Fabien Daly
écrit à

   


Napoléon

   


Je suis déçu...
 

   

Cher Empereur,

Je vous salue et tiens à vous préciser que j'éprouve beaucoup d'admiration pour vous. Cependant, lorsque l'on cite votre nom, une part de moi est déçue.

Pourquoi suis-je déçu? Vous étiez brillant mais je ne peux approuver certaines de vos méthodes (brutalités, exécutions, guerres, etc.). Sire, quand on est empereur on se doit d'être juste et ne pas toujours trouver des boucs émissaires (duc d'Enghien). En outre, qu'avez-vous à répondre quand on parle de l'esclavage, dont la France et d'autres pays ont beaucoup profité? Selon moi, la grandeur ne vaut que si on l'est dans son coeur. Je tiens à préciser que mon message n'est pas une attaque et que je vous admirerai toujours.

Fabien


Monsieur,

Il me plait de répondre avec la même franchise que votre question. Combien d'autres «innocentes victimes» mis à part le Duc d'Enghien? Aucune! Et je ne serais pas surpris que vous l'eussiez vous-même condamné si vous aviez vu les mêmes rapports que moi. Ce fut probablement mauvais, en fin de compte, mais je ne reviens jamais sur mes actes passés. Surtout s'ils ne peuvent être changés.

La guerre, on me l'a déclarée plus souvent que le contraire. Mais quand vous faites référence à l'esclavage, sachez que je ne l'ai pas créé. Il existait avant moi, de partout à travers le monde. Je l'ai aboli en cent jours. Je l'avais toléré dans les Antilles uniquement par nécessité socio-politique (les grands propriétaires antillais menaçaient de passer à l'Angleterre sans cette exception). Je ne vous entends pas parler des autres nations? Étais-je seul à faire la guerre? Suis-je le seul belligérant? Je n'ai recherché que la paix. Les banques anglaises ont eu de bien pires intentions, selon moi!

Je vous remercie de votre admiration, et je ne prends pas mal le fait que vous me souligniez les mauvais côtés de ma politique. Je préfère le courage de la franchise à la mollesse d'un courtisan.

Bien à vous!

Napoléon