m-astrid(a)tele2.fr
écrit à

   

bouddha
Bouddha

     
   

Protection

   

Grand Sage,

Je viens vers vous pour solliciter votre protection. Ma meilleure amie est malade, gravement malade! Je ne conçois pas qu'elle puisse souffrir; or, ce qui la ronge de l'intérieur lui provoque d'horribles douleurs.

Je luis dis que je l'aime le plus souvent que je peux, car je suis démunie devant son état qui l'affaiblit de jour en jour.

Pouvez-vous déposer sur son front un souffle de guérison ou, du moins, d'apaisement.

Merci noble sage,

Astrid


Astrid,

Je ne possède pas les pouvoirs que tu me prêtes. Il est vrai que là d'où je viens les histoires deviennent facilement extraordinaires. Ainsi m'a-t-on prêté la faculté de parler dès ma naissance! Mes enseignements sont les seuls bienfaits que je peux t'apporter.

L'inéluctabilité de la souffrance de ton amie doit te faire redoubler de courage et d'amour. Les amis véritables sont précieux comme le Béryl bleu. Tu es, j'en suis sûr, d'un secours inestimable pour elle. Tout ce que tu peux faire, tu le fais déjà. Et tu le fais à merveille.

Puisse ton amie trouver la paix dans cette vie et dans les vies futures.


Merci Grand Maître, mais comment évacuer la peine qui est en moi et que je refoule? Par pudeur et parce que sa souffrance me semble bien plus importante, je dissimule mes inquiétudes!

Si j'étais pourvue d'un quelconque pouvoir, je mettrais tout en oeuvre afin que la douleur et la maladie la quittent.

Elle a mon âge, comprenez-vous? Je la connais depuis longtemps et nous avons partagé des choses fortes en commun; je voudrais un miracle pour elle. Je n'y crois pourtant pas habituellement, mais devant cette épreuve, je suis prête à croire à n'importe quel prodige!

Je lui souhaite la paix dans ce monde et dans ses vies futures, car je pense qu'elle la mérite amplement.

Bien à vous,

Astrid



Astrid,

Il ne me semblait pas nécessaire de continuer cette correspondance car tu as toi-même découvert tes sentiments les plus profonds et déjoué les affres de ton ego. Mais l'intermédiaire m'a demandé de compléter ma réponse. Tu ne pourras pas trouver la quiétude tant que tu n'auras pas complètement réalisé l'étendue du bien-être que tu peux apporter à ton amie ainsi que les effroyables limites de celui-ci. Sa souffrance physique est le résultat de nombreuses causes sur lesquelles tu ne peux avoir de prise. L'ignorance de ces causes et la volonté de voir cette souffrance cesser te hantent et t'éloignent du chemin de la Vérité et de la Bienveillance. Prends garde aux tentations de l'ego, accepte ta souffrance et reconnais-la pour ce qu'elle est: une manifestation de ton affection pour ton amie. Seul un fou pourrait dire que ce chemin est facile.

Puisses-tu ne pas t'égarer dans la folie de la Souffrance.

Le Bienheureux