Quentin Wicquart
écrit à

   


Ludwig van Beethoven

     
   

La symphonie pastorale

    Cher Monsieur von Beethoven,

Je suis tombé sous le charme de votre excellentissime Symphonie Pastorale! Cette oeuvre a atteint le plus grand degré de perfection que je connaisse mais je dois vous avouer que, même si je connais par coeur sa splendide musique, je n'en connais malheureusement pas l'histoire. Un ragot de salon prétend que vous l'avez composée alors que vous étiez déjà frappé de surdité. Je n'ose le croire tant cela serait la spectaculaire preuve du fait que l'on n'apprécie vraiment un sens que quand on en est privé. Je vous remercie de me communiquer la petite histoire de votre chef-d'oeuvre,

Très amicalement,

Baron Quentin de Foullon

Cher Baron,

Merci pour vos compliments. Mais dites-moi, Baron, vous appréciez cette symphonie pour elle-même, alors qu'ajouteraient à votre écoute certains détails de sa composition? Je vous avoue que ces détails m'échappent à moi-même après toutes ces années. Votre bon sens essaie de vous guider, écoutez-le. Vous jugez ma symphonie «excellentisime» et j'en suis comblé, alors que vous apporteraient des «ragots de salon»? Je peux vous affirmer en outre que ce n'est point par nostalgie que j'ai composé la Symphonie Pastorale. La nature continue de me combler,  je cherche et trouve entière consolation dans sa beauté toujours renouvelée selon ses saisons et mes sens.

Avec mes salutations amicales,

Ludwig van Beethoven

P.-S.: Notez, cher Baron, que mes ancêtres étaient flamands et non allemands!