Catherine Brasseur
écrit à

   


Ludwig van Beethoven

     
   

L'amour de la musique

    Cher Beethoven,

Je vous écris pour vous dire combien j'aime ce que vous faites. Je sais qu'il faut du courage et de la persévérance pour continuer à faire du piano longtemps, puisque j'en suis moi-même une adepte. Mais je vous admire en plus, sachant que vous aviez un handicap à surmonter. Mais comment faites-vous? Sans ouïe, il n'y a pas de musique! Même si j'ai la musique et les notes imprimées dans mon coeur, je ne peux m'imaginer continuer de pratiquer si je n'entends presque plus rien! De plus, vos pièces font ressortir tant d'émotion en moi: la Sonate à la lune (vous avez sûrement dû vous le faire dire souvent!) et la Sonate pathétique me font monter les larmes aux yeux. Pourtant, je ressens joie et tristesse à la fois. C'est très spécial comme sentiment.

Aussi, j'ai déjà entendu quelque part que vous auriez dit un jour: «Ceux qui entendent ma musique ne la comprennent pas toujours» (en fait, c'est quelque chose comme ça, je ne connais pas les mots exacts). Je ne crois pas avoir bien compris cette phrase. Je comprends que la musique est faite pour exprimer et faire ressentir une émotion, mais votre musique fait ressentir tellement d'émotions à la fois... comment la comprendre?

Cela dit, je compte bien intégrer la musique à ma future carrière de musicothérapeute (psychologie par la musique). Vous y êtes probablement pour quelque chose, puisque, comme j'ai déjà joué quelques-unes de vos pièces, vous avez contribué à mon amour pour la musique.

Merci de me répondre le plus tôt possible!

Catherine, pianiste sentimentale


Chère Madame,

S'il est vrai que, du fait de ma surdité, je joue de moins en moins de piano en public, la musique n'en reste pas moins vivante en moi. Je vous conseille de lire mes autres billets à ce sujet.

Si vous ressentez des choses en écoutant ma musique, c'est que j'y mets tout mon coeur. Si les deux sonates que vous mentionnez vous plaisent, je vous conseille également les autres.

Pour comprendre ma musique, il faut ouvrir son coeur, et je suis heureux que vous l'ayez compris. Ma musique plaît toujours ici à Vienne, mais la mode semble se tourner vers la musique plus frivole. Mes dernières oeuvres sont parfois mal comprises, mais je suis sûr qu'elles plairont plus tard.

À votre époque, vous utilisez donc la musique pour soigner les gens? C'est une bonne chose, car elle rend heureux ceux qui font l'effort de la comprendre.

Beethoven