Bruno Degano
écrit à

   


Napoléon Bonaparte

   


Aux portes de Moscou
 

   

Majesté,

Je viens de découvrir votre site Dialogus et je me demande quelle question je vais bien pouvoir vous poser et comment vous intéresser.

Par rapport à d'autres personnages historiques, par exemple Robert III d'Artois, que j'admire beaucoup, le nombre de vos admirateurs est incroyable. Moi-même j'en suis un et je n'ai aucun mérite car je suis français et avoir une figure comme vous dans notre histoire, et s'en vanter face aux autres nations, tout le mérite vous en revient. J'ai envoyé un message à Maximilien de Robespierre, un de vos contemporains, et je n'ai pas mâché mes mots. Il est vrai que l'image qu'il a donnée de lui n'est pas à son honneur, c'est ce que je lui ai fait comprendre, mais si vous lisiez ses réponses, vous le prendriez comme avocat, car il ferait même acquitter le Diable, celui-là! Il se défend bien le bougre! La révolution était sans doute un mal nécessaire mais certains personnages, tels celui-là, sont écoeurants! Qu'en pensez-vous, vous-même, Majesté, vous qui avez vécu cette période? Était-il bien et moral d'envoyer tant de gens se faire couper la tête, au nom d'une révolution même justifiée?

Pour en revenir à vous, le sujet qui, sans doute, vous intéresse le plus, qu'avez-vous ressenti, aux portes de Moscou, à la tête de vos armées victorieuses? Pour ma part, j'ai vu un film (une représentation théâtrale de mon époque) et cette scène où vous arrivez, à la tête de votre armée, est vraiment grandiose, même si on n'est pas guerrier de caractère! On se dit: «C'était quelqu'un, Napoléon Bonaparte!». Peut-être avez-vous déjà répondu à ce genre de questions, mais je n'ai pas tout lu, il y en a tellement!

J'espère faire partie de la liste de vos dialoguséens. Des questions sur des analyses de périodes ou de personnages historiques vous intéresseraient-elles, même si elles ne vous concernent pas directement?

Bruno.


Bonjour Bruno,
 
Comme tout le monde, je suis bien entendu contre des manoeuvres telles que la Terreur et les milliers de décapitations qui eurent lieu durant cette courte période. C'est la preuve que les extrémistes révolutionnaires ne valent parfois guère mieux que les extrémistes royalistes, sur ce point du moins. Il est dommage que Robespierre ait commis ces purges, car sur de nombreux points, il fut un grand homme politique. J'ai bien connu son frère durant les évènements de Toulon en 1793.
 
En ce qui a trait à Moscou: il est certain qu'au lendemain de la bataille de la Moscova, lorsque le matin du 14 septembre 1812, je procédai à mon entrée dans Moscou, j'éprouvai une grande fierté. Imaginez un instant: savoir que tout ce qui se trouve à l'ouest de Moscou, l'Europe entière est sous votre contrôle! En ce court instant, on se sent le maître du monde! Mais ce souvenir est vite effacé par cet incendie que je revois encore si grand, si incontrôlable, si imprévisible.
 
Bien à vous,
 
Napoléon