Rien qu'un ventre, Marie-Louise?
       
       
         
         

nathalie397@sympatico.ca

      Napoléon,

Autant j'ai été scandalisée par le surnom de «galant trophée à particule» que vous avez utilisé pour qualifier la digne Joséphine de Beauharnais, autant (et même cent fois plus!) je m'indigne que vous limitiez la très douce et jolie Marie-Louise de Habsbourg-Lorraine à un... ventre!!! Bon Dieu, Napoléon, que vou pouvez être méprisant envers son statut social beaucoup plus élevé que le vôtre dans votre enfance!!! Vous oubliez que Marie-Louise de Habsbourg-Lorraine était la fille de L'Empereur d'Autriche, rien de moins!!! Qui êtes-vous, sauf un petit caporal parvenu de peine et de misère au statut de général qui s'est ensuite couronné lui-même Empereur des français?!!!

De plus, Marie-Louise était si jolie et si jeune, si pure, comment pouvez-vous oser ainsi la reléguer au rang de simple... ventre???

C'est indigne d'elle et de son rang d'archiduchesse d'Autriche et c'est indigne de sa beauté et de sa pureté!!! Non mais qu'avez-vous tous, vous les Princes, les Rois et les Empereurs à mépriser ainsi la fonction de mère de vos héritiers??? En effet, d'innombrables souverains ont délaissé leurs très belles et très dignes épouses pour des maîtresses de rang bien inférieur et même parfois pour de simples et vulgaires... roturières!!! (parfois même ces vulgaires roturières sont très laides, sans aucun charisme ni aucun charme, comme c'est le cas de la maîtresse du Prince Charles, héritier de la Couronne britannique, alors que son épouse légitime et la mère de ses fils héritiers était d'une beauté sans égale et avait un charme que le monde entier reconnaissait et admirait au plus haut point et qui en plus l'aimait, ELLE!!!).

Je n'en reviens tout simplement pas de vos manières méprisantes envers la propre mère de vos héritiers; cela s'adresse à vous tous, princes, rois, empereurs, autres nobles ou même le gars bien ordinaire à côté de chez nous, qui vous permettez non seulement de tromper vos épouses mais en plus, vous les traînez dans la boue et vous les rabaissez au point de dire les pires insanités à leur sujet, surtout quand elles proviennent d'un milieu social plus élevé que le vôtre, ce que vous ne semblez pas être capable d'avaler...

Vous n'êtes rien en fait,

Une femme libre et indignée

 

       
         

Napoléon Bonaparte

      Madame,

J'ai fortement hésité à répondre à votre courrier totalement irrespectueux de ma personne et de mon rang, cette lettre que vous osez me faire parvenir n'est qu'un ramassis de fiel et de sottises. Sachez que si je daigne vous accorder quelques instants c'est uniquement afin de vous éclairer sur vos grossières erreurs d'appréciation.

Vous me dites que j'ai qualifié ma chère Marie-Louise de ventre, ceci est faux madame, j'ai effectivement fait quelques confidences où je disais vouloir épouser un ventre, ceci n'était en rien destiné à l'archiduchesse, car je fis cette déclaration avant de me décider pour Marie-Louise. Ce n'était qu'image illustrant mon désir d'avoir enfin un héritier avec ma future épouse, voilà tout. Faux l'irrespect infâme que vous m'attribuez envers l'archiduchesse, d'ailleurs, comment aurait-il pu en être autrement dès lors que vous ne faites que supputer sans grandes connaissances. J'ai aimé Marie-Louise, elle a été mon épouse, m'a donné un enfant et ne m'a jamais montré qu'attachement et dévouement. J'ai dû la laisser aux soins de mon frère Joseph pour aller défendre la France contre nos ennemis et je ne l'ai plus jamais revue, ni elle, ni mon cher fils, grâce à la perfidie de mon beau-père, mais les peines de l'âme d'un homme ne semblent guère vous émouvoir.

Vous me qualifiez de «petit caporal parvenu de peine et de misères au statut de général»? Sachez que je n'ai jamais été caporal, mon premier grade fut celui de lieutenant en second et ce sont mes Soldats qui m'on donné le surnom affectueux de «Petit Caporal» par respect pour mon courage! Quant à la misère, je l'ai effectivement côtoyée quelques années et je ne vois là que du courage à l'avoir surmontée, ce que ne connaîtront jamais les nantis; le mérite madame, le mérite! Ma nomination au grade de général? Je l'ai due à ma conduite au siège de Toulon, dès la fin de l'année 1793, je n'avais pas encore 25 ans! Je me suis, certes, couronné Empereur à Notre-dame, mais c'est le peuple via le Sénat qui m'éleva au rang d'Empereur des Français, le Sacre du 18 Mai 1804 n'en fut que la confirmation aux yeux du monde. Sanctifiée par le peuple et par l'Eglise, ma Légitimité devenait incontestable!

Vos diatribes sur l'opinion que j'avais de l'Impératrice n'étant qu'une bien mauvaise vue de l'esprit, tout le reste de votre courrier suit la même escalade grotesque.

Je suis las de vous écrire, votre prose abjecte vous discrédite définitivement, je ne peux que vous inviter à parfaire vos connaissances qui sont des plus légères.

S'il vous plait de réécrire l'histoire pour mieux vous en indigner ensuite, tournez vous donc vers les romans, vous y aurez grand succès.

Napoléon