Prise de contact |
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| Bonjour, Je vous connais peu. Pourriez-vous m'indiquer quelle démarche entreprendre pour mieux vous connaître? Merci de me répondre à+ Maryvonne Levy |
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| Chère Mademoiselle Levy, C'est un grand honneur que vous me faites et je vous prie d'excuser ce grand retard. Ma santé et mon triste état me retardent souvent dans mon travail et sans le secours financier de mes amis dévoués je ne sais où je serais. Savoir qu'il vous plaît de jouer ma musique m'apporte la joie de faire votre connaissance. Respectueuesement, Louis van Beethoven |
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| Monsieur Beethoven, J'ai pris connaissance de la réponse que vous avez adressée à dame Levy, de Grenoble, qui vous demandait quel chemin emprunter pour mieux vous connaître. Sans vouloir exprimer le moindre doute quant à la bonté et la sincérité de la réponse que vous lui avez adressée, permettez-moi d'apporter une précision quant à la nature de la demande de cette dame qui vous écrivait il y a quelques semaines. Je crois que sa lettre réclamait de vous une opinion quant à la manière de connaître votre oeuvre - comme si l'exercice consistait à présenter votre musique à quelque étranger de culture lointaine qui n'aurait pas eu le bonheur de l'entendre avant ce jour. Il ne fait aucun doute que votre musique soit universelle, mais il faut bien convenir qu'il n'est point donné à tous d'avoir pu la rencontrer de façon intime. Sans doute cette dame aimerait-elle que vous puissiez la guider dans cette démarche qui consiste à connaître mieux et votre musique et ce qui l'inspire. Je sais, monsieur Beethoven, que vous considérez cent fois plus important de poursuivre votre oeuvre que de l'expliquer. Vous conviendrez toutefois que plus vous serez entendu, mieux vous serez compris. En cela, je me permets de croire que vous accepterez de réserver quelques minutes de votre temps à combler de joie cette correspondante qui ne demande qu'à mieux vous connaître. Acceptez mes considérations les plus chaleureuses et les plus respectueuses, Sinclair Dumontais Éditeur |
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| Chère Madame Levy, Je vous prie de bien vouloir m'excuser pour ce malentendu. Il y a bien des années que j'ai abandonné tout commerce avec les êtres humains si cela ne touche immédiatement mon travail et on ne cesse de me reprocher de rebiffer toute invitation mondaine, si ce n'est chez mes amis intimes qui m'implorent de ne point les négliger. En plus mes préoccupations familiales me coûtent déjà et j'y sacrifie ma santé jour après jour et espère que mon pauvre neveu me donnera moins de tourments. Je suis gré à ce cher Dumontais qui me guide dans cette correspondance et ne me laisse errer trop loin... Je suis flatté chère Madame que vous désiriez connaître mes oeuvres. Vous possédez sans doute un pianoforte? J'estime que votre compatriote Erard dont je possède l'une des dernières factures géniales et qui se fait recommander par tous les pianistes de Vienne - toutes les grandes maisons s'empressent de faire leur commande - est l'un des meilleurs facteurs sans oublier Ignaz Pleyel qui s'est établi maintenant dans votre pays et que j'admire infiniment. Il fut un temps où je prenais grand plaisir à entendre jouer mes sonates chez mes amis et certaines sonates gardent l'écho de ces précieuses amitiés. Je vous les recommandent vivement. Mais méfiez-vous de ces gredins d'éditeurs qui publient n'importe quoi et ce permettent toute liberté et vont impunément... J'attends donc chère Madame que vous me parliez de votre propension à jouer mes oeuvres le goût et les émotions étant une chose que l'on ne dicte point. Avec mes sentiments les plus respectueux, Ludwig van Beethoven |