| Sylvie | ||
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| Très cher maître et ami de coeur, Je vous sais très attaché à la nature et je sais tout le bien qu'elle vous procure quand vous pouvez quitter cette ville de Vienne, où cela ne doit pas être facile tous les jours de vivre; pour y avoir séjourné quelque temps à mon époque, je comprends tout à fait les désagréments qu'elle peut causer. Venons en au sujet qui me préoccupe. J'ai aussi passé un peu de temps -trop peu à mon gout- à Mödling et surtout à Baden. Ah! Baden... que de plaisir j'ai eu à découvrir cette ville et combien je comprends que vous y soyez allé autant qu'il vous était possible. N'auriez-vous pas souhaité vous installer complètement dans un si agréable lieu et n'être à Vienne que lorsque la nécessité l'exigeait? Il va sans dire, même si je ne le mentionne pas, que j'aime énormément votre musique, que je l'écoute souvent dès que je le peux. Portez-vous bien très cher maître. Fidèlement vôtre, Sylvie Chère Mademoiselle, Que de beaux lieux vous évoquez dans votre lettre. Oui, certainement des endroits qui me sont chers et toujours bienfaisants. La nature me console, j'y puise énergie, inspiration et calme toujours propices à mon bien-être intérieur et au travail incessant. Ce village et cette petite ville de campagne restent à cause de leur attrait des lieux de villégiature. Je m'y promène, j'y prends les eaux, j'y rencontre des amis pendant la saison estivale, mais pour l'existence et le travail du compositeur, Vienne, malgré tous ses désagréments, demeure essentielle. Imaginez se déplacer par mauvais temps, s'embourber, rester coincé dans des auberges ou relais plus ou moins confortables, attendre des chevaux frais, compter sur une poste toujours surveillée par la police et tardive, et surtout m'isoler de mes amis précieux, sans parler de mes éditeurs…! Ce compositeur serait en friche, ha, et hibernerait comme toute la campagne. Et votre écoute, chère Mademoiselle, en souffrirait! Votre fidèle et dévoué, Beethoven |
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