Les Amis du Patrimoine Napoléonien |
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| Sire, Je tiens à vous signaler que nous sommes plusieurs fidèles à nous être réunis, et ce, malgré la surveillance de ce soi-disant roi que l'Étranger nous a obligé à accepter, et nous avons formé une association que nous avons appelée «Les Amis du Patrimoine Napoléonien», j'en suis le secrétaire-général. Nous essayons, dans la mesure de nos moyens, de tout faire pour rétablir la vérité sur votre compte car vos ennemis tentent de répandre des mensonges à votre sujet, l'un d'eux, un dénommé Caratini (il serait Corse d'origine), a écrit un livre intitulé «Napoléon, une imposture». Je n'ai jamais vu livre plus calomnieux à ce sujet. Mais notre action ne s'arrête pas là, bien sûr, nous cherchons à sauvegarder tous les sites, statues, sépultures, bibelots, ou documents d'archives se rapportant à vous, à votre famille, et à tous ceux qui ont vécu cette formidable page d'histoire. Et nous avons beaucoup de travail, car nous nous sommes aperçus que les maires, certainement pour plaire à celui qui se fait appeler Louis XVIII, laissent les sépultures de nos frères d'armes à l'abandon. Le président de notre association serait, je le sais, très fier, si vous pouviez lui envoyer, malgré la surveillance de votre geôlier, un mot d'encouragement. Voici son adresse: Daniel Poisson, président-fondateur des Amis du Patrimoine Napoléonien, 6 avenue de la Chênaie, 94350 Villiers sur Marne. |
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| Cher Monsieur Labadie, Je vous remercie de cette lettre qui m'a fait le plus grand plaisir. La fidélité est une vertu très rare, surtout en ce moment et je sais que la France a encore un bel avenir quand je vois qu'elle enfante encore des fils comme vous. Je vous félicite pour l'action que vous menez avec vos compagnons, mais vous devez comprendre qu'écrire directement à mes partisans en France m'est impossible. Ce serait, tout d'abord, très risqué pour vous et vos amis, car la police de Louis XVIII est plus que jamais aux aguets et, de toute façon, mon geôlier ne laisserait jamais passer un tel courrier. Aussi, vous voudrez bien féliciter votre Président de ma part et l'assurer de toute ma reconnaissance. Vous me parlez d'un certain «Caratini» qui aurait écrit un ouvrage odieux contre moi? Je suis étonné que l'on ne me l'ait pas fait parvenir, car sir Lowe se fait toujours un malin plaisir de laisser passer ce genre de littérature. «Caratini» est un nom assez répandu en Corse et j'y ai mes détracteurs, mais je ne crois pas connaître ce sinistre individu. Vous me dites que les sépultures de nos braves sont abandonnées, voir méprisées par les Maires? Mais comment s'étonner que des gens aussi vils ne sachent pas reconnaître l'honneur quand ils le croisent? Ne vous inquiétez pas, la postérité nous rendra justice et, alors que la mémoire de nos Braves sera immortalisée par la Gloire de nos victoires, les maîtres actuels seront enfouis avec leur bassesse dans la poussière de l'histoire. N'hésitez pas à me donner de vos nouvelles et me tenir au courant de vos activités. Bien à vous, Napoléon. |
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| Sire, J'ai bien reçu votre courrier. Je l'ai montré à mon président qui a été très touché de votre reconnaissance. Il me charge de vous dire que nous allons redoubler d'énergie pour mener à bien notre entreprise. Chose bizarre, Sire, mais, depuis votre chute, mais votre renommée parait bien plus grande qu'à votre apogée. La meilleure preuve en est que nous avons des agents qui couvrent non seulement presque toute la France, mais aussi à l'étranger, en Autriche, en Belgique, au Luxembourg, au Portugal, et même au Canada. Comme vous pouvez le constater, nous sommes assez nombreux. C'est pourquoi, Sire, je pense que, puisque notre nombre va croissant, le règne de Louis XVIII ne devrait pas durer longtemps, et, très certainement aurons-nous la joie de vous revoir parmi nous. Hélas, Sire, à ma joie, se mêle de la tristesse car une rumeur circule en France, depuis peu, très certainement répandue par vos ennemis mais je me dois de vous prévenir, selon cette rumeur, les Anglais et les royalistes auraient soudoyé une personne de votre entourage pour vous empoisonner tant vous leur faites peur. Comment, Sire, une telle chose peut-elle être possible? Qu'un Français puisse déshonorer le titre de plus beau citoyen du monde en acceptant de servir de sicaire de l'Etranger et du gros Louis, c'est là une chose qui nous paraît, à nous, vos vieux compagnons d'armes, totalement aberrant. Mais, hélas, depuis 1813, nous avons vu tant de trahisons que nous pensions impossible, les Saxons à Leipzig, puis Marmont, en 1814, Bourmont en 1815... Bref, nous avons estimé qu'il était de notre devoir de vous dire de vous méfier. Sire, votre dévoué Jean-Yves Labadie, secrétaire général des Amis du Patrimoine Napoléonien |