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Napoléon Bonaparte

     
   

Le pont d'Arcole

   

Sire,

Je ne partage pas l'idée des autres intervenants sur une chute de cheval hypothétique de votre part lors du franchissement de ce pont. Il est exact que vous n'avez jamais été un très bon cavalier, par contre avec les dames d'après ce qu'en disait votre valet il en était autrement, ce qui n'est pas gênant en France bien au contraire. Cela aurait plutôt tendance à vous valoriser et à vous faire remonter dans les sondages.

Par contre, et reprenez-moi si je fais erreur, le passage de ce pont était extrêmement périlleux ce qui à causé la mort de ce brave «Muiron» qui s'est jeté sous les balles devant vous. C'est alors que, fin stratège comme vous l'avez toujours démontré, vous êtes passé à gué en aval. Évidemment Delacroix, je pense, ou Géricault ont préféré vous peindre le drapeau à la main sur le tablier du dit pont!

Défendez-vous que diable et rétablissez la vérité.

Respectueusement vôtre...

Vieux scaph'



Bonjour à M. Loridon;

La missive que vous envoyez me force à dévier de la voie que j'ai précédemment mise en place pour maquiller un combat imparfait. Dans les faits, c'est Augereau le premier qui tenta le passage du pont, mais il fut repoussé par le barrage mis en place par les Autrichiens du général Alvinzy. Rendu sur place, je tentai aussi de passer le pont, mais une mitraille fit de terribles ravages autour de moi et ce pauvre Muiron se prit plusieurs balles en me couvrant de son corps. De retour sur mon cheval, un feu de mitraille décima les aides de camp qui m'entouraient et mon cheval tomba avec son cavalier dans le marais, très près des troupes croates qui s'approchèrent de moi et je dus mon secours au général Belliard qui me sortit de ce faux pas. Telle fut cette bataille, mais je ne voulus pas que l'on me représentât ainsi. En fait, 2 jours plus tard, Arcole était à nous. La victoire resta en mémoire, mais pas la vérité, à ce que je constate!

Bien à vous;

Napoléon