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Mes
respects Sire,
J'espère que vous avez encore souvenir de moi. Je suis
Jérôme, le Brigadier-chef de l'arme du Matériel,
arme que vous avez peut-être connue comme «service»
à l'intérieur des régiments d'artillerie et de
cavalerie. Je voulais prendre des nouvelles de vous et de votre
santé, et par la même occasion, vous informer un petit peu
de ce qui se passe à notre époque. Les élections
du prochain président sont proches. J'ai pris parti pour un
homme voulant remettre la France au premier plan économique en
cessant l'assistanat prolongé et réinstaurant la valeur
travail. Il a de grandes idées pour le peuple français et
les immigrés voulant réellement vivre en France. Il vous
ressemble.
Sinon, est-ce vrai que Monsieur Barras vous a confié
l'armée d'Italie en toute confiance car tout le monde la
considérait comme pas très importante?
Je pense vous avoir assez importuné comme cela.
Je vous prie, Sire, d'accepter mes salutations les plus
distinguées.
Votre dévoué Jérôme.
Au brigadier chef Jérôme
Monsieur,
Que vous preniez parti pour un
homme qui vous rappelle ma personne, j'en suis flatté. L'on m'a
rapporté d'ailleurs que vous avez fait le même choix que
la majorité, ce qui n'est pas mauvais en somme, pourvu qu'il ne
tombe pas dans les mêmes pièges que moi!
Barras, pour remercier mes
services de Vendémiaire, mais aussi et surtout en «cadeau
de mariage», m'a offert l'armée d'Italie, dont il est vrai
que l'on attendait peu de choses. C'était sans compter sur mon
ascendant sur ces troupes et mes talents de stratège.
Joséphine, vous le savez, y est sûrement pour beaucoup
dans cette soudaine promotion: elle a été jadis l'une des
«compagnes» du citoyen Directeur.
L'Italie! Comme elle me semble
loin cette époque! Pourtant, je m'en souviens si bien: Rivoli,
Lodi, Arcole, Campo Formio... Je parlais de ces souvenirs avec Las
Cases; peut-être a-t-il laissé des écrits qui
pourraient vous intéresser.
Bien à vous monsieur,
Napoléon
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