5e symphonie
       
       
         
         

Nathalie De Craecker

      Cher Monsieur Beethoven,

Je me permets de vous écrire ces quelques lignes afin de vous demander si vous connaissez l'interprétation de vos 2e et 9e symphonies dirigées par Otto Klemperer que je prends un grand plaisir à écouter et si oui ce que vous en pensez.

En effet, malgré l'année d'enregistrement à Londres (1959) je trouve la qualité tout à fait bonne. Pensez-vous que la direction de Klemperer rend hommage à l'héritage que vous avez laissé? De plus, combien de temps avez-vous mis pour composer ce bien connu tata tataaaaa tata tataaaaaaa appartenant bien sûr à votre 5e symphonie?

Merci et salutations symphoniques,

Nathalie

 

       
         

Ludwig Van Beethoven

      Chère Madame,

Je suis au regret de vous dire que je ne connais pas le chef d'orchestre dont vous me parlez. Je me l'explique par le fait qu'en 1959 je ne fais probablement plus partie de ce monde. Je ne comprends pas non plus le terme «enregistrement» que vous employez: Voulez-vous dire que ce Monsieur Klemperer s'est approprié ma deuxième symphonie ainsi que la neuvième que je n'ai d'ailleurs pas encore terminée? Je demanderai à Monsieur Dumontais quelques explications sur le sujet.

Le thème «tata tataaaaa tata tataaaaaaa» (comme vous le nommez si joliment) de ma symphonie en ut mineur fait depuis longtemps partie de ma vie tout comme le destin qui frappe régulièrement à ma porte, destin que je veux maintenant saisir à la gorge.

L. v. Beethoven
         
         

Nathalie De Craecker

      Cher Monsieur Beethoven,

Je vous remercie pour votre réponse. Quant à votre interrogation concernant l'appropriation de vos 2ème et 9ème symphonies, je me permets de rectifier d'abord une petite chose, je pensais à la 5ème symphonie et non à la 9ème, non encore terminée.

Ceci étant, je ne pense pas que l'on puisse considérer que ce Monsieur Klemperer se les soit appropriées mais plutôt qu'il les dirigeait d'une main de maître et que cela contribue fortement à les faire perdurer au fil du temps, des années et des siècles d'une manière très honorable pour vos oeuvres. Vous êtes bien sûr libre de lui en toucher un mot étant donné que lui non plus ne fait plus partie de ce monde depuis lequel je vous écris.

Respectueusement,

N. De Craecker