Si triste |
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| Pourquoi aviez-vous l'air si triste à la fin de votre
vie... Cordialement, Boris Beaude |
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| La recherche sociologique n'implique pas que des considérations
de méthode. Elle suppose aussi des engagements éthiques et politiques.
Et ceux-ci emportent la conscience jusque dans ses domaines les plus étrangers
au champ sociologique. Autrement dit, il est un moment où la recherche sociologique
conduit le sociologue à confondre sa vie et sa recherche, ses raisons d'être
avec les raisons de sa recherche. Je ne puis donc nier que la force accrue avec laquelle
se sont imposées depuis le milieu des années 80 certaines des fausses
évidences dont je me suis, depuis bien plus longtemps, attaché à
élucider le modus operandi ne m'a pas rempli de joie. «Le monde n'est
pas drôle» dirais-je à nouveau (c'est ce que je m'étais
permis de rétorquer à Gunther Grass lorsque celui-ci me vantait les
mérites de l'ironie). Mais il y a aussi toutes les satisfactions que peut procurer le travail en équipe. Il y a encore l'allégresse des combats collectifs. Il y a enfin les relations avec tous ces hommes et toutes ces femmes dont l'innocence transcende les manières de penser et les raisons d'agir. Triste? Oui quelquefois: nombreuses sont les causes de tristesse; non le plus souvent: solides sont les raisons de se réjouir. |