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          Dialogus

Sylvain
écrit à

Anne Boleyn


Vos rapports avec la princesse Marie


   

Votre Majesté,

Je me présente: je m'appelle Sylvain, j'ai vingt-cinq ans et je suis Français. Ma question est la suivante: je voudrais savoir quelles sont vos relations avec la princesse Marie, fille de votre époux, Sa Majesté Henri VIII d'Angleterre, ainsi qu'avec sa mère, feue Catherine d'Aragon.

Merci de bien vouloir me répondre.

Votre serviteur,

Sylvain


D'Anne Boleyn, Reine d'Angleterre et d'Irlande, à Sir Sylvain,

Quel beau pays que la France! J'y ai passé une partie de ma jeunesse, le saviez-vous? Je me suis imprégnée de la culture, des mœurs, des goûts et des valeurs de ce royaume. J'ai conversé avec les plus beaux esprits au sujet de la religion et du gouvernement d'un royaume ainsi que de poésie. Je suis une reine anglaise mais mon éducation est toute française. Vous vivez dans un magnifique pays, empli de richesses et dont la finesse d'esprit est bien connue. Soyez-en conscient, Sir Sylvain.

Pourquoi dites-vous feue Catherine d'Aragon? La princesse douairière de Galles n'est point paru devant Dieu, du moins, pour l'instant. Même si sa mort, je l'avoue, ne me causera aucun chagrin! Vous vous méprenez une nouvelle fois, Sir Sylvain: le titre de princesse n’est plus en accord avec le rang de Lady Mary. L'annulation du mariage entre Henry et Catherine, déclaré invalide, la prive de son titre de princesse. Elle a, cependant, l'insigne honneur d’être la dame d’honneur d’Elizabeth, notre tendre fille, à sa Majesté et à moi-même.

Je ne côtoie Lady Mary que rarement. Nous sommes donc loin de pouvoir parler de relations. La haine qu'elle porte à Elizabeth et à moi-même a contraint Henry à l'éloigner de la Cour et à l'empêcher également de rendre visite à sa mère, l'ancienne reine d'Angleterre, recluse au château de Kimbolton.

Il lui suffirait de me reconnaître comme reine d'Angleterre pour qu'elle puisse revenir à la cour. Je pourrais, dans ce cas, travailler à sa réconciliation avec le roi. Mais son caractère opiniâtre ne lui sera d'aucune aide, malgré ce qu'elle croit. Ne pas se plier à la volonté de Dieu, donc à celle d'Henry, la perdra.

Mais tant qu'elle est en vie - et mon adversaire - elle reste ma mort et je suis la sienne.


En espérant avoir satisfait votre curiosité,

Anne, the Queen

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