A Clockwork Orange |
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Maxime |
Cher Ludwig Van Beethoven, J'en profite pour vous dire que j'aime bien votre musique. Le fait qu'elle ait si bien vieilli nous donne un indice sur sa qualité; en effet, de tous les compositeurs de musique classique, vous êtes en tête de liste. J'ai regardé un film qui m'a fait sombrer dans l'herméneutique. Il s'agit du film «Orange mécanique», ou «A clockwork orange», de Stanley Kubrick. C'est l'histoire d'un voyou et criminel qui commet des crimes inspirés en quelque sorte par votre musique. Il se fait alors mettre en prison et reçoit une cure soi-disant miracle pour le dissuader de commettre d'autres crimes. Cependant, la cure miracle est défaillante. En effet, en entendant votre musique, il ne veut que mettre fin à sa vie. Cependant, je doute que vous n'ayez pas vu ce film, parce qu'il vous concerne. J'en viens à ma question. Acceptez-vous d'être associé à tant de violence gratuite exposée dans ce film, ou si vous êtes assez sage pour vous détacher, et réaliser que ce n'est qu'une histoire inventée de toute pièce? Que pensez-vous du film? Ou au contraire, voyez-vous ce film comme une sorte de «publicité» pour votre musique? Merci beaucoup. Maxime |
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Ludwig Van Beethoven |
Cher Monsieur, Après certains recoupements entre votre billet et d'autres de vos contemporains, je crois comprendre que vos «films» sont des représentations semblables à des pièces de théâtre ou des opéras. Nous ne connaissons pas encore ce style ici à Vienne, et mes amis me disent qu'ils n'en ont jamais entendu parler. Pardonnez-moi donc si j'éprouve quelques difficultés à vous suivre, car de toute évidence, je n'ai assisté à aucune représentation de ce «film». Vous me dites que cette oeuvre «A clockwork orange», de Monsieur Kubrick contient beaucoup de violence. Sachez que nos opéras et pièces de théâtre en comportent aussi, mais peut-être moins explicite qu'à votre époque. Les styles ont probablement beaucoup évolué entre aujourd'hui (1823) et votre époque, car des changements allant dans ce sens se sont déjà amorcés à mon époque: on a souvent reproché à ma musique d'être indécente et de pervertir l'esprit des jeunes gens. Je pense que l'art ne peut être soumis à aucune censure car il n'est que l'expression de ce que l'homme a en lui. Si cette oeuvre que vous me décrivez est bien faite et a un réel sens pour votre société, il y a probablement une bonne raison pour que la violence qui y est montrée soit justifiée. Le fait que l'auteur y ait associé ma musique a aussi probablement un sens, peut-être caché car partie intégrante de l'oeuvre. Beethoven. |