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Charles Baudelaire

     
   

Poésie

    Cher M.Baudelaire,

Je vous admire beaucoup, pour cette élégance d'inventer des poèmes! D'ailleurs pouvez-vous m'en écrire, si possible? Sinon ce n'est pas grave. Racontez-moi un peu votre vie familiale, je voudrais en savoir plus sur vous. Voilà, je tenais encore à vous dire que je vous admire beaucoup!

Cordialement,

Sarah


Chère Sarah,

Merci beaucoup pour toute l'affection que vous me témoignez…

C'est avec plaisir que je vous écrirais des poèmes, mais vous devez comprendre que la poésie, du moins chez moi, ne se commande pas… On n'écrit pas simplement parce que quelqu'un le demande, ni même parce que nous-même le demandons… Je ne commande rien, dans mon écriture: j'obéis simplement aux impulsions de mon âme, lorsque l'envie lui prend de lester un peu de spleen sur ces trop nombreuses pages blanches… Vous me voyez en tout cas désolé de ne pouvoir vous écrire quelque chose, comme vous le demandez.

Quant à ma vie familiale… Eh bien, mon père s'appelait Joseph-François Baudelaire, et était né en 1759. Je sais malheureusement fort peu à son sujet car il mourut en 1827, alors que je n'avais que six ans… Et cette perte m'a, je suppose, immanquablement et éternellement blessé…

Ma mère était sa seconde épouse, il avait eu de sa première femme un fils, Claude-Alphonse, soit mon demi-frère, qui tenta désespérément de me surveiller pendant ma turbulente adolescence ponctuée de fugues et de disputes, et avec lequel je finis par totalement me fâcher.

Ma mère, donc, s'appelait Caroline Archenbaut-Dufaÿs, était née en 1793 à Londres, de parents émigrés. Ma mère ne connaissait rien à la poésie, à la littérature, ni à une quelconque forme d'art… Mais je l'ai tant aimée!

Caroline Dufaÿs ne fut donc que peu de temps Mme Baudelaire. Elle devint rapidement, un an et demi après la mort de mon père, Mme Aupick, femme de celui qui deviendrait le général Aupick… Avec ce dernier, j'ai cru d'abord bien pouvoir m'entendre, mais avec lui je me suis brouillé, lorsque j'ai voulu entreprendre des études littéraires, au lieu d'aspirer à une carrière plus «bourgeoise», soit plus à son goût…

Voilà tout ce que je pense bien pouvoir vous conter au sujet de ma famille…

En espérant avoir répondu à vos questions, et en vous enjoignant de me poser toutes celles qui vous viendront à l'esprit, je vous envoie mes plus sincères, etc.

Charles Baudelaire.


Cher M.Baudelaire,

Je comprends tout à fait votre décision! Oui, vous avez bien répondu à mes questions, ce sont les réponses que j'attendais! Je tenais encore à vous dire que je vous admire beaucoup, beaucoup! Je tenais à vous dire aussi que vous pouvez me tutoyer! Je n'y vois pas d'inconvénients! A quel âge avez-vous commencé votre carrière de poète? Si ce n'est pas trop indiscret. Où habitiez-vous? Et existe-t-il encore, de nos jours, ce domaine ou vous viviez auparavant?

Cordialement,

Une de vos admiratrices,

Sarah


Chère Sarah,

Les premiers vers ont commencé à couler sous ma main à l'age de l'adolescence. Vers quinze ou seize ans je crois… Mais poète, tu sais, ce n'est point une carrière… Être poète, c'est être soi-même, c'est laisser aller ses sentiments et ses émotions, être capable d'exprimer ce que l'on ressent avec poésie…

J'habitais à cette époque là à Paris, et, une fois mon baccalauréat en poche, après un séjour de courte durée au lycée Louis Le Grand, et grâce à l'aide de M. Lasègue, mon répétiteur, j'ai passé le plus clair de mon temps dans une pension, qui ressemblait fort à une maison des jeunes et de la culture… C'était la pension Bailly et Lévêque, 11 place de l'Estrapade, où j'ai d'ailleurs connu une Sarah… Vous trouveriez là beaucoup plus de moi et de mon inspiration que dans quelque autre maison où j'ai pu habiter. Je ne sais malheureusement pas si cette pension existe encore, il faut dire que je ne sors pas souvent, ce Paris moderne me chagrine et m'ennuie… Et puis, j'ai grand mal à retourner aux endroits qui appartiennent à mon passé. Mais je suis sûr que, par le biais d'Internet, tu pourras trouver toutes les informations à ce sujet!

Chère Sarah, merci encore pour tes compliments, et n'hésite pas à me réécrire!

Bien à toi,

Charles Baudelaire.


Merci d'avoir répondu aussi vite à mes questions...! Je suis très heureuse de pouvoir vous parler, car je le répéterai à chaque fois je vous adore! Moi j'ai quatorze ans et j'étudie au collège MAURICE BÉCANNE, en France, à Toulouse. Plus tard je voudrais faire paléontologue, pouvez-vous me donner votre avis sur ce métier? Je compte aller au lycée des Arènes à Toulouse (je ne sais point si vous le connaissez), et passer un bac général, puis je ferai mes études...


Chère Sarah,

Paléontologue doit être en effet un très beau métier, plein d'aventure et d'émotions… ce métier te permettra de remonter aux origines les plus anciennes de la vie, et c'est là un point essentiel, ce me semble, pour comprendre en partie ce que nous sommes aujourd'hui… Tu es apparemment pleine d'ambition, et c'est là une très bonne qualité. Si c'est là ta passion, donne-toi les moyens de réussir! Je ne connais malheureusement pas Toulouse, mais je suis sûr que ce que tu envisages est fort bien.

Je te quitte, en te souhaitant bien du succès dans tes études, ainsi qu'une belle carrière dans la paléontologie.

Bien à toi,

Charles.