Hammerklavier |
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| Cher Ludwig, N'en as-tu pas assez que l'on te questionne sans cesse à propos de ta surdité censée entraver - ou avoir entravé - le processus de ta création? Comme si la musique s'écoutait avec les oreilles! Et n'en as-tu pas assez que l'on s'obstine à ne retenir de toi que la trop célèbre sonate dite «Au clair de lune» alors que ta «hammerklavier» c'est tout de même autre chose, sans parler de tes sonates n°12, 27 et 32! Je n'ai pas de question particulière à te poser si ce n'est peut-être celle-ci: si telle ou telle immortelle bien-aimée t'avait demandé de choisir entre l'amour et la musique, que lui aurais-tu répondu? Mais ma question est ridicule. Un artiste de ta trempe n'a jamais le choix. À tout à l'heure Ludwig. Sache que je te convoque «dans ma tête» à chaque fois que je le veux loin de toutes les technologies. Sache aussi - je regrette d'avoir à te l'apprendre - que les hommes que tu aimais tant ne sont pas devenus frères et que ton Hymne à la joie continue à être utilisé à tort et à travers. Sache enfin qu'ici - je veux parler de notre monde - c'est le désert. Bref, tu me manques beaucoup. Je t'étreins fortement. Lily |
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| Chère Madame, Merci pour votre lettre. Elle m’a beaucoup ému car malgré le tableau que vous peignez du monde à venir, elle est une preuve que le cœur de certains hommes a gardé sa sensibilité. La réponse à votre question n’est pas simple car celle-ci ne s’est jamais posée: les personnes qui m’ont porté de l’affection en ont porté à mon être tout entier. L’amour véritable ne peut se concevoir que dans l’acceptation de l’autre dans sa totalité, et sans la musique, Beethoven ne serait plus. Si ma musique vous réconforte c’est que j’ai gagné mon combat et j’espère que ma musique rendra encore beaucoup d’hommes heureux. Votre ami, Beethoven. |