Marc
écrit à

   


Napoléon

   


La tête tranchée de Joséphine
 

    Votre Altesse,

Vous seriez attristé d'apprendre que la tête de la statue de Joséphine offerte par Napoléon III en 1859 a été tranchée par des vandales en 1991, dont les arrière-arrière-arrière-grands-parents n'ont jamais connu l'esclavage, mais qui vous en voulaient tout de même de l'avoir rétabli en 1802 sans avoir évalué ce qu'il aurait pu advenir si les Anglais avaient pris possession de l'île. Avec le recul, ce scénario aurait conduit cette île à devenir indépendante, tout comme Sainte Lucie, et ne constituerait plus un lourd fardeau pour les finances de la France, mais cela est une autre histoire.

Cependant, n'avez-vous pas été influencé par votre belle-famille pour prendre cette décision? Ils en retiraient un avantage financier immédiat; quant aux anglais, la Martinique ne leur était pas acquise et je ne doute pas que vous eussiez su faire un exemple avec le premier béké qui aurait tenté de leur faciliter l'ouvrage.

De nombreuses personnes prétendent que le rétablissement de l'esclavage en 1802 résulte strictement d'un honteux favoritisme dont vous seriez l'auteur. Cette question est d'importance pour rétablir votre mémoire dans les Antilles.

Avec beaucoup de respect pour votre oeuvre immense.

Marc

Bonjour Marc.
 
Avec tous mes respects et remerciements pour votre patience, je vous réponds aujourd'hui en ce qui a trait à votre missive du 17 février m'annonçant que des Martiniquais sans scrupules avaient osé décapiter une statue de l'impératrice Joséphine!
 
Franchement il s'agit d'un acte de pure méchanceté! Comment peut-on imputer à Joséphine, cet ange de miséricorde, cet exemple parfait de générosité et de grâce, une décision qui ne la regardait en rien! Certes l'esclavage fut rétabli sous la menace des colons français qui disaient être prêts à passer à l'ennemi pour garder ce supposé droit qu'ils prétendaient avoir. Personnellement je ne suis pas un ardent défenseur de l'esclavage, je suis républicain. Mais je n'étais pas prêt à perdre une colonie et affaiblir la France pour une question qui n'était en rien scandaleuse à l'époque. Je me permets de vous rappeler que pendant les Cents-Jours, j'ai aboli l'esclavage sur tout le territoire, mais j'imagine que cette décision n'est pas venue aux oreilles des vandales.
 
Quelle tristesse pour mon oiseau des îles...
 
Bien à vous
Napoléon 1er