Dialogue avec la rédaction
       

       
         
         

Ludwig Van Beethoven

      Je vous écris dès l'aube, mon cher Dumontais, pour exorciser une prémonition mortelle qui m'a jeté épouvanté hors de mon lit et m'a habité toute la journée. J'ai vu dans ce cauchemar un catafalque somptueusement dressé dans la cour, qui portait visible à mes yeux fermés en lettres dorées sur soie noire le nom BEETHOVEN. Je me précipitai à la fenêtre et fus pris de vertige. La cour qui me semblait si familière dans cette vision hallucinatoire et hallucinante n'était pas ma cour, m'était entièrement étrangère. Pour retrouver ma lucidité et mon sang froid j'ai dû me verser sur la tête toute l'eau qui se trouvait dans ma cuvette. Ceci s'est passé dans la nuit de vendredi, mais qu'importe, cette date n'est de conséquence aucune si ce n'est pour moi qui l'ai vécu et qui ne peux m'empêcher de le vivre encore...

Rassurez-vous, cher Dumontais, je vous conte ceci encore en chair et en os et en toute sobriété quand cela pourrait être le contraire!

Bthvn

 

       

 

       

Sinclair Dumontais

      Cher ami,

Vos visions ne sont pas sans m'inquiéter. Auriez-vous pris froid? Travaillez-vous de trop longues heures? Vous nourrissez-vous suffisamment? Je crois savoir que vous vivez de façon plutôt recluse. Si vous préférez rester loin du monde, ne devriez-vous pas quand même prendre le temps de marcher un peu dans les bois, de respirer la nature, de détourner votre esprit de toutes les pensées malsaines qui peuvent s'y accumuler lorsqu'on choisit de restreindre son lieu de vie? Remuez-vous, monsieur Beethoven. Vous avez encore tant de choses à nous offrir!

Sinclair

 

       

 

       

Ludwig Van Beethoven

      Cher Dumontais,

Ces visions qui nous effraient appartiennent aux mêmes qui nous font rêver et sourire, nous permettent même de nous élever au-dessus des misères de ce monde et ne sont que des germes d'inspiration. Vous savez bien que nos démons et nos muses nous habitent, nous sont familiers et très chers. Si vous voulez bien m'accompagner dans mes promenades vous les trouverez à mes côtés. Donc, cher ami, ne vous inquiétez pas pour moi. Et si mon déjeuner traîne trop longtemps dans l'escalier je finirai bien par tomber dessus. Cependant, vous, cher ami, me donnez lieu de m'inquiéter. Depuis hier soir toute porte est barricadée chez vous. Vous êtes mal? Vous en veut-on? Cette vision, oui, me poursuit, et cela je l'ai vu de mes propres yeux! Je me remue en vain pour savoir ce qui se passe.

Votre dévoué,

LvB

 

       

 

       

Sinclair Dumontais

      Cher Beethoven,

Ne vous inquiétez pas inutilement pour moi. Si les portes de la maison étaient «barricadées» ces derniers jours, de façon intermittente, ce n'est dû qu'à des malaises techniques. Mon corps et mon âme se portent très bien et ne donnent lieu à aucune inquiétude. Il importe que vous sachiez, cher ami, que les activités d'édition dont je m'occupe en ce moment sont de nature bien différente de celles de votre époque. Nous sommes les otages de tout un ensemble de technologies dont bien peu d'entre nous avons le contrôle véritable. Pas même les utilisateurs de ces technologies. Et souvent il arrive que ces technologies ont des humeurs, des caprices, dont nous ne sommes que les spectateurs impuissants. Voilà le portrait de notre époque. Nous pouvons tout, et en même temps nous sommes dépendants de tout.

Quant à vos promenades, il me fera plaisir de vous y accompagner. À la condition toutefois que je ne sois pas un boulet à votre pied et que ces entretiens ne portent pas entrave à votre créativité. La créativité n'est-elle pas l'une des seules choses que nous puissions posséder tout en demeurant libres?

Avec mes amitiés,

Sinclair

 

       

 

       

Ludwig Van Beethoven

      Nous sommes libres dans la créativité comme vous le dites si bien, surtout quand nous en subissons le pouvoir et la force. Nous nous comprenons là-dessus. Donc votre compagnie ne serait nullement une entrave au contraire discuter comme lire alimente la créativité et la forêt viennoise y est toujours propice. Et si mon état m'isole je garde sur moi un petit calepin dans lequel on m'écrit ce que l'on veut bien me dire. Vous me dites que vous avez été l'otage de votre technologie cela me semble une bien horrible condition et contradiction. Est-ce le prix à payer aux progrès? De bien grands seigneurs! L'humanité peut bien s'en passer!

Votre dévoué Beethoven

P.-s.: Excusez mon retard, cher ami, mais vous connaissez l'emprise de mon travail.

 

       

 

       

Sinclair Dumontais

      Cher ami,

Vous ne pouvez imaginer à quel point votre remarque est appropriée - celle sur les «grands seigneurs» que sont les produits du progrès.

Le siècle qui se terminera bientôt - celui d'où je vous écris - a vu les chefs-d'oeuvre technologiques se multiplier comme des lapins et dans le même temps nous subordonner toujours plus profondément. Nous subordonner à leurs mystères et leurs humeurs, ce que nous savions déjà inévitable, mais pire encore nous subordonner à leurs... propriétaires, c'est-à-dire ceux qui se les approprient par la force des monnaies. Car plus le siècle avance, plus il nous offre le théâtre d'une concentration de la propriété de ces instruments. Un théâtre où se joue une bien triste comédie, très peu «dell'arte» d'ailleurs, devant un nombre sans cesse décroissant de spectateurs. La majorité d'entre nous étant soit sur le trottoir, dans l'espoir aveugle d'entrer dans la salle - manière d'espérer rejoindre ensuite la scène, soit ailleurs, à peine conscients de ce qui se passe.

En contrepartie - tout ne saurait être noir! - je vous dirai que notre fin de siècle est tellement cataclysmique qu'il semble inévitable que le prochain soit un nouveau siècle des lumières. Que l'instinct de survie pousse à une explosion de créativité, à une «transmutation des valeurs» pour employer une expression très chère au philosophe Nietzsche, d'un siècle votre contemporain. Il y aura un grand coup de balai. Et ma foi beaucoup de cendres à balayer...

Mais parlez-moi de votre musique, cher ami. Chaque fois que je vous lis, ma journée commence sur une bonne note...

Amicalement,

Sinclair

 

       

 

       

Ludwig Van Beethoven

      Mon cher Dumontais,

Je vous envoie au moins une note pointée indiquant mon retour suivie d'un soupir pour les lieux que j'ai quittés, n'ayant pu vous adresser même un quart de note d'adieux. C'est que je suis parti prendre les eaux. Vous savez que le travail de composition est toujours suivi de celui de correction, labeur ardu et monotone cependant nécessaire pour assurer une édition honnête et je crains souvent d'y laisser la vue étant donné les nuits de travail prolongées à la lueur de chandelles de fort mauvaise qualité. En plus mes ennuis de famille ne me donnent aucun répit comme vous le savez, nous avons enfin trouvé un médecin compétent qui suit avec dévouement l'état de mon pauvre Karl, ainsi rassuré je me suis plié aux conseils et à l'invitation de chers amis et ai quitté Vienne pour quelques temps.

Je répondrai à mes correspondants qui attendent et finirai pour vous cher ami, cette note en mineur. Vous faites allusion à une "transmutation des valeurs". La seule que je connais et vous ironisez cruellement, cher ami? dans l'intervalle de mon absence, intervalle démoniaque, comme l'intervalle musical, le triton, 'le diable en musique', il s'est bel et bien transformé en diable de dévaluation de notre devise qui me forcera de nouveau à déménager.

Pour le moment vous me trouverez encore à la vieille adresse.

Vôtre,

LvB

 

       

 

       

Sinclair Dumontais

      Mon ami,

Quel contraste entre les difficultés que vous vivez - et dont vous me parlez avec tellement de résignation - et la gloire que vous connaîtrez à notre siècle! Si cela peut vous consoler, sachez que ces oeuvres que vous mettez tant de profondeur et d'acharnement à créer puis à transcrire seront appréciées jusqu'à la fin des temps. Et qu'avec ces technologies dont je vous parlais précédemment, elles seront même gravées à jamais dans la mémoire humaine! Ce qui ne fut pas le lot de tous les compositeurs et musiciens de votre époque, même s'il en eût certainement dont les musiques eurent mérité de nous rejoindre, et moins encore des compositeurs et des musiciens des siècles qui vous ont précédé. Car si nous reculons dans des temps plus lointains encore, les musiques inventées il y a dix ou quinze siècles ne se seront jamais transmises que par voies orales et durant quelques générations à peine...

Vous me parlez de transmutation de devise. Sans doute ce jeu des nations n'est-il pas sans porter préjudice à la tranquillité d'esprit requise par la créativité. Moi je vous parlais de transmutation des valeurs non pas monétaires mais... humaines. De ce tourbillon des idées qui, à force de tourner et de tourner, finit toujours par prendre plus de force, devenir tornade et emporter avec lui une partie des fondements du contrat social. Pour ensuite donner place à la création d'un nouveau monde. Rarement meilleur, mais toujours essentiel. Mais bon. Aux prises avec des difficultés financières et familiales, je comprends que vous n'en êtes pas à l'évaluation des valeurs. Votre musique s'élève d'ailleurs bien au-dessus de ces cycles qui emportent tout sauf le coeur et l'âme.

Si vous deviez déménager bientôt, ne manquez pas de me faire parvenir votre nouvelle adresse. L'idée de vous perdre de vue me fait frissonner de tout mon corps.

À bientôt et prenez soin de vous,

Sinclair

 

       

 

       

Ludwig Van Beethoven

      Je m'empresse, mon ami, de vous répondre par retour de courrier pour vous rassurer que mon déménagement ne sera pas à votre insu. Surtout je tiens à vous dire ici que Beethoven ne se résigne pas. Je suis surpris d'avoir à vous l'apprendre. J'accepte ce que dois, mais je lutte contre ce que je peux changer, dois changer. Avez-vous oublié ce triste et sordide procès pour obtenir la garde de mon neveu Karl, et bien dans le propos de notre dernière conversation, n'ai-je pas gagné mon procès il y a 5 ans contre deux de mes bienfaiteurs, et leurs successeurs qui après la dévaluation catastrophique de notre devise en 11, ne voulaient pas ajuster la pension qu'ils m'avaient accordée. Avez-vous donc oublié, cher ami, ma musique, mes symphonies qui proclament la lutte de l'Homme contre les injustices et les indignités de notre existence...

Je vous laisse avec ce reproche. La servante court au postillon pour que vous le receviez encore vif!

Btvn

 

       

 

       

Sinclair Dumontais

      Monsieur Beethoven,

Que vous êtes irritable, mon ami! Pour m'être inquiété de votre santé et de vos difficultés financières, voilà que vous me sermonnez à grands coups de double-croches! J'avoue que dans les circonstances, vos silences étaient finalement plus doux à mes oreilles!

Je ne vous en tiens pas rancune, bien sûr, votre caractère étant réputé grincheux. Mais s'il vous plaît, ne projetez pas dans mon siècle et sur ma personne toute la grogne que vous inspirent vos contemporains!

Quant à votre déménagement, comprenez je vous prie que mon allusion à l'éventualité de «vous perdre» faisait référence à des considérations purement techniques! Notre correspondance franchit des siècles, monsieur Beethoven. Ne l'oubliez pas... Lui faire franchir le temps est déjà fort compliqué, de sorte que je suis en devoir d'envisager à l'avance tout scénario de changement de lieu.

Vous me parlez de soi-disant bienfaiteurs et de leurs successeurs que vous avez dû poursuivre pour qu'ils respectent leurs engagements. Pouvez-vous me dire de qui il s'agit? Et de ce qu'ils exigent en retour?

Amicalement,

Sinclair

 

       

 

       

Ludwig Van Beethoven

      Cher Sinclair,

Vous me tendez votre reproche d'une main amicale, votre générosité et bienveillance à mon égard me touchent. Pardonnez mes sautes d'humeur. Mais le Silence, cher ami, ne le souhaitez pas, même le bruit vous serait précieux...! Cela aussi ajoute à mon impatience déjà aiguisée par un travail qui avance trop lentement sans cesse interrompu par mes problèmes de santé et qui me cause quotidiennement des ennuis, par exemple je dois me quereller avec chaque nouvelle servante qui ne peut comprendre de ne pas me déranger avec les repas quand j'écris. Nous nous disputons alors à cause d'un plat qui traîne dans l'escalier, que j'avale des heures plus tard ou même le lendemain et attrape une colique diabolique qui m'alite, me débilite davantage et me fait perdre encore du temps. La condition de compositeur est impitoyable et s'accommode mal de la régimentation. Je ne peux que me plier à ces exigences. Aujourd'hui j'ai supporté avec une patience angélique la déférence obséquieuse de mon nouveau copiste qui chaque fois qu'il passait devant moi me faisait des courbettes. J'ai failli mettre le pauvre diable à la porte. Faut-il donc tolérer cette humilité honteuse entre les hommes? J'en suis tellement irrité que je crois que je ne pourrais plus accepter ses services et prie que le vieux Schlemmer récupère. Il est bien le seul qui me lit et me comprend. Des décennies de service fidèle et fiable, se remplacent difficilement et son absence me cause la plus grande anxiété. Ma chandelle faiblit et je dois me ménager les yeux ou j'en serai au même point que Schlemmer. Je vous quitte. Les détails de l'affaire Lobkowitz et Kinsky pour la prochaine fois. Je pensais que vous les connaissiez, ça a dû faire le tour de Vienne.

À bientôt cher ami et n'oubliez pas de m'écrire mais sans reproche?!

Votre dévoué,

Beethoven

 

       

 

       

Sinclair Dumontais

      Des reproches? Si peu... Et c'était moins pour vous gronder que pour vous voir revenir à une humeur plus douce, plus agréable, et aussi plus saine pour préserver votre capacité à libérer votre talent!

Mais s'il vous plaît, expliquez-moi comment vous arrivez à vivre dans la contradiction dont vous vous plaignez tant! Vous vous faites un devoir de faire quotidiennement une promenade dans ces forêts vivifiantes qui vous inspirent et dans le même temps vous négligez votre santé au point de vous en rendre malade. Cette nature, que vous admirez et qui vous entoure, ne crée pas ses verdoyantes richesses en se malmenant comme vous malmenez votre corps! Et votre esprit sans doute! Pourquoi diantre devez-vous vous brutaliser de la sorte pour réussir à créer? Les créateurs ne peuvent-ils donc créer que dans la tourmente?

Et de grâce, ne prenez pas mes propos pour une dispute! Je cherche simplement à vous faire entendre raison!

Sinclair

 

       

 

       

Ludwig Van Beethoven

      Je répondrai, Sinclair, en toute simplicité à vos prescriptions bien intentionnées.

Dans la nature je me sens comme un enfant et en suis observateur naïf. J'ai remarqué émerveillé comment des sapins qui prennent racines parmi d'autres bien établis et forts poussent contorsionnés pour s'épanouir dans l'espace restreint. J'ai été ébloui par la prairie verdoyante et fleurie qui naissait de forêts calcinées. Tel un phénix! Et l'artiste sublime Michel-Ange ne peignait-il pas possédé par sa passion de créer sans considérer les tourments contorsionnés que lui causaient l'immense plafond de la Chapelle Sixtine? L'artiste crée parce qu'il le doit. (L'éditeur ne le vit-il pas aussi?) Et la naissance d'un enfant? Enfin la raison pure engendre-t-elle l'Art, mon cher Sinclair? Je vous quitte là-dessus pour poursuivre ce que je dois dans la tourmente libératrice et la sérénité! Et pour gagner ma vie!

En toute amitié sincère,

Beethoven





       
         

Ludwig Van Beethoven

      Cher Sinclair,

Je vous félicite de la nouvelle édition - vous avez fait de belles conquêtes. Je suis quand même chagriné -je n'ai pas voulu vous en faire part plus tôt, par le personnage qui illustre votre humble serviteur.

Consultez-moi je vous prie et je répondrai par retour de courrier de crainte que je ne sois pris d'anxiété à ne pas retrouver ma contenance.

Vôtre,

Bthvn

 

       

 

       

Sinclair Dumontais

      Cher Beethoven,

Il y a quelques semaines, Jennychen Longuet, l'une des filles de monsieur Marx, me faisait une remarque similaire à propos du choix de photo qui avait été fait pour représenter son père. Je me permettrai de vous faire une réponse identique à celle que je lui adressais alors: l'illustration choisie figure parmi celles qui sont les plus identifiées à votre personne. Je veux dire par là que l'effigie choisie est très connue des gens de notre siècle et que ce choix était pour ainsi dire... naturel.

Ceci étant dit, je ne crois pas qu'il y ait lieu de vous chagriner. Croyez-moi, vous êtes très bien. Et à la lecture des lettres que vous m'adressez, je dirai même qu'elle vous représente ma foi très bien.

Toutes mes amitiés,

Sinclair

 

       

 

       

Ludwig Van Beethoven

      Bien respecté Monsieur l'Éditeur,

Vous m'envoyez toutes vos amitiés accompagnées de compliment qui semble vouloir rappeler mes reproches dont je m'étais sincèrement excusé et dont vous affirmiez ne me tenir aucune rancune. Cela me peine.

Je déplore que tout ornement soit nécessaire à une publication sérieuse comme la vôtre et pour laquelle j'ai une grande estime. Si le naturel de mon effigie convient à votre publication et au goût de votre époque, naturellement, je m'y plie.

Bien à vous,

Ludwig van Beethoven

P.-s.: Vous parlez d'une demoiselle Jennychen Longuet, est-ce que je connais cette personne?

 

       

 

       

Sinclair Dumontais

      Monsieur Beethoven,

S'il vous plaît cessez de lire mes lettres vingt fois, pour y découvrir tout ce qu'elles ne contiennent pas! Dieu que vous êtes compliqué! Ne vous arrive-t-il jamais de taquiner un peu vos proches? Par amitié, justement? Allons, décontractez-vous un peu. Profitez de vos promenades en forêt pour placer les choses dans leur juste contexte. Et pour ce qui est de votre effigie, faites-moi confiance. Aucune ne vous représente mieux dans l'esprit de nos gens que celle que nous avons employée.

Pour ce qui est de Jennychen Longuet, elle est l'une des filles de monsieur Karl Marx qui comme vous collabore à notre publication en répondant aux lettres de nos lecteurs. Vous ne pouvez la connaître car votre siècle a précédé le sien. Par contre, je suis persuadé qu'elle connaît votre musique. Elle me semble très cultivée, très sensible aussi. Je serais très étonné que la musique ne fasse pas partie de sa vie car je soupçonne la présence d'un certain romantisme derrière son apparence un peu dure, un peu rigoureuse. Mais je m'égare. Et je vous ennuie peut-être, aussi. Pardonnez-moi.

Si vous souhaitez la connaître, vous pouvez lui écrire. Il me fera plaisir de lui transmettre votre lettre avec le courrier que j'achemine déjà à monsieur Marx.

Respectueusement,

Sinclair

 

       

 

       

Ludwig Van Beethoven

      Au nom de mon amitié pour vous, cher Sinclair et de ma grande estime pour votre publication si réussie, je mettrai nos différends sur le compte de dissonances en humour qui sur réflexion exigeraient au contraire une lecture plus approfondie et une étude attentive pour lui assurer son harmonie subtile à travers ces temps qui nous séparent. Cela me ferait plaisir de faire connaissance avec cette jeune personne musicale. Présentez-lui mes compliments en attendant que je lui écrive.

Je vous quitte là-dessus et reste

Vôtre

Beethoven