Si triste
       
       
         
         

boris@beaude.com

      Pourquoi aviez-vous l'air si triste à la fin de votre vie...

Cordialement,

Boris Beaude

 

       
         

Pierre Bourdieu

      La recherche sociologique n'implique pas que des considérations de méthode. Elle suppose aussi des engagements éthiques et politiques. Et ceux-ci emportent la conscience jusque dans ses domaines les plus étrangers au champ sociologique. Autrement dit, il est un moment où la recherche sociologique conduit le sociologue à confondre sa vie et sa recherche, ses raisons d'être avec les raisons de sa recherche. Je ne puis donc nier que la force accrue avec laquelle se sont imposées depuis le milieu des années 80 certaines des fausses évidences dont je me suis, depuis bien plus longtemps, attaché à élucider le modus operandi ne m'a pas rempli de joie. «Le monde n'est pas drôle» dirais-je à nouveau (c'est ce que je m'étais permis de rétorquer à Gunther Grass lorsque celui-ci me vantait les mérites de l'ironie).

Mais il y a aussi toutes les satisfactions que peut procurer le travail en équipe. Il y a encore l'allégresse des combats collectifs. Il y a enfin les relations avec tous ces hommes et toutes ces femmes dont l'innocence transcende les manières de penser et les raisons d'agir.

Triste? Oui quelquefois: nombreuses sont les causes de tristesse; non le plus souvent: solides sont les raisons de se réjouir.