Entre artistes incompris...
       
       
         
         

arthemis_1999@yahoo.com

      Cher Maître,

Voici maintenant plusieurs années que je me donne corps et âme au piano et vous êtes, parmi tous les compositeurs, mon préféré. Malencontreusement, le sort semble jouer contre moi. Aussi dois-je sempiternellement lutter contre un chien qui danse la tête en l'air sur mon piano (Snoopy) et une maniaco-dépressive en pâmoison devant mes beaux yeux (Lucy). J'aimerais que vous me parliez un peu des obstacles que vous avez dû surmonter afin de vous consacrer entièrement à votre art.

Votre émule

Shroeder

 

       

 

       

Ludwig Van Beethoven

      Cher collègue mécompris,

Vous sentez-vous incompris, mécompris? Vous vivez peut-être dans un entourage qui vous détourne de la musique? L'entourage vous fait halluciner? Ou est-ce autre chose? Cela m'a tout de suite fait penser à un jeune compositeur français qui vivra, d'après mes lectures fournies par votre siècle, au milieu du mien. Viendra-t-il à Vienne? Ce jeune artiste génial, exalté, trouvait son inspiration dans l'opium...

N'hallucinait-il pas que sa muse le trahit, devint une sorcière, qu'on le mena, lui, à l'échafaud... Je ne comprends ces excès d'émotion. En fait, un jeune compositeur dans le même état semblerait-il, m'écrivit un jour pour que je juge de sa composition, qui me dépassait totalement. Vous préférez ma musique, dites-vous, mais elle vous fait halluciner, votre entourage se pâme, il faudrait alors jouer autre chose, une petite sonate... Et si vous rêvez d'entraîner votre chien savant à danser essayez donc une ländler...

Tristement et en fin de compte, être mécompris du grand public même quand il applaudit reste le sort de tout artiste. Mais cela compte bien moins que vouloir, ou pouvoir continuer. Personnellement, je fuis tout obstacle, quitte à déménager régulièrement, dès que j'anticipe des entraves. Mon entourage s'en plaint d'ailleurs. Se donner à l'Art, Shroeder - lutte sempiternelle...

Alors... bonne continuation.
Beethoven
         
         

arthemis_1999@yahoo.com

      Cher Maître,

Comme je fus honoré de lire la réponse que vous avez bien gentiment adressé à mon humble missive ! Comme vous devez le savoir, je suis désormais orphelin, mon père (Schulz) étant récemment décédé. Je vous considère donc désormais comme mon père spirituel.

Merci encore de votre attention.

Votre dévoué

Shroeder