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Charles Baudelaire

     
   

Substances

    Cher Charles,

Voyez-vous une possibilité d'ouverture spirituelle dans l'usage de substances psychotropes? Si oui, la spiritualité peut-elle justifier des effets secondaires dégradant le corps?

Enfin, quelle est votre vision ou compréhension du «Divin»?

Jo


Cher Jo,

Je me vois au regret de vous répondre que oui, les substances psychotropes permettent une ouverture spirituelle… Comment vous dire? C'est hélas le seul moyen que j'aie trouvé jusqu’à aujourd’hui pour parvenir au plus profond de moi-même, au plus profond de mon âme et de mon spleen, au plus profond de la poésie qui me gouverne… L'usage de ce type de drogues plonge en effet dans un état plus que profond, où l'on peut trouver des réponses à nos questions, mieux comprendre ce que l'on ressent, ou même parfois s'aimer un peu mieux…

Mais bien sûr, l'usage de ces substances entraîne des conséquences de plus en plus néfastes avec le temps. Vous les évoquez justement, ces «effets secondaires dégradant le corps»… Beaucoup vous diront que ce sont des effets redoutables, qui interdisent la consommation de telles substances… Mais voyez-vous, je pense sincèrement que chacun est maître de sa vie, et d'en faire ce que bon lui semble, tant qu'il n'influence pas la vie d'autrui… Et j'ai choisi, moi, Charles Baudelaire, en mon âme et conscience, d'accepter cette dégradation, en échange de moments si salvateurs… mais ce que j'avance ici n'est certes pas valable pour tout le monde! J'ai simplement choisi que mon corps pardonnerait à ma «spiritualité». Après, à chacun de choisir le chemin que prend sa vie, et je n'ai en aucun cas le droit, ni le devoir, de clamer que les drogues sont merveilleuses et que tout un chacun devrait en profiter!

Quant au «Divin», je ne sais trop que vous répondre… Je suis conscient qu'il existe une force quelque part, un être au-dessus de nous tous, mais quant à vous donner d'autres explications… C'est aussi l'un des sujets sur lequel tout être humain s'interroge un jour où l'autre, et qui retrouve donc une place importante dans mes oeuvres…

En espérant avoir satisfait votre curiosité, je vous adresse mes plus dévoués, etc.

Charles Baudelaire.