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Votre Altesse,
Pardonnez-moi de vous déranger avec ces détails du passé,
mais quelque chose me turlupine depuis longtemps à votre propos.
Si je ne
me trompe, l'astronome Pierre Simon Laplace a été votre examinateur à l'école
d'artillerie où vous êtes passé, dès la première année et parmi les premiers,
lieutenant. Laplace avait entrepris (toujours si je me souviens bien) de faire
de cette école d'officier une institution de haut niveau d'instruction,
notamment dans le domaine scientifique.
N'est-ce pas pour votre goût des
sciences et votre compétence en ce domaine qu'il vous a aimé et soutenu même
après que vous vous êtes proclamé Empereur (je veux dire, malgré son esprit
profondément attaché aux valeurs républicaines)?
Mais aussi, pourquoi
s'est-il fâché ensuite avec vous dans les environ de l'année 1810? L'auriez-vous
directement blessé ou déçu par quoi que ce soit?
Votre dévoué
serviteur,
Alcis
Bonjour Alcis,
Laplace a bien réalisé les actions que vous lui prêtez,
mais nos discordances datent du Consulat. Bien que géomètre de haut-niveau, son
côté administrateur laisse à désirer. Je lui ai retiré le ministère de
l'intérieur parce que j'ai rapidement jugé qu'il n'y était pas à sa place. Il
avait aussi ce je ne sais quoi d'agaçant. Par exemple, c'était un arriviste, un
parvenu qui était prompt à toutes les bassesses envers ses supérieurs pour avoir
de l'avancement alors qu'en revanche il était discourtois, hautain envers ses
subalternes et inférieurs. Il travaillait pour lui-même, pour son avancement.
Tel fut son choix, telle fut sa vie. Cela n'enlève rien à son apport important
aux sciences mathématiques.
Cordialement,
Napoléon 1er
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