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Majesté,
Je viens de découvrir votre site Dialogus et je me demande
quelle question je vais bien pouvoir vous poser et comment vous
intéresser.
Par rapport à d'autres personnages historiques, par exemple
Robert III d'Artois, que j'admire beaucoup, le nombre de vos
admirateurs est incroyable. Moi-même j'en suis un et je n'ai
aucun mérite car je suis français et avoir une figure
comme vous dans notre histoire, et s'en vanter face aux autres nations,
tout le mérite vous en revient. J'ai envoyé un message
à Maximilien de Robespierre, un de vos contemporains, et je n'ai
pas mâché mes mots. Il est vrai que l'image qu'il a
donnée de lui n'est pas à son honneur, c'est ce que je
lui ai fait comprendre, mais si vous lisiez ses réponses, vous
le prendriez comme avocat, car il ferait même acquitter le
Diable, celui-là! Il se défend bien le bougre! La
révolution était sans doute un mal nécessaire mais
certains personnages, tels celui-là, sont écoeurants!
Qu'en pensez-vous, vous-même, Majesté, vous qui avez
vécu cette période? Était-il bien et moral
d'envoyer tant de gens se faire couper la tête, au nom d'une
révolution même justifiée?
Pour en revenir à vous, le sujet qui, sans doute, vous
intéresse le plus, qu'avez-vous ressenti, aux portes de Moscou,
à la tête de vos armées victorieuses? Pour ma part,
j'ai vu un film (une représentation théâtrale de
mon époque) et cette scène où vous arrivez,
à la tête de votre armée, est vraiment grandiose,
même si on n'est pas guerrier de caractère! On se dit:
«C'était quelqu'un, Napoléon Bonaparte!».
Peut-être avez-vous déjà répondu à ce
genre de questions, mais je n'ai pas tout lu, il y en a tellement!
J'espère faire partie de la liste de vos dialoguséens.
Des questions sur des analyses de périodes ou de personnages
historiques vous intéresseraient-elles, même si elles ne
vous concernent pas directement?
Bruno.
Bonjour Bruno, Comme tout le monde, je suis bien entendu contre
des manoeuvres telles que la Terreur et les milliers de décapitations
qui eurent lieu durant cette courte période. C'est la preuve que les
extrémistes révolutionnaires ne valent parfois guère mieux que les
extrémistes royalistes, sur ce point du moins. Il est dommage que
Robespierre ait commis ces purges, car sur de nombreux points, il fut
un grand homme politique. J'ai bien connu son frère durant les
évènements de Toulon en 1793. En ce qui a trait à Moscou: il
est certain qu'au lendemain de la bataille de la Moscova, lorsque le
matin du 14 septembre 1812, je procédai à mon entrée dans Moscou,
j'éprouvai une grande fierté. Imaginez un instant: savoir que tout ce
qui se trouve à l'ouest de Moscou, l'Europe entière est sous votre
contrôle! En ce court instant, on se sent le maître du monde! Mais ce
souvenir est vite effacé par cet incendie que je revois encore si
grand, si incontrôlable, si imprévisible. Bien à vous, Napoléon
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