L'Espagne
       
       
         
         

labadijeanyves@wanadoo.fr

      Sire, je souhaiterais vous entretenir au sujet de la douloureuse affaire d'Espagne. Je sais qu'en 1808, celui qui était alors l'infant Ferdinand vous a proposé une alliance avec un membre de votre famille, à l'époque vous aviez refusé; mais aujourd'hui, avec le recul, pensez-vous qu'une telle chose eût pu être réalisable? Ou encore, si plutôt que de nommer votre frère Joseph roi de ce pays, à la place vous eussiez installé sur le trône un Espagnol dévoué à votre cause, ne pensez-vous pas que les habitants de ce pays l'eussent mieux accepté et ne se seraient pas révoltés?

Croyez, Sire, en mon dévouement.

 

       
         

Napoléon Bonaparte

      Salutations à M. Labadi,

Votre missive m'est bien parvenue. Je vous remercie de votre dévouement, je n'ai qu'à me louer des gens comme vous, fidèles parmi les fidèles!

Pour répondre à votre question, non, je ne crois pas que les choses eussent été différentes en Espagne. Cette horrible famille de Bourbon d'Espagne ne devait pas rester en place. Il faut voir les manières de ces gens. Si assoiffés de pouvoir, ils en étaient à se dévorer entre eux pour avoir leur part de pouvoir.

Placer mon frère sur le trône d'Espagne, c'était y installer un Bonaparte, mon sang. Voilà un geste non équivoque sur mes vues politiques à l'égard de l'Espagne. Du reste, le fanatisme espagnol, qui va bien au-delà du nationalisme, s'est manifesté bien avant 1808. Poussé par les prêtres et leur gouvernement, les Espagnols pratiquaient des massacres et tendaient des pièges à mes troupes dans les toutes premières années de mon règne et même avant.

En espérant avoir répondu à votre question, j'en attends de nouvelles si ma présente réponse ne suffit pas.

Compliments.

N.