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Andgel
écrit à

Bélial


Je suis un ange


   

Salutations Démon,

Je t'envoie cette missive depuis les Cieux,

Je suis en pleine chute, en ce moment même,

Car j'ai commis un péché -enfin, j'appelle cela une erreur car elle n'est pas mentionnée dans les Livres. Je t'explique: je suis un ange. Et je me suis instruis des sciences de l'Enfer, de l'histoire de Lucifer. Et je me suis laissé charmé par tout cela et... voilà que mes ailes se déchirent. J'ai mal, vois-tu?

Mais voici ma question : vais-je atterrir sur Terre, l'enfer des hommes, ou dans le Tartare?

L'ange frappé du D du Diable dans son nom,

Avec mes salutations,

P. -S.: Je me permets de te tutoyer car je ne veux pas installer de la froideur entre nous et...


Cher ange,

Tu sais, l'archange Gabriel, l'archange Michel et l'archange Raziel vivent aux Enfers, ayant fui les responsabilités de Dieu... Alors qu'importe. Tu peux venir aux Enfers rejoindre tes frères. Ils sont heureux avec nous. N'aie pas peur, viens. Hé hé...

Il n'y a pas de souci à me tutoyer, même si tu devrais plutôt te confesser auprès de mon frère, Méphistophélès. C'est lui qui se charge des entrées des Enfers, entre notre monde et le Paradis.

Bien à toi,

Prince Bélial


Cher Bélial,

Je... te remercie de m'ouvrir les portes de l'enfer.

Je ne sais pas vraiment si ton accueil me serait profitable.

Allons bon...  si cela m'aidait alors je suis d'accord pour venir retrouver mes frères...

M'aiderais-tu à trouver le sentier qui me conduirait à ta « maison »?


L'ange frappé du D du Diable dans son nom,

Avec mes salutations,


Salutations,

Au moins, tu ne serais pas viré vers l'inconnu, hé hé!

Bien sûr... Va à la porte du Paradis. Franchis la grille en or. Et descend le sentier d'ombre, tu y trouveras la lumière au bout de mille cinq cents kilomètres.
Je ne te dirai pas où se trouve mon toit. Mais aux Enfers, tu trouveras facilement le tien.

Bonne route!

Prince Bélial


Prince,

Je t'écris tout en marchant sur le sentier d'ombre, dis-moi...

C'est étrange cet endroit! Pourquoi entends-je des bruits de pas derrière moi? Serait-ce une hallucination pour me faire fuir? Ou bien me suis-je trompé quelque part?

J'espère que ma missive parcourra les Enfers à la vitesse des battements de mes ailes usées.


Puissent les étoiles t'être salutaires.

L'ange frappé du D du Diable dans son nom,
Avec mes salutations.

P. -S. : Avant de quitter le Paradis il y a un ange qui m'a dit que je devrai couper mes ailes une fois parvenu « chez moi ». Est-ce vrai ?


Salut,

Cela ne dépend que de toi, en fait... Tu peux les couper comme Raziel l'avait fait, par vengeance et rancœur, ou bien tu peux te les garder en souvenir du bon vieux temps.

Faussement,

Prince Bélial


Très cher prince,

Je crois avoir trouvé les Enfers après être entré dans la radieuse lumière.

Je me sens si libre maintenant! Trois succubes radieuses sont venues m'accueillir... Mes manières d'ange coincé reviennent en mon être... devrais-je me laisser aller à elles? Ta sublime génitrice me le permet-elle? Ai-je le droit à devenir un frivole aux ailes braisées dans ce merveilleux monde de collines et de fête?

Mon cœur bat à la vitesse de mes ailes dans l'espoir que tu répondes à ma missive.

L'ange frappé du D du Diable dans son nom,
Avec mes salutations


Cher ange déchu,

Ah, tu dois être beau gosse, dans ce ca,s hé hé! Laisse-toi faire, sois le mâle, domine, imprègne ton désir sexuel en elles... Tu as tous les droits. Excepté le fait de nous désobéir. Autrement, tu as carte blanche... Fonce!

Bien à toi,

Prince Bélial


Cher démon,

Je te remercie de dire que je suis... un « beau gosse », dans tes termes démoniaques. Si beau gosse veut dire que je suis un éphèbe élégant, alors je prend ça pour... un compliment.

J'ai tous les droits, hein?
Mis à part vous désobéir... quels sont vos ordres, chef?


L'ange aux trois succubes
Avec mes salutations.


Cher petit,

Quand je dis d'un homme qu'il est beau gosse, c'est en effet un compliment. Mais, hé! Il n'y a pas plus beau que moi. Je vous soumets tous.

Tu fais ce qui te plaît. Libre à toi.

Éternellement,

Prince Bélial


Cher grand,

Il est évident que tu es plus beau que moi!

Au fait, je pense avoir fait le tour des Enfers... je ne t'ai pas trouvé! Où es-tu?

L'ange aux trois succubes,
Avec mes salutations

P. -S. : Pourrais-je te rencontrer pour mieux apprécier ta « beauté »?


Cher petit,

Forcément! Si tu m'avais dit le contraire, je t'aurais arraché ton beau visage. Je n'aime guère la concurrence.
Je vis dans la Forêt du Crépuscule. Mais tu peux me trouver également au laboratoire de Méphistophélès. C'est là-bas que je travaille.

Tu me rencontreras quand tu m'auras trouvé.

Bise enflammée,

Prince Bélial


Bélial, ô Bélial!

Mon beau visage se tord d'angoisse dans la forêt du Crépuscule...

Je me trouve devant la barrière sinistre que représente la cime des arbres de ta forêt. Voilà quatre jours que j'attends un de tes signes. Que fais-tu?
Pourquoi restes-tu muet à mes appels? Devrais-je pénétrer (j'aime bien ce mot, tiens!) dans la Forêt du Crépuscule et atteindre son cœur pour te trouver?

Puisse ma calligraphie t'atteindre,

L'ange perdu

P. -S. : Une question qui n'a absolument rien à voir et qui est sans doute assez puérile: que manges-tu?


Petit,

Je m'entraîne en ce moment à la guitare, et j'ai quelques tortures à effectuer, donc il est difficile de me croiser ces temps-ci.

Tu crois vraiment que je vais te dire l'endroit exact de ma maison? J'ai une famille, moi, et si tu oses revenir dans ma forêt...

Bah justement... je mange des gens comme toi. Et des biches, des cerfs et des lynx aussi. Miam.

Savoureusement,

Prince Bélial


Prince,

Je vois que tu t'amuses bien avec ta guitare... étant donné que je reste dans la forêt en train de pourrir aux côtés des biches, des cerfs et des lynx sans que ton radieux nez ne soit envahi par mon alléchante odeur!

Et d'ailleurs, si tu aimes tant que cela manger des anges, je suis là pour te satisfaire! Je n'ai peur de rien ni personne et sache que je brûlerais d'envie de me faire dévorer par un « beau gosse » comme toi. Je t'attends, Bélial, je t'attends.

J'ai tout mon temps, démon.

Lascivement,

L'ange perdu

P. -S. : Je suppose qu'un démon, surtout toi, n'est pas du genre à hésiter.

Et passe le salut à ta famille!



Petit,

Ah oui, c'est ma troisième femme, hé hé!

Oh, bien sûr... Me piégerais-tu, par simple hasard? Je ne viendrai pas.

Je n'hésite pas, mais je me méfie quand même, je ne suis pas idiot autant que tu le penses.

Prince Bélial



Bélial,

Pourquoi te méfier d'un être plus faible, dont les sens et la beauté sont émoussés?

Tu m'as dis que tu te montrerais quand je t'aurais trouvé, tu n'es pas venu.

Je sais, ma déception n'a aucune valeur à tes lugubres yeux, ni mon être dans sa totalité. Pourtant, je me suis voué à toi, j'ai été banni du Paradis à cause de ma passion pour l'enfer, pour ses princes, pour toi.  J'ai été hérétique pour toi! J'ai presque voulu me détacher de mes ailes pour me faire accepter dans ton royaume et quand je te demande ne serait-ce que de te voir, tu ne viens pas...

Pourquoi, Bélial?

Que mes veines souffrent après les avoir vidées, faute d'encre...

L'ange perdu

P. -S. : Tu auras tout l'honneur de me détruire si tu changes d'avis, après notre rencontre, sous prétexte qu'un ange n'a pas le droit de voir la sensualité d'un diable issu de la lignée royale... ma fin te sera peut-être succulente, qui sait?


« Ange »,

Paroles, paroles, paroles... Oh, si tes veines s'ouvraient, je n'y perdrais rien. J'ai autre chose à faire, vois-tu. Si tu résides toujours dans ma forêt, je humerais ton cadavre rapidement afin que les mouches de Belzébuth ne te dévorent pas avant mon arrivée...

Je n'ai aucune réponse à ton « pourquoi? ». Depuis le début de cette conversation, tu ne fais que te jouer de moi, vil humain. Je t'ai assez voué au jeu ainsi. Alors pars, pars très loin et ne reviens jamais, comme disait mon père à ma petite sœur.

Baiser de la mort,

Prince Bélial


Béliiiiaaaaal!

Tu me traites d'humain! Ha ha!

Pourquoi devrais-je partir? Je suis ici chez moi, non? Je ne fais que de reprendre tes mots.

Bon... si c'est ton désir, je le ferai. Mais je laisse mon empreinte ici, Prince. Voici mes ailes. Je te les ai déposées devant le grand chêne tentaculaire,
je sais que tu ne les accepteras point, de toute manière...

Sache que j'ai apprécié mon cours séjour en enfer.

À jamais, Bélial...

Aussi sache que, après avoir rédigé cette dernière lettre, je me suis consumé dans tes flammes. Ta réponse rejoindra peut-être mon... « âme », si j'ose dire (et si tu veux me répondre).

Tu n'étais pas qu'un prince, Démon, tu étais mon roi. Ce fut un plaisir d'entretenir une correspondance avec toi.

L'ange passé


L'ange passé,

Si j'étais ton roi, tu te serais plutôt permis de t'intéresser à moi, plutôt que de me parler de toi à longueur de journée.

Ce fut un plaisir également.

Puisse ton âme rejoindre le Tartare et ton corps empester l'odeur des mouches de Belzébuth!

Prince Bélial 

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