Alexandre D.
écrit à

   


Napoléon

   


Des femmes dans la Grande Armée
 

   

À Sa Majesté Impériale et Royale l'Empereur Napoléon Ier,

Sire, réalité ou fiction, des femmes ont-elles réellement combattu dans la grande armée?

Car, Dieu sait que j'ai lu énormément d'ouvrages vous concernant, mais, aucun n'a confirmé cette hypothèse!

Il paraîtrait même que vous en avez distingué une, en lui décernant l'insigne de la légion d'honneur peu après la bataille d'Iéna en 1806, une certaine Maria Schellink, une Belge qui s'était engagée en 1792!

Vous ne pouvez pas savoir à quel point je vous admire! Car, après vous le déluge, plus aucun individu ne sera de taille à rivaliser avec vous (sur le plan militaire en tout cas), à vous disputer vos lauriers que la postérité vous a décernés. Vous dîtes jadis, les héros sont des comètes destinées à éclairer leur siècle, vos dires étaient véridiques, car le XIXe siècle sera éternellement le siècle du grand Napoléon.

Mais, dites-moi pourquoi vous êtes-vous engagé dans le bourbier espagnol, s'il vous plait?

Vous connaissiez parfaitement l'histoire de l'antiquité à votre règne, et vous connaissiez sans doute mieux que personne l'insoumission du peuple ibère, et ce depuis le temps des Romains! Bref, que votre tâche serait des plus ardue, et vous vous y êtes engagé quand même!

Les Autrichiens en profitèrent, et soucieux d'effacer leur honteuse défaite d'Austerlitz réarmèrent, et vous déclarèrent la guerre, résultat des courses, vous les avez vaincus certes, mais Wagram, et Znaïm ne vaudront jamais Ulm, et Austerlitz. De plus vous avez perdu un combattant valeureux et ami  le Maréchal Lannes!

Ensuite vous épousâtes l'archiduchesse Marie-Louise (l'une de mes cousines) afin d'avoir la paix avec l'Autriche.

Et en 1812, le désastre, vous vouliez donner une leçon au tsar Alexandre, et c'est vous qui subirez une épouvantable défaite. Certes, vous aviez gagné la bataille de Borodino, mais cela ne suffisait point, car votre vrai ennemi était l'hiver, et l'hiver russe est ultra-rude!

Et pourtant vous aviez fait connaissance avec les temps polaires à Eylau, et Friedland, vous saviez à quel point ils étaient pénibles.

Vos soldats étaient désespérés, ils entamèrent une pénible retraite, harcelés par ces damnés cosaques! Heureusement que le Général Eblé vous avait désobéi et n'a point détruit les ponts (comme vous le lui aviez ordonné) sinon plus personne n'aurait réussi à échapper aux Russes! Et le Maréchal Ney (fusillé en décembre 1815) avait commandé avec brio votre arrière-garde, sinon plus personne n'aurait survécu!

Eblé, et Lariboisière, l'un de vos amis, mourront d'épuisement en 1813 en arrivant en Allemagne.

En 1813, vous n'aviez que de tout jeunes conscrits «les Marie-Louise» à opposer à vos ennemis, vous vaincrez ces derniers lors des batailles de Bautzen et Lützen, (Bessières et Duroc tomberont à ces deux batailles) mais, à Leipzig (bataille que vous auriez remportée si vous aviez disposé de soldats d'élite) le prince-héritier de Suède, l'ex-Maréchal Bernadotte, se joindra à vos adversaires pour vous défaire, et c'est ainsi que vous avez dû traverser le Rhin, vivre la misérable campagne de France, je dis «misérable» car malgré certaines belles victoires, votre frère Joseph livrera Paris aux coalisés! Et vous étiez obligé de signer votre abdication!

À Waterloo en revanche, vous aviez été trahi: la veille de la bataille, le Général de Bourmont (ex-chouan) est passé à l'ennemi avec vos plans de batailles! Le jour de la bataille Grouchy vous avait «lâché» en restant en retrait.

Ney, conscient du désastre qui se préparait (et surtout de ce qu'il allait lui arriver après la défaite), voulait mourir et ceci les armes à la main!

Cambronne avait sacrifié votre vieille garde!

Bref, à cause de l'Espagne, et de la Russie, vous perdiez votre trône, et vous étiez fait prisonnier par ces satanés anglais, qui avaient trahi leurs paroles!

Une toute dernière question Sire, pensez-vous encore ce que vous disiez naguère «tout Bourbon vivant est un ennemi mortel»?

Le roi Louis-Philippe Ier, un Bourbon-Orléans, époux de la fille du Roi Ferdinand Ier des Deux-Siciles, que vous aviez détrôné jadis!, le Roi des Français, fera revenir vos cendres en France en organisant une somptueuse cérémonie, si somptueuse qu'elle ne sera jamais égalée!

Passez une belle journée, merde aux Anglais

Vive l'Empereur

Alexandre D.


À Alexandre D.
 
Monsieur,

Bien que ç’ait été tout à fait illégal et contre mon vœu, des femmes se sont effectivement battues au sein de la Grande Armée. Maria Schellink a reçu la Légion d’honneur pour tous ses exploits militaires. Thérèse Figueur (la VRAIE madame Sans-Gêne) en est également un exemple. Ces femmes contournaient la règle généralement en s’habillant en homme et en changeant leur nom. Mais dès lors qu’elles étaient blessées, il leur devenait difficile de cacher leur véritable condition et elles retournaient dans leurs foyers.

Si je n’avais rien fait pour empêcher le Portugal d’ouvrir ses ports aux vaisseaux anglais, tout le système continental serait devenu inutile. L’Angleterre aurait continué de s’enrichir et de payer les nations européennes pour faire la guerre à la France. Je ne pouvais accepter ça, il fallait agir. Les conséquences ont malheureusement été celles que vous avez citées, mais je me devais d’essayer.

Les Bourbons sont des ennemis mortels de la France postrévolutionnaire.

Vous me parlez de mes cendres alors que je ne suis pas encore mort! C’est curieux, et comme je suis toujours en vie, je doute de ces perspectives!

Au plaisir, fidèle Alexandre,

Napoléon