Un galant trophée à particule?
       
       
         
         

nathalie397@sympatico.ca

      Monsieur,

Je suis scandalisée que vous disiez de telles insanités sur Joséphine de Beauharnais!!! Un galant trophée à particule??? N'a-t-elle vraiment été que cela pour vous??? J'avais cru comprendre lors de mes lectures que Joséphine a été votre seul grand Amour! Que vous aviez délaissée votre Désirée (Clary), la fille d'un mercier que vous sembliez désirer pour épouse, parce que vous étiez devenu amoureux fou de Mme Joséphine (c'est même vous qui lui avez donné ce prénom qui n'était pas le sien à sa naissance!)...

Je comprends que Joséphine ait voulu s'effacer quand elle s'est aperçue qu'elle ne pouvait pas vous donner d'enfant, que, par sacrifice, elle s'est laissée répudier sans mot dire, pour le bien de la France impériale et pour votre bien à vous... Mais ne vous en êtes-vous pas détaché avec la plus grande peine, comme en témoignent certaines des lettres passionnées (apparamment sincères) que vous lui avez écrites après votre séparation? Ou peut-être me trompais-je?

 

       
         

Napoléon Bonaparte

      Madame,

Tout d'abord je dois vous dire que je sens beaucoup d'agressivité dans votre lettre et je tiens à vous faire remarquer qu'il serait fort aimable de votre part de ne pas me prêter des propos que je n'ai jamais tenus envers ma belle Joséphine.

Où diable avez-vous pu lire ou entendre pareille sottise? «Un galant trophée à particules», sachez madame, que bien des personnes ont mis dans ma bouche des propos inventés de toutes pièces. Je ne peux que vous inciter à une grande prudence, l'histoire n'est qu'un mensonge que personne ne conteste. J'ai aimé follement Joséphine et ce depuis notre première rencontre chez Monsieur Barras, seule la raison d'état et l'impérieuse nécessité d'avoir un héritier m'ont forcé à cette difficile séparation. Par la suite j'ai toujours été plus que généreux envers ma douce Créole, elle pu à son aise disposer de la Malmaison et je lui fit octroyer une rente annuelle qui la mettait à jamais à l'abri du besoin. Joséphine continua à être ma confidente, mon amie et sa mort fut un immense choc pour moi. Je l'aimais sincèrement et je ne permets à personne d'en douter.

Je vous salue néanmoins.

Napoléon