Stirner
écrit à

   


Napoléon Bonaparte

     
   

Démoncratie et paix

   

Votre Altesse,

Si au jour d'aujourd'hui je prends la plume, plume tapie dans l'ombre autant que moi, c'est que je suis obligé de vous fuir, simplement car opposé à votre régime.

Cette lettre n'a pas pour but de vous convaincre, amener, menacer, ou faire regretter. Non, je ne suis pas monarchiste. Je vous déteste, vous et votre empire de mort, que vous cachez par vos discours hypocrites.

Ce ton peut vous paraître violent. Il l'est. Mais il est avant tout franc, et j'espère que vous aurez le minimum de courage pour répondre à cette lettre qui, elle, n'en manque pas.

Je n'ai que deux questions:

Que pensez-vous, de ce système politique nommé démocratie?

La première étant posée, je vous présente ma seconde question:

Que pensez-vous, tout autant, d'un système pacifiste tel que l'anarchisme? Ne croyez-vous donc pas que seule la guerre peut régler les problèmes auxquels la France est maintenant confrontée?

Avec mon respect, je vous demande d'éviter les réponses ayant comme justification «défense du peuple», «à chaque problème sa solution», «on nous a attaqués, je me défends». Ces propos d'avant-garde ne me conviennent nullement.

Si votre courage dépasse ce qui est considéré comme la politesse nécessaire dans une lettre que l'on vous adresse, je le répète, répondez-moi sans détour.

Je vous salue bien bas, malgré la difficulté de la tâche.

Stirner


Stirner,

Pour qui vous prenez-vous pour m'insulter de la sorte? Je n'ai que faire de vos reproches, maintenant que JE suis en exil, vous devez trépigner de joie! Et qui m'a renversé? Les monarchistes qui m'ont fait la guerre. Que vous vouliez l'entendre ou non, c'est la vérité, je ne changerai pas les faits pour vous satisfaire. La guerre était nécessaire à la survie des acquis de la révolution. Il faut voir la politique de Louis XVIII pour constater que le résultat de Waterloo me donne raison.

La démocratie. C'est un rêve très beau. Mais les excès qu'elle a amené en France ne devaient pas se répéter pour son propre bien. L'anarchisme et le pacifisme ne vont pas ensemble, sauf pour l'anarchiste en chef. Je préfère l'ordre à l'anarchie, la paix à la guerre, et la prospérité à la déchéance. Vous parlez de guerre, avez-vous oublié la naissance de l'égyptologie, la construction du Louvre, les travaux maritimes, les monuments, les restaurations des églises, le Concordat, le Code civil, le livret ouvrier, la Cour des comptes, la réforme du Sénat, la banque de France, le franc germinal, le développement d'industries? La guerre n'a pas été ma seule préoccupation. S'il vous plaît de croire le contraire, c'est bien dommage pour vous.

N