Gabrielle
écrit à

   


Napoléon

   


L'aiglon
 

    Pour l'empereur féroce -c'est ainsi que vous êtes vu dans l'Histoire, comment Sa Majesté supporte-t-elle la mort de l'Aiglon?

Gabrielle

À Gabrielle,

J'ai consulté tous mes contacts, les journaux anglais et même certains soldats britanniques: mon fils est vivant et à Schoenbrunn, il aura dix ans au mois de mars prochain. Pourquoi tourmenter un père de la sorte? Ne suis-je déjà pas assez à plaindre sur ce rocher?

Napoléon 1er
Île Sainte-Hélène, 1820

Sire,

Je vous présente toutes mes excuses, vous prie de les accepter. Et que Vive l'Aiglon!
Malgré votre «séjour» sur l'île de Sainte-Hélène; malgré tout ce que l'on vous reproche; malgré tout le chagrin que cela vous procure; sachez une chose, Sire: la France, d'une manière ou d'une autre, la France vous aime. La France ne vous oublie pas. La France ne vous oubliera jamais!

Respectueusement,

Gabrielle

Gabrielle
 
Voilà bien de quoi réchauffer mon coeur, Gabrielle. Sachez que vous avez mon pardon. On ne m'a jamais connu de rancoeur et je ne commencerai certes pas avec vous! La perspective que vous souleviez lors de votre dernière missive m'a fait chavirer l'âme. Car à quoi me servirait-il de vivre sans la perspective que mon fils poursuive ce que j'ai commencé pour lui? Pourvu qu'il ne devienne pas «Autrichien»! Mais ceci ne m'effraie guère, il y aura toujours des gens pour lui rappeler d'où il vient, qu'il est né prince français et que je suis son père.
 
Bien à vous,

Napoléon

Sire,

Je suis bien aise de me savoir pardonnée. Vous possédez la bonté et ça, je ne le savais pas! Le roi de Rome est un très bel enfant. J'ai eu la chance, Votre Majesté, d'admirer une gravure représentant Napoléon II. Son regard est doux, intelligent, très droit et sans hésitation aucune. Je sais que lorsque l'on parle de vous à votre fils, c'est «en bien». Le duc de Reichstadt sait les valeurs de son père. Et de ce fait le petit garçon est non seulement fier de son papa, mais déborde également d'amour à l'encontre de Votre Majesté. Donc, son coeur est français exactement comme le vôtre, sire. Deux coeurs battent à l'unisson. Vive la France!

Respectueusement à votre égard,

Gabrielle