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Cher Cyrano,
Juste cette petite bafouille pour oser enfin vous
avouer ma sincère et profonde admiration à votre égard. Vos vers sont
lestes, habiles... Votre poésie est belle et, de ce fait, le monde, mon
monde est à vos pieds!
Ahh, que ne donnerais-je pour vous rencontrer!
Delphe
Delphe, ô Delphe inconnue, combien mon pauvre cœur
Dans le froid de son être
Se sent ragaillardi par la douce chaleur
De cette aimable lettre.
Combien ma muse nue, menacée de l’oubli
Tremblante et désolée,
Impotente pardi! Garde souvent le lit
Sans être consolée.
Ô Delphe bienvenue, je vous dois de la voir
Joyeuse et refleurie;
Preste elle s’enhardit en paraissant avoir
Repris goût à la vie.
Delphe, ô Delphe inconnue, par vous je suis vaillant;
Que m’importe le Monde et ses ingratitudes
Tant que demeurera parmi les altitudes
Aux Cieux enrubannés votre cœur bienveillant.
Signé: Hercule-Savinien
De Cyrano de Bergerac,
Grand riposteur du tac au tac.
Philosophe, physicien,
Rimeur, bretteur, musicien,
Et voyageur aérien.
Amant aussi, pas pour son bien…
Très cher Cyrano,
Tout mon être, rougissant de plaisir, vous
remercie de cette charmante réponse! Je n'en attendais pas tant. Vous
m'avez conquise (et au passage, je m'embrase de savoir votre énergie
retrouvée... Hé, oui!)!
Mon âme me murmure qu'elle est vôtre à jamais...
Mais chut, c'est un secret... Savez-vous garder les secrets, Cyrano ?
J'embrasse votre cœur,
Delphe
Delphe, Ô Delphe inconnue,
Aux champs des souvenirs où paissent les
secrets,
Mon amour cherche un bois où des ombres se créent
Pour demeurer
caché loin des hommes et du temps
Et bien se préserver des fâcheux
impudents.
J'ai tant de ces secrets qu'en bon berger je garde
Que je
ne risque pas d'en laisser par mégarde
Batifoler un seul au-delà du
muret!
Vous pouvez vous confier, je resterai muet.
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