Marc-André Gauthier
écrit à

   


Napoléon

   


Waterloo
 

    Mes plus sincères salutations,

J'ai tellement lu à votre sujet, Napoléon, sur vos victoires, sur vos conquêtes, la façon dont vous avez réorganisé l'armée d'Italie... Mais également sur le désastre enneigé que fut la Russie... et Waterloo.

J'aimerais savoir, comment se fait-il que l'homme qui se déplaçait plus vite que son ombre arriva en retard?

Comment se fait-il que vous ayez subi la défaite cette journée-là, signant ainsi, disons-le, votre arrêt de mort?

J'ai même déjà lu que l'un de vos généraux, Grouchy, serait arrivé avec un retard suspect, auriez-vous été trahi?

Peu importe... Je vous salue encore une fois Napoléon, et je vous fais part de mon admiration.

Au revoir empereur.

Marc-André Gauthier

À monsieur Marc-André Gauthier

Bonjour,

J'ai reçu votre missive sur Waterloo et j'apporte ici (enfin) les réponses que vous me demandiez.

Je crois bien que le retard sur place était dû à l'état de mon corps, malade cette journée-là. Mais pour ce qui est de la défaite en tant que telle, bien des facteurs l'ont amenée.

Tout d'abord, après la victoire aux Quatre-Bras, j'ai séparé les corps d'armée pour qu'une partie poursuive les Prussiens et une autre les Anglais. C'est Grouchy que j'ai envoyé à la poursuite de Prussiens. Ne les trouvant pas, il tourna dans le vide sur une piste qui fut bien sûr la mauvaise, alors qu'il entendait le canon tonner à Waterloo. Il aurait dû venir au secours de notre armée, mais il s'entêta à chercher les Prussiens. Je ne crois pas à une trahison de sa part, mais à un manque de jugement. De toute façon, comme il obéissait à des ordres directs, j'ai ma part de responsabilité. Bien que la position de Wellington fût au départ fort avantageuse, la journée tourna ensuite à notre avantage. Alors que je m'apprêtais à envoyer un messager pour prévenir Paris d'une victoire, et que Wellington se préparait à la soumission, l'armée prussienne arriva de flanc et fit un ravage imparable à nos troupes. Vous connaissez la suite, monsieur Gauthier.

J'espère que ceci vous aura éclairé.

Merci de votre patience;

Napoléon