Monsieur Bertrand
écrit à

   


Napoléon

   


L'empire nous appelle
 

    Sire,
 
C'est avec émotion que je m'adresse au plus grand Homme de notre temps.
 
Ma question porte sur l'hymne impérial. Le mot «République» y est employé dans un vers que vous connaissez. C'est intrigant, car vous avez fondé un régime globalement autoritaire (bien qu'«assoupli» en 1815). Est-ce simplement par oubli, ou pour conserver une forme d'héritage de 1792, que vous avez conservé ce mot? Je sais que vous méprisez l'idéal démocratique, ce mot n'a donc sans doute pas ce sens à vos yeux. S'agissait-il alors d'une «chose publique» comme l'un de vos amis la formulait («le pouvoir se fait au nom du peuple et non sous sa dictée irréfléchie»)?
 
Je vous salue et vous souhaite d'avoir du courage dans votre exil.
 
Monsieur Bertrand

Monsieur Bertrand,
 
C'est toujours un honneur pour  moi de pouvoir converser avec les gens de votre temps!
 
La Révolution a vécu; elle s'est terminée à la mort de Robespierre, et les derniers soubresauts ont été anéantis à Brumaire. Nous avons gardé les idéaux de la Révolution, mais en avons rejeté les excès. Donc j'ai recherché cet idéal d'un passé direct qui a jeté les bases de l'Empire, et je suis d'accord également avec la citation que vous faites: «le pouvoir se fait au nom du peuple et non sous sa dictée irréfléchie», qui résume très bien ma pensée sur ce sujet.
 
Bien à vous,

Napoléon Ier