Le mariage d'homosexuels
       
       
         
         

france.nandrain@b-rail.be

      Bonjour Sire,

Je n'encombrerai pas votre boîte aux lettres de tirades ennuyeuses et vaines, mais permettez-moi de vous dire tout de même, en préliminaire, à quel point je vous admire. Vous qui symbolisez le courage et la volonté, vous qui avez mis à l'honneur des qualités de bravoure, de loyauté, vous qui avez tant aimé la France qui fut votre première "maîtresse" selon vos dires, que pensez-vous du monde d'aujourd'hui, de la France d'aujourd'hui, en particulier de la façon dont on fait la guerre dans plusieurs coins du monde ou de projets tels une Loi permettant en France le mariage d'homosexuels?

Si je devais aussi vous poser une question sur votre règne, votre épopée, quelle fut selon vous, l'erreur, s'il ne faut en choisir qu'une, l'erreur qui fut fatale et sonna le glas de votre Empire?

Merci infiniment de me prêter attention quelques instants pour répondre à ces trois questions. J'espère que je n'aurai pas abusé mais il y a tant de questions que l'on aimerait poser à un homme tel que vous!

Recevez mes marques de respect, Sire.

France Duchêne-Nandrain, Belge mais Française de coeur, ou Française en territoire occupé.

 

       
         

Napoléon Bonaparte

      Très chère France,

Tout d'abord, laissez moi vous dire quel plaisir m'a fait votre lettre, surtout lorsque l'on porte un nom aussi glorieux que le vôtre et que l'on appartient, selon les dires même de César, au plus grand de tous les peuples! Votre lettre a été un peu de baume à mon coeur sur ce sinistre rocher ou il se meurt de l'ennui et l'oubli. Êtes-vous sûre de cette histoire de mariage homosexuel? Vous avez sans doute été la victime d'un mauvais plaisant, car même si les choses partent en déliquescence depuis mon départ, je vois mal le Roi permettre une telle aberration et encore moins l'Église!

Vous me demandez quelle fut ma plus grande erreur? A l'aune de ma situation actuelle, je dirais qu'elle fut d'avoir voulu m'asseoir, comme Thémistocle, au foyer de celui que je croyais être le plus «généreux» de mes ennemis!

N'hésitez pas à me donner de vos nouvelles et à me poser toutes les questions que vous voudrez, mais excusez le temps que je peux mettre à vous répondre, car vous devez savoir que tout mon courrier est épluché par mon geôlier et qu'il ne me parvient que lorsque ce sinistre individu le veut bien.

Avec toute ma bienveillance.

Napoléon.