Question vitale |
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| Monsieur Bonaparte, Je suis enchantée de faire votre connaissance. Je tiens à vous dire que c’est un réel plaisir pour moi de pouvoir discuter avec vous. Je vous écris aujourd’hui pour vous poser une question qui me tracasse depuis longtemps: «Pourquoi notre monde est-il depuis toujours, si obsédé par le pouvoir et la perfection»? J'espère qu’en tant que grand leader politique, vous saurez répondre à ma question de façon satisfaisante. Mes sincères salutations. Émilie |
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| Madame, je vous salue! Une question bien singulière que voilà de votre part! Je crois comme le disait Aristote que l'homme est une bête politique. Il faut savoir que de tout temps l'or et le pouvoir ont été au coeur de toutes les sociétés. Ainsi les pharaons ont-ils dominé en Égypte; ainsi Athènes a-t-elle dominé en Grèce, Alexandre sur l'Orient et les Césars sur l'Europe. Si j'aime le pouvoir, c'est en artiste que je l'aime. Comme le violoniste aime son instrument. Opprimer les masses et laisser plus de liberté à des individus, voilà ce qui sera le secret des gouvernements qui me succéderont. J'ai péri pour avoir tenté de faire le bien des masses en leur sacrifiant l'individu. À chacun pourtant de voir les choses selon son point de vue. Une vieille dame de province m'a déjà dit un «Vive l'Empereur». C'était après l'exil sur l'île d'Elbe. Je lui avais alors répondu: «ne disais-tu pas hier, «vive le Roy»? - «Ce n'aurait pas grande importance, tout ira bien tant qu'on pourra dire vive quelque chose ou quelqu'un, car ça revient à dire vive la France!» Voilà un bon mot! Je crois que tout gouvernement ne fait que ce qu'il croit le mieux pour la majorité. Il n'est pas d'idéaux qui n'aient un résidu positif. Entendre les intérêts de tous est d'un gouvernement ordinaire; les prévoir, est d'un grand gouvernement. Pour ce qui est de mon pouvoir, je crois qu'en les temps troubles que venait de passer la France post-Révolutionnaire, il était temps de mettre le sabre à l'avant et que tous comprennent que la France avait UN chef. Je n'ai pas cherché à faire une carrière personnelle, j'ai toujours agi dans l'intérêt de la France. Les assemblées révolutionnaires et le Directoire n'ont mené qu'à l'injustice, le désordre, l'immoralité et la corruption. Si j'ai appliqué avec force mon autorité ce fut pour le bien de la France et, je crois, elle s'en est que mieux portée. Bien à vous, Napoléon |