| |
|
Cher Empereur,
Je vous salue et tiens à vous préciser que
j'éprouve beaucoup d'admiration pour vous. Cependant, lorsque l'on cite
votre nom, une part de moi est déçue.
Pourquoi suis-je déçu?
Vous étiez brillant mais je ne peux approuver certaines de vos méthodes
(brutalités, exécutions, guerres, etc.). Sire, quand on est empereur on
se doit d'être juste et ne pas toujours trouver des boucs émissaires
(duc d'Enghien). En outre, qu'avez-vous à répondre quand on parle de
l'esclavage, dont la France et d'autres pays ont beaucoup profité?
Selon moi, la grandeur ne vaut que si on l'est dans son coeur. Je tiens
à préciser que mon message n'est pas une attaque et que je vous
admirerai toujours.
Fabien
Monsieur,
Il me plait de répondre avec la même franchise que
votre question. Combien d'autres «innocentes victimes» mis à part le
Duc d'Enghien? Aucune! Et je ne serais pas surpris que vous l'eussiez
vous-même condamné si vous aviez vu les mêmes rapports que moi. Ce fut
probablement mauvais, en fin de compte, mais je ne reviens jamais sur
mes actes passés. Surtout s'ils ne peuvent être changés.
La
guerre, on me l'a déclarée plus souvent que le contraire. Mais quand
vous faites référence à l'esclavage, sachez que je ne l'ai pas créé. Il
existait avant moi, de partout à travers le monde. Je l'ai aboli en
cent jours. Je l'avais toléré dans les Antilles uniquement par
nécessité socio-politique (les grands propriétaires antillais
menaçaient de passer à l'Angleterre sans cette exception). Je ne vous
entends pas parler des autres nations? Étais-je seul à faire la guerre?
Suis-je le seul belligérant? Je n'ai recherché que la paix. Les banques
anglaises ont eu de bien pires intentions, selon moi!
Je vous
remercie de votre admiration, et je ne prends pas mal le fait que vous
me souligniez les mauvais côtés de ma politique. Je préfère le courage
de la franchise à la mollesse d'un courtisan.
Bien à vous!
Napoléon
|