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Sire,
Je ne sais pas encore pourquoi, mais j'ai le sentiment que
Sainte-Hélène n'est pas votre dernière demeure. Je
comprends votre stratégie face à la couronne
d'épines que les Anglais vous offrent, mais je vous sens encore
plus malin que cela. Pardonnez mon jugement à votre
égard, mais je vous considère comme mon père
spirituel et à ce titre, je me permets cette remarque qui
à mon avis, risque de mettre à jour un secret bien
gardé.
N'ayez crainte, rien de ce que vous pourrez me dire ne sera
révélé. Sire, croyez en ma plus profonde affection.
Que Dieu vous garde.
À Sophie
Certes, Madame, je ressens
là vos bons sentiments à mon égard. Je ne me sens
le père que des enfants que je ne peux plus voir. L'on m'a
offert de quitter cette île à plusieurs reprises, par des
moyens parfois aussi farfelus que dangereux. Je crains de vous
décevoir, mais vous m'écrivez maintenant à ma
résidence de Longwood, et j'espère, n'étant pas
encore mort, que ceci ne sera pas ma dernière demeure; mais vous
qui m'écrivez depuis l'an deux mil devez mieux que moi savoir ma
fin, et à vous entendre, cette fin ne sera pas glorieuse...
Si seulement je pouvais revoir
mon fils!
Bien à vous,
Napoléon
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