut la guérir car elle a été touchée au cœur et qu'elle va bientôt se changer en statue de glace. Le seul remède à ce mauvais sort est un geste d'amour sincère. Kristoff décide de ramener Anna à Hans afin qu'il puisse l'embrasser et rompre le sort. Elsa se réveille dans les cachots de son château où Hans lui apprend qu'Anna est introuvable. La Reine des neiges lui demande de la libérer.

Kristoff ramène Anna à temps au château et la confie à contrecœur aux domestiques qui la ramènent à Hans. Seule avec lui, elle l'informe du mal qui l'atteint et du remède pour le guérir. Alors que Hans va l'embrasser, faisant ainsi le geste d'amour sincère, il révèle qu'il n'a jamais été amoureux d'elle mais voulait l'épouser pour devenir roi d'Arendelle. En effet, étant le dernier de sa fratrie, il n'a quasiment aucune chance d'avoir un jour accès au trône de son royaume. Il a ainsi joué la comédie pour la mettre en confiance, elle, ainsi qu'Elsa et tous les autres dignitaires. Il enferme Anna dans la pièce où ils étaient et affirme aux dignitaires qu'elle est morte peu de temps après leur mariage et ordonne «à contrecœur» l'exécution d'Elsa. Cette dernière, ne parvenant toujours pas à maîtriser son pouvoir, parvient à s'échapper mais provoque une gigantesque tempête. Kristoff remarque la tempête et repart vers le château pour retrouver Anna. Elle est secourue par Olaf et comprend grâce à lui que Kristoff était amoureux d'elle.

Ils parviennent dehors au cœur de la tempête où Olaf est emporté par le vent. Elsa, perdue elle aussi dans le cataclysme, tombe sur Hans qui lui apprend qu'elle a indirectement tué sa sœur avec son pouvoir. Anéantie, Elsa fond en larmes, ce qui arrête la tempête. Kristoff est parvenu à retrouver Anna mais avec l'arrêt de la tempête elle aperçoit Hans, épée à la main, qui s'apprête à achever Elsa. Alors qu'elle se dirigeait vers Kristoff, elle court vers sa sœur et s'interpose entre elle et la lame de Hans. Elle se transforme alors en statue de glace, brisant la lame du prince et le rejetant en arrière. Elsa se rend compte du sacrifice de sa sœur et s'effondre à nouveau devant Olaf, Sven et Kristoff, dépité lui aussi de ne pas avoir pu sauver Anna à temps. Mais alors, celle-ci reprend peu à peu forme humaine, et comprend qu'en sauvant Elsa, elle a fait un geste d'amour sincère et retiré le mal qu'elle avait en elle. Elsa se rend également compte que c'est grâce à l'amour qu'elle peut pleinement contrôler ses pouvoirs. Elle annule ainsi l'hiver régnant sur le royaume. Toutefois, Olaf, ravi de voir enfin l'été, commence à fondre. Elsa lui crée alors sa tempête de neige personnelle. Plus tard, Hans est renvoyé dans son royaume où ses frères l'attendent et tous les contrats signés avec Weselton sont rompus. En annulant l'hiver d'elle-même, Elsa retrouve la confiance de ses sujets et nomme Kristoff livreur de glace officiel du royaume. Ce dernier et Anna finissent par s'embrasser, s'avouant leur amour mutuel. Tous les habitants d'Arendelle sont alors réunis dans la cour du château, transformée pour l'occasion en patinoire par la Reine des neiges, désormais confiante et totalement maîtresse de ses pouvoirs.

Maintenant, voici la chanson. Elle s'appelle «Libérée, délivrée» et est chantée par Elsa après qu'elle a fui dans les montagnes.

L'hiver s'installe doucement dans la nuit
La neige est reine à son tour
Un royaume de solitude
Ma place est là pour toujours

Le vent qui hurle en moi ne pense plus à demain
Il est bien trop fort
J'ai lutté, en vain

Cache tes pouvoirs, n'en parle pas
Fais attention, le secret survivra
Pas d'états d'âme, pas de tourments
De sentiments

Libérée, délivrée
Je ne mentirai plus jamais
Libérée, délivrée
C'est décidé, je m'en vais
J'ai laissé mon enfance en été
Perdue dans l'hiver
Le froid est pour moi,
Le prix de la liberté.

Quand on prend de la hauteur
Tout semble insignifiant
La tristesse, l'angoisse et la peur
M'ont quittée depuis longtemps


Je veux voir ce que je peux faire
De cette magie pleine de mystères
Le bien, le mal je dis tant pis
Tant pis.

Libérée, délivrée
Les étoiles me tendent les bras
Libérée, délivrée
Non, je ne pleure pas
Me voilà!
Oui, je suis là!
Perdue dans l'hiver

Mon pouvoir vient du ciel et envahit l'espace
Mon âme s'exprime en dessinant et sculptant dans la glace
Et mes pensées sont des fleurs de cristal gelées.

Je ne reviendrai pas
Le passé est passé!

Libérée, délivrée
Désormais plus rien ne m'arrête
Libérée, délivrée
Plus de princesse parfaite
Je suis là!
Comme je l'ai rêvé!
Perdue dans l'hiver 

Alors? Qu'en pensez-vous? En fait, vous savez, je suis auteur de fanfiction. Dans les fanfictions, on prend les personnages d'une œuvre et on écrit une autre histoire avec: la suite, une parodie ou autre chose. Si ça vous intéresse, je vous enverrai l'un de mes écrits. Je vous souhaite une bonne journée.

Au revoir.

P.-S. : Si vous pouviez me tutoyer dans votre réponse, ça m'arrangerait. J'ai horreur d'être vouvoyée, ça me donne l'impression d'avoir trente ans de plus que mon âge réel.


Ma chère,

Permettez-moi, tout d'abord, de vous implorer de me pardonner pour ce si long retard! J'ai mis trop longtemps à parcourir votre lettre, savez-vous!

Il me faut vous avouer que vous n'êtes pas ma seule correspondante, et j'ai reçu un courrier en même temps que le vôtre qui m'a plongée dans les tréfonds de mon âme et m'a fait garder votre lettre par devers moi. Je ne relève la tête qu'à présent, et me suis passionnée pour l'histoire que vous me narrez là.

Ah! oui: il faut que je vous dise, ma chère: je ne peux vous tutoyer de cette façon, sans que nous ayons été présentées, ah, ah! et comme cela n'arrivera guère, je le crains, je garderai le «vous». Comprenez-moi, très chère: à moins que vous ne soyez une enfant, ou ma femme de chambre, cela me gênerait de vous donner du «tu» sans doute autant que vous d'entendre le «vous». Tout le monde se tutoie-t-il donc, à votre époque? Quel étrange siècle que le vôtre! Ah! Ah! Tutoie-t-on le médecin? «Ah, docteur, combien te dois-je pour tes honoraires?» Mon Dieu, que c'est drôle! Et le curé, on tutoie le curé? «Bénis-moi, moi père, parce que j'ai péché!» Ah ah ah! Et l'élève tutoie le maître! Les sujets tutoient-ils le roi? Mon Dieu, que je m'amuse! Mais je ris, je ris et j'oublie de vous parler de votre longue histoire!

Est-ce vous qui avez écrit ce conte? C'est bien beau, par ma foi, mais je n'ai pas exactement tout compris: cela a l'air pourtant d'une bien belle histoire. Je me suis prise à rêver... Vous avez peuplé mon âme de nouveaux personnages, ma chère. C'est donc une histoire qui est jouée au théâtre? Je n'ai pas beaucoup aimé cette chanson. Qu'est-ce à dire là, une princesse seule, qui ne pense rien, n'aime rien? Une sorcière qui vit dans la glace, maudite! On ne peut pas vivre sans moralité, voyons! Mais le reste de l'histoire m'a beaucoup plu. Qu'arrive-t-il ensuite? Je vous en prie, racontez-moi le reste!

Impatiemment,

Emma B.


Je suis bien contente d'avoir reçu une réponse à ma lettre. Pour répondre à votre question sur le tutoiement, à mon époque, évidemment que tout le monde ne se tutoie pas. On tutoie les gens qu'on connaît bien ou ceux qui sont plus jeunes. Par exemple, je tutoie mes parents, le truc qui me sert de sœur et mes camarades de classe, mais je vouvoie mes professeurs qui, eux, pour la plupart, me tutoient. Par contre, je ne peux pas vous dire la suite de l'histoire que je vous ai racontée pour la bonne raison qu'il n'y a pas encore de suite. Au lieu de ça, je vais vous envoyer une des fanfictions que j'ai écrite (recgardez ma lettre précédente pour voir la définition de ce mot). Mais avant, je vais vous parler de l’œuvre de laquelle elle est tirée. Ladite œuvre s'appelle «Hetalia». C'est un manga (bande dessinée japonaise) qui personnifie les pays du monde (bien qu'ils préfèrent utiliser le terme «nation») tout en jouant sur les clichés concernant lesdits pays. Par exemple, France est un grand romantique aimant séduire tout ce qui bouge, un pervers, diraient les mauvaises langues, et qui cuisine super bien. Maintenant, voilà ma fanfiction.

«Lukas observait les environs de l'île qu'il venait de trouver, avec ses hommes, avec intérêt. Cette île semblait déserte. Si c'était le cas, il serait intéressant de la coloniser. Néanmoins, il préférait s'assurer qu'elle le soit vraiment. Après une heure d'exploration, il n'avait vu personne. Alors qu'il commençait à se dire que l'île était réellement déserte, il entendit un rire d'enfant. Il se dirigea vers l'endroit d'où il provenait et vit un petit garçon qui ne devait pas avoir plus de deux ans en train de courir après un oisillon, devant une grotte.

Tout à coup, l'enfant s'immobilisa et se tourna vers les Vikings. À leur vue, il poussa un cri de terreur et se précipita dans la grotte, suivi de près par l'oisillon. Lukas ordonna à ses hommes de l'attendre et entra à son tour dans la grotte. Il aperçu le petit garçon blotti tout fond, tremblant comme une feuille. Lukas s'avança vers lui, renforçant ses tremblements. Finalement, l'enfant parla. Lukas ne connaissait pas sa langue, mais comprit néanmoins le sens de sa phrase, ayant été exactement dans la même position lorsque Scandinavie l'avait trouvé. «Ne me faites pas de mal!»

Lukas atteignit l'enfant qui semblait au bord des larmes et s'agenouilla près de lui.

-Ne t'inquiète pas, petit. Je ne te ferai aucun mal. Tu n'as pas à avoir peur.

Le petit cessa de trembler mais ne sembla pas rassuré pour autant. Lukas lui envoya donc une vague d’apaisement et le petit se calma instantanément.

-Comment t'appelles-tu?

L'enfant fronça les sourcils. Visiblement, il n'avait pas compris sa question. Lukas répéta donc. Cette fois, l'enfant sembla comprendre et dit:

-I... Islande.

Islande sembla réfléchir un instant et pointa Lukas du doigt d'un air interrogateur. Ce dernier sourit. L'enfant aurait hurlé sa question qu'elle n'aurait pas été plus claire.

-On me nomme Norvège, mais tu peux m'appeler Lukas.

-Lu... Lukas...

-Voilà, c'est ça.

Lukas se sentit fondre devant le sourire que lui fit la petite nation. Il l'adorait déjà, ce gamin. Et il avait vraiment envie de s'occuper de lui. Il l'observa un instant. Sans vraiment avoir la peau sur les os, cet enfant était un peu maigre. Apparemment, il ne mangeait pas tous les jours à sa faim. Cela le fit renforcer sa décision de s'occuper de lui. Néanmoins, il devait lui expliquer son intention,  car il voulait avoir son avis. Et pour ça, il fallait qu'il le comprenne. Il lui lança donc un sort de compréhension des langues. Puis, il dit:

-Dis-moi, Islande, que dirais-tu de venir vivre chez moi? Tu auras un toit sur la tête et tu mangeras tous les jours à ta faim. Et puis, nous ne serons pas seuls. Il y aura aussi mes amis.

Le petit lança un coup d’œil inquiet vers l'oisillon.

-Tu peux l'emmener, si ça peut te rassurer.

Alors, après une petite hésitation, Islande répondit:

-Veux bien. Alors, toi grand frère?

Lukas écarquilla les yeux. Il n'avait pas vu les choses sous cet angle. Mais d'un autre côté, ça lui plaisait.

-Oui, si ça te fait plaisir, je serai ton grand frère.

Avec un cri de joie, la petite nation se jeta au coup du Viking. Ce dernier le serra contre lui. Puis, après qu'ils se sont séparés, il dit:

-Il te faudrait un nom humain. Que penses-tu d'Emil Steilsson?

Le sourire de l'enfant voulait tout dire.*

*référence à une série de romans intitulée «Les chevaliers d’Émeraude».

Voilà, voilà. Qu'en avez-vous pensé? Si vous voulez en lire une autre, n'hésitez surtout pas. Bon, il est temps que je vous laisse. Bien à vous,

Constance


Que vous êtes amusante, ma chère petite! Vraiment, j'ai été enchantée que vous m'expliquiez ces coutumes de votre temps, qui me semblent bien loin du mien. Comment les marques de courtoisie ont-elles pu changer ainsi en si peu de siècles? Car après tout, il me semble que nous ne sommes pas si éloignées l'une de l'autre, enfin. Et les usages bourgeois me semblaient immémoriaux. Comment les rompre en un si bref moment? Mais j'imagine que là n'est qu'une faible part de ce que je n'imagine même pas encore, de ce que même je ne peux point imaginer! D'autres de vos contemporains m'ont ainsi parfois évoqué de nombreuses choses très étonnantes: l'automobile par exemple, qui se meut sans chevaux; le cinéma, qui est un genre de théâtre; les films, qui composent le cinéma!

Mais voici encore une nouveauté qui m'amuse tant: vous, jeune fille, vous  écrivez! Vous vous piquez de prendre la plume! Mais enfin, ma chère enfant, qui vous lira? Je dois vous dire que la lecture de votre extrait m'a fort troublée; bien sûr, je n'ai pas compris le quart de ce que vous racontez, mais cela semble un fantastique roman d'aventures que vous écrivez là! Mais enfin, pour qui, pour quoi? Qu'allez-vous faire de ces lignes? Vous allez me dire: «Que de mais! quel  découragement!» Pas du tout, ma chère: quel courage au contraire vous avez! quelle imagination! Travaillez, prenez de la peine; continuez donc votre histoire; mais je vous en prie, dites-moi donc ce qui vous pousse ainsi à vouloir... à vouloir quoi, au fond? Inventer votre vie? Ah! mon enfant, méfiez-vous des déconvenues! Prenez garde au poids de la vie! et ne vous fourvoyez donc pas dans des imaginations qui vous décevraient! Croyez-moi: j'ai vécu de grandes souffrances, et j'ai lu beaucoup de romans.

Ecrivez-moi donc encore! Vous me ferez tant plaisir! Et dites-moi donc ce qui se terre dans votre âme de jeune fille...

Votre Emma


Bonjour Madame!

Désolée de ne pas vous avoir répondu tout de suite; j'étais malade lorsque j'ai reçu votre lettre. Rassurez-vous, ce n'était rien de grave, c'était juste un rhume. Un sacré rhume, par contre. J'ai une santé de fer mais quand je tombe malade, je ne fais pas semblant. À tel point que ma sœur a dit une fois «Moi, je tombe malade trois fois dans l'année, une semaine à chaque fois. Constance, elle, tombe malade une fois dans l'année mais pour trois semaines.»
Il y a une question que je me pose: comment pensez-vous qu'est ma personnalité? En tout cas, je suis contente de voir que vous aimez les histoires que je vous envoie. Vous vous étonniez que les héros du «Roi lion» soient des animaux. Il faut savoir que les films Disney visent principalement les enfants, ce qui n'empêche pas le fait qu'énormément d'adultes aiment. Et je fais partie du nombre!

Allez, je vais vous envoyer une autre des fanfictions que j'ai écrites. Elle est toujours sur «Hetalia», l’œuvre qui personnifie les pays du monde. Comme il y a pas mal de personnages, je vais vous dire qui représente quel pays. Lukas représente la Norvège, Mathias représente le Danemark, Emil représente l'Islande, Tino représente la Finlande et Berwald représente la Suède. Cette fanfiction s'intitule «Inquiétude». Vous êtes prête? C'est parti!»

«Emil, représentant de l'Islande, âgé physiquement de trois ans, était inquiet. Il était assis sur son lit depuis plus d'une heure, attendant que Lukas vienne le border et lui raconter une histoire, comme il le faisait tous les soirs. Mais là, il tardait. Ce n'était pas normal. C'est alors qu'il se souvint d'une phrase que Mathias avait dite à Lukas durant le dîner: «T'auras besoin d'énergie, cette nuit!». Que voulait dire cette phrase? Lukas était-il souffrant? Avait-il fait semblant de rien pour ne pas l'inquiéter? Dans ce cas, il avait peut-être besoin de réconfort! La petite nation sauta hors de son lit et quitta sa chambre pour aller devant celle de Lukas. Il se figea devant le spectacle qui s'offrait à lui. Mathias et Lukas étaient nus et se faisaient un câlin bizarre. Aussitôt, ils se séparèrent et se tournèrent vers lui. Emil recula de trois pas, surpris par l'air furieux de Lukas.

-SORS D'ICI TOUT DE SUITE, EMIL! RETOURNE DANS TA CHAMBRE! cria ce dernier.

Emil ne se le fit pas dire deux fois. Il tourna les talons et courut vers sa chambre. Là, il sentit ses yeux s'emplir de larmes. Lukas ne lui avait jamais crié dessus, avant. Bien sûr, il le grondait quand il faisait une bêtise, mais il gardait toujours son calme. Il éclata en sanglot. Il n'aurait jamais dû aller dans la chambre de Lukas. Maintenant, il allait le détester et ne lui parlerait plus jamais, il en était sûr. Il pleura longtemps, sans parvenir à s'endormir. Au bout d'un moment, il sécha ses larmes et leva la tête vers sa pendule. Cinq heures du matin. À cette heure, il n'y avait personne de levé. C'était parfait. Il alluma sa chandelle, prit une plume, de l'encre et un parchemin et écrivit un mot à l'intention de Lukas. Puis, il enfila sa cape et se dirigea vers l'écurie. Là, il accrocha le message sur la porte du box du cheval de Lukas. Enfin, il quitta la maison. Il était persuadé que Lukas ne voulait plus de lui. Il avança, malgré la neige, malgré ses pieds nus, malgré le froid. Il ne savait pas du tout où aller, mis à part loin de Lukas. Mais sa détermination première fit, au bout de quelques heures, place au découragement. Il n'avait que sa cape et sa fine chemise de nuit et il n'avait pas pensé à prendre des vivres. En plus, il avait oublié son arc et ses flèches. Il ne pourrait pas chasser. Il était tellement pris dans ses réflexions qu'il ne regardait pas où il mettait les pieds. Il se prit les pieds contre un caillou et tomba dans la rivière. Il parvint cependant à sortir de l'eau. Il s'allongea contre un arbre et fondit en larme, encore plus découragé. Il avait froid, il avait faim, il était fatigué. Il voulait Lukas. Si seulement il ne s'était pas inquiété pour rien!

En se réveillant, Lukas regarda sa pendule. Il fut surpris en voyant qu'il était huit heures du matin.

«Hé ben! D'habitude, Emil vient toujours me réveiller aux aurores.» songea-t-il.

Il s'habilla en vitesse et descendit dans la salle à manger où étaient rassemblés Mathias, Tino et Berwald. Il fronça les sourcil en constatant l'absence d'Emil. Mathias tourna la tête vers lui.

-Waouh! Lukas qui se lève avant Emil, c'est une première!

-Il a peut-être le sommeil plus lourd que d'habitude, dit Berwald.

-Tu veux que je le réveille, Lukas? demanda Tino.

-Oui, s'il te plaît.

Tandis que Tino montait en direction des chambres, Lukas s'assit en face de Mathias.

-J'y pense... Tu as été le border, hier soir? demanda ce dernier.

Lukas se mordit la lèvre. Il avait complètement oublié.

-Non, je n'y ai pas pensé.

-Pas étonnant qu'il soit venu nous déranger, alors! Tu le connais, il s'inquiète toujours quand il se passe quelque chose de peu habituel.

C'est alors que Tino redescendit, l'air préoccupé.

-Il y a un problème. Emil n'est pas dans sa chambre et sa cape a disparu.

-QUOI?! Mais où peut-il être ? fit Lukas, inquiet.

-Il est peut-être dans l'écurie. Il aime bien passer du temps avec les chevaux, après tout, suggéra Berwald.

-Peut-être. Je vais vérifier.

Sur ces mots, Lukas quitta la pièce et se dirigea où l'avait suggéré Berwald. Mais l'enfant n'y était pas. Une minute! Qu'est-ce que c'était que ce parchemin? Il le décrocha et reconnut l'écriture d'Emil. Pris d'un mauvais pressentiment, il lut ce qu'il y était écrit.

Lukas,
Je suis désolé de t'avoir dérangé avec Mathias. Comme tu venais pas me border, j'ai cru que t'avais un problème et j'ai voulu vérifier. Maintenant, tu es fâché et tu veux plus de moi. Alors, je vais habiter ailleurs. Je sais pas encore où mais je trouverai. Même si tu me détestes, moi je t'adore. Adieu.
Emil

Lukas sentit un sentiment de culpabilité s'introduire en lui. Tout était de sa faute! Si seulement il avait pensé à border Emil, si seulement il ne lui avait pas crié dessus. Il ne serait pas parti. Il retourna dans la maison et expliqua la situation aux autres. Puis, il prit son épée et son cheval et partit à la recherche de son petit frère. Si jamais il lui était arrivé quoi que ce soit, il ne se le pardonnerait jamais. Au bout de trois heures, alors qu'il commençait à perdre espoir, il aperçut une petite silhouette blottie contre un arbre. Il s'approcha et poussa un soupir de soulagement en reconnaissant Emil. Celui-ci, simplement vêtu de sa cape et de sa chemise de nuit, était trempé et grelottait. La tête enfuie dans les genoux, il était secoué de soubresauts qui indiquaient qu'il pleurait. Le cœur de Lukas se serra à cette vision mais il était heureux de constater qu'il n'était pas blessé. Il s'agenouilla près de lui et le secoua. Le petit leva la tête et eut un mouvement de recul en reconnaissant Lukas. Celui-ci le prit dans ses bras et le serra contre son cœur.

-Ne me fais plus jamais une peur pareille!

-Tu... T'es plus fâché contre moi?

-Bien sûr que non! Je suis désolé de ne pas t'avoir bordé. Par contre, pourquoi es-tu trempé?

Emil baissa la tête, penaud.

-Heu... Je suis tombé dans la rivière.

À ce moment-là, un gargouillement se fit entendre.

-Il est plus que temps de rentrer, Emil. Il me semble que Tino a prévu son fameux gâteau au miel.

Le visage de la petite nation s'éclaira.

-MIAM! GÂTEAU!

Lukas éclata de rire et raccompagna l'enfant chez eux.»

Voilà, voilà? Qu'en avez-vous pensé? Sur ce, je vous laisse. J'espère que vous répondrez vite.


Mon Dieu, ma chère petite amie, vous êtes décidément un vrai mystère pour moi! Que d'imagination, que de lettres vous semblez avoir! Mais dites-moi: avez-vous visité toutes les contrées que vous mettez en scène? Ah! Cela est tout à fait fascinant.

Continuez, je vous en prie, à m'entretenir ainsi d'histoires si passionnantes: à dire vrai je ne m'y trouve guère, mais elles me font ainsi couler le temps plus vite.

J'espère que votre santé se trouve mieux.

Votre E. B.


--------------------------------------

MESSAGE DE DIALOGUS :
Merci de noter que les écrits que vous envoyez à nos personnages seront publiés, comme tous les autres courriers, sur notre site. Cela signifie que vous publiez sur internet vos textes originaux, non protégés, et sous la responsabilité de Dialogus. Loin de nous l'intention d'y faire obstacle: il s'agit toutefois que vous compreniez ce que cela implique pour vous et vos droits de propriété intellectuelle. Pour plus de renseignements n'hésitez pas à contacter Manitou_gamma@dialogus2.org.
Bien cordialement à vous,

L'équipe de Dialogus

************************Fin de page************************